Gazay dans son bunker

 

Parents d'élèves, agents communaux, élus d'opposition, simples citoyens... Tous les opposants au projet de privatisation de la cuisine centrale se retrouveront ce mercredi matin (8h30) Espace des Libertés.

La vie politique, si désespérante par les temps qui courent, réserve parfois des moments savoureux.

C'est dans les locaux de l'Espace des Libertés, esplanade Guy-Môquet, que Gérard Gazay se voit contraint de présenter ce matin, pour la deuxième fois devant le comité technique paritaire de la Ville d'Aubagne, son projet de privatisation de la cuisine centrale.

Autrement dit, dans cet équipement fonctionnel, si accueillant hier pour les manifestations festives et citoyennes de notre commune, que le candidat Gazay et les brillants esprits qui l'entourent, avaient jugé électoralement utile de qualifier de « bunker ».

Reconnaissons que le maire d'Aubagne avait simplement un peu d'avance. Car aujourd'hui, l'Espace des Libertés s'apparentera effectivement au dernier refuge d'un dictateur aux petits pieds, qui perd ses nerfs dès qu'on contredit ses caprices.

Nombre d'Aubagnais ont ainsi découvert à l'occasion de ce conflit le personnage, flanqué de son fidèle Rousset, dont les cadres et les agents de la Ville subissent les méthodes patronales depuis dix-huit mois. Jusqu'aux plus grotesques, comme l'envoi sur les containers, vendredi dernier, des élus municipaux de droite, en costume-cravate, pour briser la grève du personnel d'entretien. Du jamais vu à Aubagne !

Le bunker existe, Gérard Gazay l'a dans sa tête : sourd à tous les arguments de bon sens que les organisations syndicales lui ont opposés pour sortir de l'impasse, méprisant à l'égard des parents d'élèves consternés par ses mensonges, prêt à tout pour imposer une décision personnelle camouflée dans un audit douteux.

Ce mercredi matin, Gérard Gazay n'a aucune chance, il ne l'ignore pas, d'obtenir le soutien de la majorité des membres présents. Comme il sait avoir gain de cause, lors de la troisième réunion du CTP prévue par la loi, dernière étape avant le conseil municipal décisionnel du 15 décembre.

Mais il n'aurait jamais imaginé, il y a quelques semaines, que son offensive contre le service public rencontrerait pareille résistance. Il ne veut ni la voir, ni l'entendre et il se cramponne à son idéologie libérale pour tenter une sortie en force. Dans les bunkers, on perd souvent contact avec la réalité.

 

Dominique Palmi