Privatisation des cantines : « plus mobilisés que jamais ! »


Délégation, distribution de tracts, discussions avec les parents. Les actions se poursuivent. Le syndicat FO rejoint le mouvement, les enseignants expriment leur solidarité. Récit d’une quatrième journée de grève à Aubagne.

Après le houleux Conseil municipal de mercredi soir (lire le compte-rendu de Mèfi!), c’est plus déterminés que jamais que les grévistes s’apprêtaient à entamer leur quatrième jour de grève.

Premier point chaud, le piquet de grève installé devant les services techniques, où se relaient 24 h sur 24 depuis trois jours les personnels grévistes. Bien réchauffée par les palettes qui brûlent en continu une des salariés témoigne :« Y a des Aubagnais qui nous apportent à boire et à manger, ça fait chaud au cœur. Y a 32 collègues qui risquent de perdre leur boulot, on ne laissera pas faire".  Un autre de ses collègues d’expliquer « On a vu, hier au Conseil municipal, ils n’en menaient pas large. Ils pensaient qu’on ne dirait rien. Maintenant qu’on a commencé on va aller jusqu’au bout. »

Toute la matinée, défileront les agents en grève, de tous les services, pour récupérer des tracts, les dernières infos, et repartir avec les feuilles de pétitions à faire signer aux parents devant les écoles. « En général les parents comprennent. L’accueil devant les écoles est très bon et les parents signent la pétition. On se bat à la fois pour le service public et pour la qualité des repas de nos enfants » explique un des grévistes.

Vers 10h30, on apprend qu’une délégation sera reçue, à 15 h en Mairie par Alain Rousset, le premier adjoint, rebaptisé Hannibal Lecter par ses fans, et par le Directeur général des services Joël Raffin. Tout le monde s’agite, sms, Facebook, mails, coups de fil pour avertir les collègues et être nombreux devant la Mairie. Un peu d’espoir parcourt l’assemblée, même si les plus expérimentés restent prudents : « Une fois de plus Gazay envoie faire le boulot par quelqu’un d’autre » se moque un syndicaliste.

A 14h30, la magie de la mobilisation opère. Plus de 250 personnes se retrouvent devant la Mairie. Des grévistes, mais aussi des employés communaux qui répondent à l’appel des syndicats et qui quittent leurs postes de travail.  Sono, drapeaux, on ne peut pas les ignorer, pacifiquement ils envahissent le hall de la Mairie. Devant la Mairie on apprend que le syndicat FO des territoriaux d’Aubagne rejoint le mouvement et appelle à son tour à cesser le travail.

Une vingtaine de minutes plus tard, la délégation ressort en colère. Le dialogue de sourd se poursuit. Le premier adjoint allant même jusqu’à porter de graves accusations en direction des grévistes qui selon lui menaceraient les non-grévistes et pratiqueraient des dégradations. La colère est forte et la détermination monte d’un cran. « En disant des conneries pareilles on est plus mobilisés que jamais » lançait une manifestante.


Un cortège spontané se forme Rue de la République et la manifestation prend la direction de la Gare pour prendre le tramway et retourner aux services techniques afin de tenir une nouvelles assemblée générale.

L’AG est unanime. Reconduction de la grève pour vendredi. Différentes opérations surprises sont préparées, les grévistes engageront une tournée des services pour appeler leur collègue à cesser le travail même temporairement.

A peine le temps de boire un café et le cap est mis sur l’Espace des Libertés où le Maire, dans un sens du timing parfait, avait invité les enseignants d’Aubagne à un apéritif de rentrée ! Le comité d’accueil est là : grévistes, parents en colère, enseignants, Aubagnais solidaires, tous attendent le Maire de pied ferme. La direction des services municipaux refuse aux parents l’entrée de la salle où les enseignants FSU interpellent le Maire (lire déclaration ci-dessus).

La question de la privatisation des cantines grandit à Aubagne et la sourde oreille de la municipalité commence à lasser. Et si, comme le proposait un lecteur de la page Facebook de Mèfi!, on lançait un grande consultation auprès des Aubagnais pour leur demander leur avis ?

Gabi Monnier

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