Privatisation de la cantine : le 15 décembre ce sera trop tard !

Privatisation ou Délégation de Service Public ? À ce stade la sémantique n'a plus beaucoup d'intérêt, mais c'est en ces termes que l'adjoint au maire Bruno Foti a servi la soupe au groupe (apolitique) des parents d'élèves en colère à Aubagne. Il n'en reste pas moins que Gazay et ses sbires bradent le bien public aux grandes entreprises, celles qui payent le moins d'impôts !

La mobilisation s'amplifie et ce mercredi 18 novembre les Parents d'élèves en colère, la CGT, la FSU et les élus de gauche de l'opposition aubagnaise ( sans le PS !) ont appelé la presse pour dénoncer la privatisation de la cuisine centrale. Mèfi! a déjà eu l'occasion d'écrire sur le sujet (ici et notamment) et a même été le premier média à dévoiler le pot-aux-roses (mais non, toujours pas le PS...), n'en déplaise à certains esprits chagrins qui craignent que nos chevilles n'enflent.

Rappel des (mé)faits :

Le 4 novembre, le très fraternel directeur marseillais de l'administration de la ville d'Aubagne débarque à la cuisine centrale et, sans sommation, ouvre le feu en déclarant que d'ici juin 2016 cet outil tout neuf, et payé par les Aubagnais, serait donné en pâture à une entreprise privée. Et que donc les 4000 repas servis aux écoliers aubagnais seront fabriqués par une société aux mêmes méthodes que celle qui sert du verre et des vers aux écoliers marseillais. Quelques jours plus tard, s'appuyant sur l'audit réalisé par le même cabinet que celui qui a réalisé l'étude de la cuisine centrale de Cuges (qui depuis a été vendue au plus offrant), l'adjoint à la cantine, Bruno Foti (qui lui n'est pas marseillais mais c'est tout), fait entendre la parole de la "haute direction municipale", et dégaine sur le collectif sans politique des parents en colère pour leur annoncer la bonne nouvelle (pour certains cela s'appelle l'évangile). À la fin du mois de juin 2016 un nouveau jour se lèvera sur la cuisine centrale. Et la nuit se dressera encore un peu plus devant le service public.

L'adjoint à la cantine

Celui-ci dit un jour, qui n'est pas si loin puisque cela remonte au 28 septembre, lors d'une réunion avec les parents d'élèves en colère (les parents pas les élèves ), que "la privatisation de la cuisine centrale n'était que de l'intoxication, venant notamment d'un ancien élu". Mais le temps où il croyait dire la vérité est révolu. Il sait maintenant que l'ancien élu avait raison. Ce qu'il faudrait savoir, c'est s'il a menti délibérément aux parents d'élèves ou s'il  s'est fait enfler ? Car, aux dires d'un agent de la cuisine, Foti lui aurait affirmé que "si la rumeur de privatisation était vrai, il démissionnerait". Et comme il ne démissionne pas, donc il a menti. Flagrant délit auquel cette majorité Les Républicains nous a habitués , prenant en exemple leur mentor (non pas menteur, mauvais esprit va...) Nicolas Sarkozy. En fait, il y a une troisième solution : il s'est couché avec, en tête, le vieil adage qui dit que trop en dire n'est pas fraternel.

Du côté des syndicats

Ils ont convoqué cette conférence de presse car ils savent à quel point cet outil du service public est menacé. Menacé aussi, le lien social avec les familles en difficulté. Menacé l'apprentissage à l'hygiène alimentaire. Menacés les emplois dans la fonction publique. Menacée la lutte contre l'obésité...

La FSU et la CGT font front commun, comme ils l'ont fait dans le combat, victorieux, qu'ils ont mené à l'Agglo et lors duquel ils ont eu raison de celle qui se rêve en vice-présidente de la Métropole. 90% des agents étaient en grève, de quoi faire peur à beaucoup d'élus. Mais ils le savent, leur mobilisation ne sera pas suffisante. La présence des Parents en colère, même s'il ne font pas de politique, est un acte fort qui appelle tous les parents d'élèves à se mobiliser contre des méthodes d'un autre âge. 

Du côté des élus d'opposition

Ils étaient deux, sans tenir compte de la double casquette de Denis Grandjean qui représentait la FSU : Magali Giovannangeli et Daniel Fontaine. 

Pour la première, "dire que la privatisation va faire faire des économies qui permettront de repeindre les salles de classes est ignoble. A un moment de notre histoire où on nous démontre que lorsqu'il y a besoin de trouver quelques milliards pour mettre les français en sécurité, à Aubagne on n'arrive pas à trouver quelques euros pour acheter du PQ pour nos enfants ! Et ce n'est pas le seul mensonge. Lorsque Gazay et ses sbires déclarent qu'on ne peut pas favoriser les agriculteurs locaux et donc les circuits courts à cause de la législation, ils mentent. L'Agglo a mis en place une commission d'appels d'offres spécifique, et légale bien sûr, pour résoudre ce problème. Mais il est évident qu'on ne peut pas toujours faire des promesses sans les tenir. Et visiblement Gazay a promis aux propriétaires des terres agricoles de modifier le PLU pour qu'ils puissent construire sur les terres arables. Tout le contraire d'une démarche qui va dans le sens d'un développement durable. Le profit, toujours le profit !"

Quant à Daniel Fontaine, il dénonce la destruction de la qualité de vie d'Aubagne. "Les villes ont un rôle important à jouer dans le vivre ensemble. Les événements de ces derniers jours le démontrent, les gens ont besoin de se rassembler, de partager des moments. Le repas est un des ces petits moments qui créent du lien. Pourquoi le sacrifier sur l'autel du profit ? Et n'oublions pas que 80% des petits aubagnais mangent à la cantine et que pour encore trop d'entre eux, c'est le seul repas équilibré, voire le seul repas tout court, qu'ils prennent dans la journée. La cantine, c'est un outil qui cimente notre population." Et de conclure: "Il faut faire en sorte que la délibération ne passe pas au conseil municipal du 15 décembre, sinon ça sera trop tard". 

Conseil municipal décisif le 15 décembre 

Car dans cette affaire, le grand absent se nomme concertation. Même l'adjoint à la cantine n'était pas au courant, dit-il . Pas plus que tous les usagers de la restauration municipale qui sont aujourd'hui pris en otage et qui ne souhaitent que continuer à faire ce qu'ils ont toujours fait de la qualité dans les assiettes des aubagnais, petits et grands. Mais pas un mot aux pompiers, ni aux agents de la ville d'Aubagne ou de l'Agglo. Les profs de la fac ? On s'en fout. Les résidents de la RPA ? Ils sont vieux de toute façon. Pas de présentation de la démarche aux Aubagnais. Cela eut été la moindre des choses, ce sont eux qui ont payé cet équipement ! mais non. 

Tout cela s'apparente à un déni de démocratie. Les Aubagnais l'accepteront-ils ? Un préavis de grève va être lancé. Mèfi! vous tiendra au courant des développements.

Benoit Jancet

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