La cantine au pain sec et à l’eau

« On était content quand la Mairie avait changé, mais là franchement y’a de quoi le regretter », « Mais tout ça, ça sert à quoi à part emmerder les parents ? » Paroles entendues, en ce mardi de rentrée, devant les écoles d’Aubagne. Le moins que l’on puisse dire c’est que l’ambiance était à la colère : en cause, les nouvelles modalités d’inscription et de fonctionnement de la cantine.

Au final, c’est entre deux cents et trois cents enfants qui ont été privés de cantine en ce jour de rentrée. Sur le groupe Facebook des « Parents en colère », les témoignages se multiplient. Des parents qui accusent pêle-mêle, le manque de concertation, d’information, les incohérences des choix faits par la municipalité Gazay. Dans leur ligne de mire, le nouveau règlement intérieur de la Restauration scolaire adopté lors du Conseil municipal du 11 juillet et une clause qui prévoit 14 jours (!) entre l’inscription et le premier repas.

Pourtant les « Parents en Colère » avaient prévenu des difficultés à venir lors de leur mobilisation des mois de mai et de juin. En effet, ils n’ont eu de cesse d’alerter les élus et l’administration sur les conséquences de la nouvelle réglementation : repas occasionnels à 7€, difficultés des familles avec des emplois du temps variables… Des remarques de bon sens qui ont parfois été prises en compte, in extremis, lors du Conseil municipal du 29 juin qui a modifié ce fameux règlement intérieur sur la question des inscriptions ouvertes depuis plus d’un mois et clôturées six jours plus tard !

Une opinion relayée par Denis Grandjean, élu d’opposition au Conseil municipal qui a voté, à la différence des élus socialistes, contre ces modifications : « Toutes nos craintes vis-à-vis de ce nouveau règlement de cantine se révèlent exactes ». Et d’enfoncer le clou : « Preuve que rien ne remplace la concertation ! Preuve de l'incompétence des élus qui devront assumer sans se cacher derrière les services municipaux ».

Si quelques concessions ont été faites, le fond du propos reste le même : compliquer considérablement la tâche des parents (et du service public communal). Mais dans quel but ? Permettez-nous une hypothèse.

Et si l’objectif était de faire baisser le nombre d’enfants fréquentant la cantine ? En effet, chaque repas fabriqué « coûte » à la Ville environ 7€, en prenant en compte les aliments mais aussi les frais de personnel. Pourtant, les tarifs pour les familles aux revenus les plus élevés ne coûteront que 4,40€. Chaque repas produit coûte donc en moyenne 3 € au budget de la commune. Par conséquent, si l’on réduit le nombre d’enfants fréquentant la cantine on diminue d’autant ce coût. Quand la logique comptable passe avant l’intérêt de l’enfant…

Et au final on ouvre la voie à une privatisation de la cantine… Une hypothèse pas si farfelue quand on sait que la directrice de l’Éducation et le responsable de la cuisine centrale ont déjà rendu visite à la Sodexo comme Mèfi! le révélait dès le 8 juin.

Une manière de faire qui n’est pas sans rappeler les « orientations » éducatives de Marseille où un Jean-Claude Gaudin « magistral » comme à son habitude avait lancé un tonitruant : « Occupez-vous de vos enfants ! » à des parents en plein désarroi. À croire que Gérard Gazay n’a pas seulement transféré des cadres municipaux depuis notre grande voisine, mais aussi leurs pratiques de casse des services publics et de culpabilisation des parents.

 

Gabi Monnier

 

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