Cinq idées sur le leurre de la gratuité… et de la gestion municipale !

 

Alors que la métropole a relancé les débats les plus vifs sur la gratuité des transports, elle a aussi ravivé des propos sur cette idée mise à mal dès l’arrivée aux fonctions de la majorité municipale actuelle. Un retour sur des remarques entendues en séance du Conseil municipal jadis[1], ou de la bouche de quelques concitoyens, nous donnent l’opportunité de développer l’argumentation à son point le plus « abouti ». Toutes reposent sur une notion incontestable, véritable fil conducteur de cette réflexion : la gratuité n’existe pas !

Idée n°1 : depuis que le monde est monde, et que l’homme a inventé le troc, les échanges de services ou de biens donnent lieu à rétribution. Il y a des choses qui n’ont pas de prix, pour le reste il y a la carte bleue… et la collectivité locale. A Aubagne, comme ailleurs, ce qui se fait est payé par le contribuable – donc l’impôt – qu’il s’agisse des ménages ou des entreprises. Ces dernières par exemple ont financé les transports via la taxe du versement transport.

Lorsque l’Etat transfère ses dotations à la Ville, il reverse une partie des impôts indirects aux habitants. Pour rappel, la TVA est la principale ressource de l’Etat, et le premier impôt bien devant l’impôt sur les revenus. Ainsi, les SDF, dont on murmure qu’ils devraient bientôt se voir affubler d’un arrêté anti-mendicité, versent leur contribution à « la cause publique » en même temps qu’ils achètent une baguette de pain ou une bière.

Idée n°2 : comme le suggérait un homme lors d’un débat improvisé sur l’espace public, si on n’utilise pas les transports en commun, il n’y a aucune raison que ce service soit supporté par l’ensemble des usagers mais surtout des non usagers. Le raisonnement se tient si l’on considère le service public comme une prestation dont on attend un retour sur investissement. Si j’utilise un service, en toute logique je le paie. Si je suis taxé par la collectivité, elle me doit un service à la mesure de mes besoins ! Cette idée dans l’air du temps est si solide économiquement, qu’elle en devient incontestable et appelle d’autres idées tout aussi irréfutables.

Idée n°3 : la nuit tous les chats sont gris mais les lampadaires d’Aubagne éclairent les rues de la commune. Pour qui ? Certainement pas pour moi, puisque la nuit, comme la majorité des personnes, je dors. Pourquoi payerais-je un service alors que je n’en profite jamais ? D’ailleurs, les éclairages de la cité du Charrel ne fonctionnent plus depuis de nombreux mois, comme une réponse à ma requête. Par contre, bien que le Maire ait reçu une délégation lui signifiant le problème, il n’a pas jugé utile de réduire les impôts locaux pour les habitants de ce quartier !

Plus globalement, plonger Aubagne dans le noir serait une belle source de réduction des dépenses. Peut-être pas le moyen d’assurer la sécurité urbaine entre minuit et 6 heures du matin. Mais on n’a rien sans rien… l’équilibre budgétaire étant la priorité absolue de cette mandature.

Idée n°4 : je ne vais jamais dans l’impasse des Tourterelles. Vous l’aurez compris, surtout pas la nuit. Mais pourquoi mes impôts serviraient-ils au nettoyage de cette portion de voirie fréquentée par quelques riverains uniquement ? Je n’y vais jamais. Je ne salis donc pas cette rue. La commune n’a pas à m’imputer une part du salaire des agents de la voirie qui sont affectés à ce secteur, ni même l’amortissement des véhicules de nettoyage mobilisés.

Idée n°5 : les exemples pour « rentabiliser et optimiser » mes impôts ne manquent pas. Je me contenterai d’une dernière proposition autour de la bibliothèque municipale. Je ne lis jamais de livres. Je n’achète même pas de magazines. La lecture est une activité pénible qui ne rapporte rien. Aucun intérêt. Pour cette même raison, il est absolument anormal que mes dotations forcées à l’Etat et aux collectivités locales financent cet équipement dont je ne connais d’ailleurs pas l’adresse.

Excusez ma fougue, je viens de me rendre compte que l’équipe municipale a déjà anticipé cette requête supprimant la plupart des abonnements disponibles à la médiathèque. Je vais donc attendre ma feuille d’imposition pour constater quelles incidences cette décision aura sur la douloureuse. En principe, si mes idées s’imposent parmi les amis de notre « Don Salluste aubagnais », je devrais être moins ponctionné. Plus inculte, certes, mais moins pauvre.

En tout état de cause, Monsieur le Premier magistrat a beau se réclamer et s’autoproclamer « Maire de tous les Aubagnais », il n’est pas le mien. Ses choix sont à l’opposé de mes envies, de mes attentes et de ma vision de la société. Pour cette dernière, je veux bien faire l’impasse, mais pour le reste, j’attends que l’argent public soit utilisé à satisfaire mes désidératas à la hauteur de ce que je verse au travers de mes différentes taxes.

Pour cette raison, je propose que le salaire des nouveaux cadres dirigeants de cette ville et que les indemnités des élites politiques soient indexées sur le nombre de votants qui ont porté le groupe UMP-UDI au pouvoir (22 % des inscrits). Le calcul revient à diviser par 5 la rétribution de chacun. Puisque l’air du temps qui erre en ville est aux économies et aux efforts collectifs, serrons-nous la ceinture. Messieurs Mesdames les élus, DGS et autre chef de rien qui sert à tout, ou chef de tout qui ne sert à rien, adoptez « la gaine amincissante attitude ».

Grotesque ! En effet, totalement idiot, quoi que… Derrière la démonstration par l’absurde, réside surtout la nécessité de se reposer la question du bien commun et de l’intérêt général. La gestion municipale est un exercice qui dépasse largement le nettoyage des crottes de chien en ville et l’installation de parcmètres. Elle n’est surtout pas la seule gestion d’une dette qui n’est pas une finalité en soi mais une contrainte parmi tant d’autres dans l’exercice du pouvoir.

MP 2015 ne peut occuper tout un appareil municipal. Encore moins quand la fête de la musique 2015 déploie le même arsenal technique que l’Isle-sur-Tarn pour son bal des pompiers ! Il est temps de revenir à l’essence même de la politique locale, la 6ème idée : celle du projet… Si tant est qu’il y en ait un !?

José Da Silva 

[1] Jadis, car depuis quelques semaines, la gratuité est le nouveau cheval de bataille des élus UMP-UDI.

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