Salauds de pauvres

image

Au Pontet (Vaucluse), le maire FN a supprimé la gratuité des cantines scolaires pour les familles pauvres. À Aubagne cette aide sociale est remise en question de manière plus insidieuse.

C'est bien connu : on ne prête qu'aux riches. Et lorsqu'il s'agit de venir en aide aux plus démunis, les cordons de la bourse ont parfois du mal à se desserrer. Ça n'est pas vrai dans toutes les sociétés, certaines ayant érigé la solidarité en vertu républicaine. A Aubagne, la nouvelle majorité UMP-UDI a pris le contre-pied des us et coutumes d'hier en semant des obstacles à l'octroi de la gratuité des restaurants scolaires pour les familles les plus démunies. Jusqu'à présent, il suffisait aux familles dans le besoin de justifier de faibles revenus pour en bénéficier et la gratuité pouvait leur être accordée. Comme cela se fait ailleurs, le quotient familial calculé sur la base de la feuille d'imposition était la règle pour fixer sur un barème établi le tarif du repas. Mais ça c'était avant.

Les familles qui bénéficiaient cette année de la gratuité pour leurs enfants dans les restaurants scolaires – environ 500 familles - ont eu la désagréable surprise de recevoir de la nouvelle administration municipale un courrier leur enjoignant de communiquer toutes les aides dont elles ont pu bénéficié auprès du Conseil général ou auprès d'associations caritatives comme le Secours Populaire. Il leur est demander de « prouver » leurs ressources comme si la feuille d'imposition ou de non-imposition n'était pas suffisante. Rien n'indique dans ce courrier sur quelle base et de quelle manière la nouvelle administration municipale va s'y prendre au regard des documents fournis pour décider des ayant-droits et des autres qui devront débourser ou priver leur enfant d'un repas équilibré, parfois le seul de la journée. Tout cela n'est qu'affaire de sentiment et les sentiments en l'espèce n'ont pas leur place dans cette affaire.

Il s'agit de réduire à sa plus simple expression ce qui faisait autrefois le liant entre les citoyens : la solidarité

Là où cela pourrait être cocasse si cela n'était pas simplement pernicieux, c'est que les aides octroyées par le Conseil général ou certaines associations caritatives le sont généralement pour fournir une aide d'urgence à des familles, de plus en plus nombreuses dans le contexte actuel, se trouvant temporairement en grande difficulté. Il s'agit là de régler une facture d'électricité, là un loyer en retard ou, le plus souvent, d'empêcher une coupure d'énergie ou une expulsion. Rien à voir avec les cantines scolaires donc. Si on voulait réaliser des économies sur le dos des plus faibles, on ne s'y prendrait pas autrement. Autant dire qu'il s'agit tout simplement de réduire à sa plus simple expression ce qui faisait hier le liant entre tous les citoyens : la solidarité. Établir une hiérarchie sur l'échelle de la pauvreté ne fera pas disparaître cette dernière. Bien au contraire. La droite a trouvé la réponse à la paupérisation de la société : pourquoi combattre la pauvreté quand il suffit de nier son existence. Il fallait y penser.

Lucas Santoni

Articles récents

  • Covid-19 : premier décès à Aubagne +

    Hier, 3 avril, le maire, dans une vidéo postée après 18h, nous apprend que le premier décès dû au Covid-19 a été enregistré à Aubagne, après avoir affirmé que la situation était parfaitement maîtrisée dans notre ville. Un post précédant la vidéo nous informait que le 1er magistrat de la Lire la suite
  • Aubagne : redressement judiciaire pour l'entreprise Canavese +

      La fermeture de certains marchés de la restauration collective a aggravé les difficultés que connaît le groupe Canavese depuis presque 3 ans. Son président, Gérard Canavese, a choisi de placer l'entreprise en redressement judiciaire. Ce qu'a accepté le Tribunal de Commerce de Marseille. Lire la suite
  • Covid-19 : mobilisation individuelle et collective +

    La réponse à la crise sanitaire que nous connaissons nécessite une mobilisation individuelle et collective face à un véritable fléau pour l’humanité entière. Marcel Touati, médecin, responsable santé du PCF 13, tente une réflexion à haute voix pour un débat pluriel et pluraliste. Lire la suite
  • Gazay : la honte ! +

    Gazay et son équipe se félicitent de l'arrivée, opportune pour leur survie, du Covid-19. Cela ne sent pas bon mais les bruits insistants venant de la sphère proche du maire semblent bel et bien tirer le positif de cette situation : report des élections, le temps que Gazay se refasse une Lire la suite
  • Et les salariés de la grande distribution ? +

    A Aubagne, la place des salariés de la grande distribution est importante. Il faut penser à eux et les accompagner immédiatement. Depuis le début de la catastrophe sanitaire, et de manière accrue ces tous derniers jours, les "petites mains" du secteur du commerce (caissières et caissiers, livreurs, manutentionnaires, agents d'entretien....) Lire la suite
  • Macron et Gazay confirment le Bricolage +

    Nous avons depuis quelques jours eu l’occasion, au regard de l’amplification de la catastrophe sanitaire (ce n’est déjà plus une crise, c’est pire que cela ….), de jeter un regard lucide sur les réponses nationales et locales qui sont apportées et de faire part de nombreuses propositions complémentaires, à destination de Lire la suite
  • Municipales : Raymond Lloret précise sa position +

    Quelques jours après le 1er Tour des municipales, Ramond Lloret et ses colistiers-ières appelaient à "faire barrage à la droite libérale et à sa politique de privatisation de nos services publics et à l'extrême droite qui restera toujours mon principal adversaire". Dans La Provence du 26 mars, Raymond Lloret précise Lire la suite
  • 1