COP25 : que faire après l'échec annoncé ?

cop25 : que faire après l'échec ? 

La COP25 se termine à Madrid. C'était un échec annoncé. Il est confirmé par l'ensemble des acteurs de la préservation de la planète et des observateurs présents.

L’échec du collectif ?

La COP, c'est pourtant le lieu théoriquement parfait pour régler les problèmes climatiques : des représentants légitimes de chaque pays, des ONG, des scientifiques, la société civile. Le climat est unique, il n'y a aucun espoir de résoudre le problème seul. Travailler au sein de la COP, se regrouper pour trouver une solution collective. La COP est là, tout va aller pour le mieux.

Et pourtant, nous voici à la fin de la COP… 25. Soit la 25ème année consécutive que l'ensemble du monde se retrouve pour régler ce problème. 25 ans, où tous les ans, les constats s'aggravent : de projections catastrophiques à réalité terrible. 25 ans pour se rendre compte que les scientifiques ont raison depuis plusieurs décennies, 25 ans pour se rendre compte qu’on n’y arrive pas. Une preuve simple : la quantité de CO² dans l'air atmosphérique depuis 1960 augmente, COP ou pas COP.

Les démocraties sont-elles capables ?

Vendredi, les dirigeants des pays développés rentrent dans leur pays et n'agissent pas. L'équation de l'amélioration de la situation climatique est complexe : les pays développés sont les responsables du dérèglement climatique. Pour lutter contre celui-ci, il faut diminuer l'impact carbone de nos activités et donc expliquer que les ambitions de croissance doivent être limitées, voire nulles.

Nous pouvons crier au scandale, à l'incapacité de nos responsables politiques d'être à la hauteur de la situation. Nous pouvons aussi nous rappeler André Comte Sponville, "On a les responsables politiques que l'on mérite".

Comment peut-on imaginer l'émergence d'une nouvelle donne politique prenant en compte la contrainte forte du climat sans un soutien massif de la population ?

La solution au changement climatique viendra donc de la population

La COP ne marche pas ? Accélérons notre engagement, crions notre volonté de changement, félicitons les élèves en grève avec Greta pour le climat, soutenons les ONG de l'affaire du siècle. Engageons-nous politiquement dans les partis, dans les collectifs, dans les syndicats, dans les entreprises pour exiger la prise en compte du péril climatique et du désastre social qu’il engendrera. Votons pour écarter du pouvoir les partis politiques qui ne voient dans le climat qu'une lubie environnementale de plus. 

Seule l'accumulation des mouvements citoyens fera comprendre à nos dirigeants, actuels ou à venir, que nous attendons ce changement, que la population est prête à attendre des solutions contraignantes pour sauver la planète, la vie des habitants et l'air que nos enfants respirent.

Oui, des solutions existent. Il y en a pleins les tiroirs des 25 dernières COP. Les politiques ont simplement peur de les appliquer, du fait de la concurrence des économies mondialisées et d'une peur viscérale d'être rejetés par leur propre population.

Montrons-leur la voie.

 

Alexandre Latz
écologiste, Place Publique, Rassemblé·e·s pour Aubagne