Insécurité à Aubagne : publireportage sur France 2

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Le jeudi 24 octobre, France 2 a diffusé un reportage sur l'insécurité à Aubagne qui ressemblait étrangement à un publireportage. Un publireportage, dans la presse écrite, ce n'est rien d'autre qu'une publicité, mais présentée sous forme d'articles de journaux pour donner le sentiment du vrai "Lu dans le journal" comme "Vu à la télé".

On commence par nous asséner un chiffre : les cambriolages et tous les actes de délinquance à Aubagne auraient baissé de 35% à Aubagne depuis 5 ans.

Jamais le journaliste ne nous dit où on a pris ce chiffre. Aucune vérification de cette affirmation. Cela recouvre quelles réalités ? Comment est-ce comptabilisé ? Qui a vérifié ? la police et les services de sécurité de la ville ?... A partir de quoi se fait la comparaison ? Peut-on s'appuyer sur des expertises indépendantes qui vont analyser ces chiffres ? Rien !

Et on sait pourquoi ! Parce que ce sont les chiffres qui alimentent la campagne électorale du maire et qui sont "trimbalés" par les responsables de sa communication électorale.

Jamais Aubagne n'a été le Far-West, ni Chicago, et ce n'est toujours pas le cas.

Aucun chiffre vérifiable

Mais personne ne vient parler des coups de feu en plein jour qui font l'actualité aubagnaise chaque année depuis 5 ans (et nous y avons eu droit trois fois cette année avec un mort par balle). On oublie la dizaine de cambriolages, en une seule nuit, rue de la République, des multiples cambriolages à Saint-Mitre dénoncés par l'assemblée générale du Clos Ruffisque, des cambriolages dans tous les quartiers de la ville pointés récemment dans un article de La Provence. On évite de rappeler les 6 braquages en 6 mois du Tabac du Charrel qui a conduit à sa fermeture, l'incendie criminel au Pont des Six Fenêtres qui a obligé plusieurs dizaines de familles à trouver un hébergement hors de chez eux.

On pourrait encore multiplier les exemples si nécessaire. Peut-on aborder la question du trafic de drogue ? Le reportage sur cette plaie est élogieux : le trafic de drogue à Aubagne ? On ne connaît plus !

Deux moments éloquents. Le premier avec le responsable à la sécurité qui nous parle "d'anciennes poches du trafic" qui auraient disparu, mais qui reste prudent (une sincérité qui lui a échappé ?) "le trafic a peut-être été déporté" (lucide ?).

Le deuxième avec la commissaire de police qui affirme "Nous sommes tous les jours dans les cités". Mais de quelle ville parle-t-on ? De quelle cité ? Quelqu'un a-t-il vu la police tous les jours dans son quartier pour chasser les dealers ?

La réalité vécue dans tous les quartiers, c'est que plus aucun secteur n'est épargné. Le trafic a lieu partout.

La police tous les jours dans les cités : vous la voyez, vous ?

La dernière anecdote qui nous revient, c'est un habitant de Saint-Mitre qui appelle la police dans la nuit parce qu'il considère qu'il peut subir une agression. Réponse : "On n'a qu'une équipe à disposition et elle est déjà en intervention. Venez porter plainte demain". Combien d'événements de ce genre a-t-on déjà entendu ?

Le reportage est tellement bâclé, vite fait-mal fait pour les besoins de la cause, que le journaliste n'a vu à Aubagne qu'un centre ville, des zones résidentielles et deux cités. Point de zones industrielles, de zones agricoles, d'espaces naturels (Parcs, Font de Mai, Garlaban...). Mais seulement deux cités ? En fait, il n'a fait que répéter ce que lui ont dit les édiles municipaux qui ne connaissent que deux cités qui les effraient La Tourtelle et le Charrel où vivent des extra-terrestres, des monstres à formes humaines, des zombis effrayants.

Aucune investigation sur le bilan réel des caméras. Nous aurions pu apprendre qu'en 5 ans aucun fait de délinquance n'a été ni empêché ni élucidé, à l'exception d'un dangereux dépôt de cartons aux Espillères. Par contre la vidéo-verbalisation a permis des milliers de PV faisant rentrer de l'argent dans les caisses de la ville. D'ailleurs dans le reportage même, on entend un policier municipal se préoccuper de deux jeunes en vespa, pourtant "casqués" tous les deux.

Pour les témoignages "indépendants", c'est l'Everest de la déontologie journalistique. On fait parler un président de conseil de quartier. Le choix est totalement neutre, c'est Stéphane Cantarini, adhérent au même parti que Gazay, candidat à Auriol en 2008 sur une liste de droite, membre éminent de l'association "Les amis de Gazay" ainsi que des "Amis de Vassal. Le hasard bien sûr.

Mais c'est vrai qu'on interroge un élu d'opposition pour quelques secondes et qui ne dit... rien.

Wikipédia, pour publireportage écrit : "Les médias écrits qui suivent la déontologie du journalisme précisent de manière explicite que ce qu'ils diffusent est à caractère publicitaire en ajoutant la mention publireportage.

La pratique est beaucoup plus rare à la télévision".

Ce 24 octobre, sur France 2, nous en avons eu l'illustration. Ce 24 octobre, sur France 2, la remise en cause de la déontologie journalistique est rentrée dans le Guinness des records.

Antoine Monticellu