Argilla 2019 : Barthélémy humilie Gazay

La peur d'un nouvel échec pour Argilla 2019, à quelques mois des élections municipales, a dû être tellement intense que depuis samedi, Gazay de son côté et Barthélémy du sien n'arrêtent plus de s'auto-féliciter. Avec une petite surprise.

Bien sûr, en oubliant que la ville avait "négligé" la communication sur l'événement et avait rajouté des travaux en plein centre ville sans tenir compte des dates prévues, tout l'appareil de propagande est en place et en particulier la page Facebook du maire où on peut lire : "La ville d'Aubagne a rayonné durant tout le week-end, en offrant un nouveau superbe événement autour de sa filière argile".

La surprise vient d'un commentaire en réponse, sur la propre page du maire, écrit par Barthélémy : "Effectivement, le Pays d'Aubagne et de l'Etoile et toutes ses équipes sont fiers de la réussite de la 15ème édition Argilla, fiers d'avoir apporté le rayonnement qu'Aubagne mérite".

Dit de façon plus triviale : "C'est pas toi, ni la ville qui ont permis cette réussite, mais moi, présidente du territoire et les miens", en rajoutant une véritable gifle : "Il a fallu que je m'en occupe pour qu'Aubagne retrouve un rayonnement que toi, maire, tu lui as fait perdre".

C'est parti ! La guerre, à mort, pour accaparer le pouvoir municipal, est bien engagée entre Gazay et Barthélémy.

Gazay/Barthélémy : guerre à mort pour le pouvoir

Puisque nous y sommes quelques mots d'appréciation sur cette édition d'Argilla. On a évité les longs moments désertiques de l'édition 2015 et le véritable "carnage", tant du point de vue de la participation que de l'organisation, de 2017.

Mèfi avait titré "Ils ont assassiné Argilla". Nous affirmions qu'ils y avait eu moins de 10 000 visiteurs. Et après avoir reçu des tombereaux de critiques sur "notre absence d'objectivité", "notre exagération partisane", "notre volonté d'être toujours négatif", etc ... tout le monde s'était accordé pour dire qu'il y avait eu entre 5 000 et 10 000 participants, que c'était un échec économique pour les exposants et que tout avait été pensé à l'envers.

La responsable de la filière céramique, pourtant une amie de Barthélémy, avait été licenciée et l'équipe actuelle mise en place.

Cette fois, on peut dire que sans atteindre les 70 000 visiteurs de 2013 ou les 50 000 de 2009 et 2011, la 15ème édition d'Argilla se situe dans une fourchette très correcte avec environ 20 000 visiteurs. Il n'y a pas eu, contrairement à ce qu'annonce une certaine presse, "une foule compacte à flux tendus pendant deux jours", mais des moments avec une très bonne participation. Les photos que nous avons publiées le prouvent.

On a pu aussi noter un fort renouvellement des pièces proposés et une vraie qualité artistique retrouvée.

Argilla 2019 : environ 20 000 visiteurs

Le chiffre d'affaire (environ 350 000€ soit environ 2 000€ par exposant - quand même assez éloigné du chiffre des violonistes de la communication - ce qui veut, aussi, dire que certains ont approché les 10 000€) est très acceptable pour la plupart des artisans présents.

Mais il faut accepter de voir que cet événement périclite par manque d'imagination et d'innovation. Argilla cela doit être un renouvellement permanent tout en gardant le travail de la Terre au coeur de la manifestation.

On ne peut pas se contenter de reproduire, même avec application et professionnalisme, ce qui a marché "avant". 

Doit-on rappeler "l'invention" de l'exposition des oeuvres céramiques de Picasso ? Peut-on pointer l'oeuvre filmée de Wael Shawki et les "Cabaret Cruisades" à partir des créations de Pierre Architta ?

Sans doute faut-il, à chaque fois, y rajouter un événement grand public et pourtant d'un très haut niveau culturel comme le "mapping" et la projection sur les murs de l'immeuble du 8 Mai de l'oeuvre de Danielle Jacqui (que Gazay et Barthélémy, en harmonie cette fois, ont expatrié en Suisse).

Le travail de la Terre au coeur

Il faut donner les moyens aux maîtres de la Terre et du Feu que sont les artisans de l'argile de penser un événement surprenant et grandiose qui aide à faire exploser la qualité artistique des pièces qu'ils exposent et vendent pendant deux jours. 

Bref, il faut donner une force et une impulsion "aux équipes" pour se dépasser et créer du neuf. Ce que ni Gazay, ni Barthélémy ne savent faire. Chacun a pu le constater pendant les 6 ans de leurs mandats.

Terminons sur un dernier aspect que Argilla a confirmé aux Aubagnais·es et fait découvrir aux visiteurs·ses. La promenade pédestre a mis l'accent sur l'état du centre ville : saleté, odeurs nauséabondes, nids de poule. Une ville à l'abandon et sans entretien depuis 6 ans que la circulation en voiture fait oublier quelquefois.

Et ce n'est pas les 200 mètres de chaussées refaites en fin de mandat (inauguration prévue, allez savoir pourquoi, en mars 2020) qu y changent quoi que ce soit. Une ville quand on y tient, on l'entretient tous les jours.

Ce n'est visiblement pas le souci de l'équipe Gazay/Barthélémy.

Vivement mars 2020, pas que pour l'inauguration des travaux.

Antoine Monticellu