Gazay organise les Assises du rire

gazay organise les assises du rire

Dans sa campagne électorale de 2014, Gazay avait promis le création d'un Festival du rire (page 5 - livret 3 intitulé "Urbanisme-Culture-Sport-Qualité de vie). Sur les 130 promesses faites à l'époque, cela fera partie des 5 ou 6 qu'il aura tenues. Sauf qu'il a changé la dénomination, il a appelé ça : les Assises de l'environnement.

Premier gag, ce jeudi 9 mai, pour ce qu'il annonce comme l'acte majeur de son mandat accompagné d'une communication massive et d'invitations très ciblées aux différentes associations, le maire n'avait prévu, en fait d'espace des Libertés, que la seule salle Simone Veil... et environ 80 chaises. C'est pourtant un peu plus de 150 personnes qui étaient présentes.

Il avait oublié, mais cela permettait de déclencher les premiers rires-amers-des participants, que l'écologie est au coeur des préoccupations de la société toute entière. Du GERES à EcoRéseau, de l'ASDEL à Jardilien, des élus écologistes aux associations de proximité tous les responsables des diverses structures environnementales étaient là.

Deuxième gag, Gazay nous explique qu'il a imposé le sous-titre à ces Assises : "Une écologie positive (NDLR : c'est quoi la négative ?)... à Aubagne-en-Provence", mais un film introduit la rencontre où il n'y a pas une seule image d'Aubagne. Par contre, on y voit du béton, de la construction de routes et d'autoroutes, avec ce commentaire "J'aime l'aménagement du territoire". Rires retenus dans la salle pour cet humour décalé.

Premier moment de rires aux éclats, le modèle politique de Gazay en matière d'environnement, c'est... Jacques Chirac. Plus personne ne peut retenir son fou rire.

Deuxième temps, un sketch comique où le maire essaie de convaincre la salle que le premier acte de défense de l'environnement de sa mandature a été l'adoption, dès la première année, du nouveau Plan Local d'Urbanisme. Devant des spectateurs quasiment tordus de rire, il explique qu'avoir donné l'autorisation de fosses septiques partout pour permettre la multiplication des constructions et les permis de construire accordés dans presque tous les espaces protégés et en particulier au pied du Garlaban, c'est la meilleure façon de sauvegarder la nature.

Nous avons droit ensuite à une série de concepts "tarte à la crème" comme les gags du même nom qui ont fait rire des millions de gens en regardant les films muets et noir et blanc du début du XXème siècle : "un plan Marshall pour l'environnement... les véhicules électriques... les pistes cyclables... le tri sélectif... encore plus, toujours plus de bio (même pour les vieux !)...". Tous ces concepts répétés depuis des décennies par tous les politiciens à quelques mois des élections... et qui font rire la planète entière tellement cela sonne faux.

Puis, le maire nous présente les 5 ateliers mis en place par la ville (premier rendu fin 2019, pour le budget 2020, celui qui voit un rapport avec les élections municipales de mars 2020, c'est qu'il a l'esprit tordu) : mobilité ; patrimoine naturel ; déchets ; éducation à l'environnement ; environnement et santé.

Le 6ème atelier pourtant annoncé dans AJJ a disparu, il s'agit de l'atelier "Transition écologique" dont tout le monde sait qu'il s'agit là de l'essentiel des questions écologiques. La salle s'en inquiète et interroge. Et là nous avons droit à l'apothéose du spectacle, au final délirant des Assises du Rire, Gazay tente de nous faire avaler, en gardant son sérieux, que la transition écologique c'est trop important pour mettre ce thème en débat avec les citoyen.ne.s. C'est un truc qui doit rester la propriété de la ville et des décideurs.

Le rire est sur toutes les lèvres, la joie est dans toutes les têtes, on peut passer à l'apéritif.

Antoine Monticellu