Plan Régional de Prévention et Gestion des Déchets : économie VS écologie


Le Plan Régional de Prévention et de Gestion des Déchets (PRPGD) de Provence Alpes Côte d'Azur, était présenté à l'enquête publique jusqu'au 19 avril. Pour Jean Reynaud, ancien conseiller technique sur la liste de Sylvia Barthélemy, ce plan a pour objectif essentiel non pas de permettre la valorisation matière, par recyclage et compostage de nos déchets, mais d'utiliser au maximum les capacités d'incinération, au lieu de les diminuer.

Il nous livre une analyse sans complaisance, appelant à se prononcer contre ce plan dans le cadre de l’enquête publique, que nous publions ci-dessous in-extenso.

1/ Une « optimisation » que nous allons payer 

Si la valorisation matière atteindra en 2031 la moyenne nationale actuelle, la réduction de la quantité de déchets ménagers incinérés, sera compensée par l'incinération de déchets ... car l'objectif est « d'optimiser les capacités d'incinération » en faisant brûler une part des déchets industriels à la place des déchets des ménages dans les incinérateurs existants financés par les contribuables !!

 

Déchets ménagers

Déchets des activités économiques

Total par traitement

En millions de tonnes

2015

2031

Variation

2015

2031

Variation

2015

2031

Valorisation matière

0,930

1,218

+27 %

1,300

2,060

+58 %

2,230

3,278

Incinération

1,220

0,850

-30 %

0,140

0,520

+273 %

1,360

1,370

Stockage

1,024

0,210

-80 %

0,530

0,470

-10 %

1,554

0,680

Total

3,200

2,280

-29 %

2,680

3,080

+15 %

   

 

Or, si les industriels utilisent si peu l'incinération actuellement, c'est parce qu’elle leur coûte trop cher … et si on veut les amener à brûler leurs déchets, il faudra leur offrir des coûts équivalents aux coûts pratiqués actuellement pour traiter les déchets des activités économiques, soit des coûts bien inférieurs au coût de l'incinération.

Dès lors les gestionnaires d'incinérateurs, au lieu de réduire au fur et à mesure les capacités d'incinération, réduisant ainsi la pollution rejetée par les cheminées et les déchets solides toxiques ,

seront amenés à ne faire payer aux entreprises au plus que les coûts de fonctionnement de l'incinérateur afin de les attirer vers ce traitement. En effet, demander aux entreprises de payer une part d’investissement ne serait pas attractif.

Ainsi, les habitants, après avoir payé l'installation, continueront à en recevoir les retombées toxiques provenant des déchets industriels

Pour un bon plan, il faut donc réduire les capacités d'incinération de 360000 tonnes et non pas faire payer la population pour brûler les déchets industriels !

2/ Des déchets dangereux incinérés

Si la volonté de capter 100 % des déchets dangereux est louable, qu'un effort important est effectué sur la valorisation matière et la valorisation organique, on peut être étonné que les traitements biologiques et physico-chimique ne soient pas plus développés, aux dépends de l'incinération.

 

   

Déchets dangereux

 

En milliers de tonnes

2015

2031

Variation

0

Évitement

Non pris en compte

 

1

Valorisation organique

54

139

+157 %

2

Valorisation matière

114

294

+158 %

3

Traitement biologique

11

11

+0 %

4

Traitement physico-chimique

105

92

-8 %

5

Stockage

72

66

-7 %

6

Incinération valorisée

55

142

+158 %

7

Incinération non valorisée

63

58

-8 %

 

Total

490

800

+67%

   

Captage : 60 %

Captage:100 %

 

 

Or la plupart de ces traitements sont effectués dans une même usine, à un prix d'incinération supérieur à ceux des traitements biologiques et physico-chimique. Aussi la tentation est grande, pour le gestionnaire de l'usine, de faire passer par les fours d'incinération la plupart des produits apportés par les entreprises.

Pour bien traiter les déchets dangereux, il faut établir pour chaque catégorie de déchets, selon l'échelle du tableau ci-dessus, la technique de traitement la moins nocive. Pour ce faire, cela suppose de :

- réduire la capacité totale d'incinération de 1.360.000 tonnes/an à 850.000 tonnes/an

- n'avoir recours à l'incinération qu'avec parcimonie à cause de la toxicité de ce procédé.

 

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