Polo et Vélo, deux gilets jaunes de Marseille à l’Assemblée Nationale

Polo (son vrai nom Laurent Bazar), gilet jaune du 13 et plus particulièrement d'Auriol, est parti en train de Marseille le 23 décembre. Il a rejoint la Marche Nationale pour le RIC (Référendum d'Initiative Citoyenne) le lendemain à Tain l'Hermitage et a décidé de poursuivre par une marche jusqu'à l'assemblée Nationale. A Tournus (Saône-et-Loire), le 3 janvier, il a rencontré Vélo (Stéphane Trusor), un autre gilet jaune. Ils ont voulu rejoindre Paris ensemble. Ils ont fait part de leur "aventure" à Mèfi.

Tous les deux ont, tout au long du parcours, recueilli toutes les doléances des gens qu'ils ont rencontré. Tous les deux souhaitaient rajouter de l'action à l'action. Tous les deux voulaient trouver une initiative spectaculaire qui donnerait encore plus de visibilité aux manifestations des gilets jaunes.

Ils ont rencontré des centaines de personnes, sur la route, aux carrefours, dans les villes et les villages, dans les quartiers, chez les gens à l'occasion des nombreux hébergements qui leur ont été offerts.

Aujourd'hui, ils témoignent ensemble de l'immense générosité des gens. "La Solidarité est une valeur qui traverse toutes les régions de la France" nous affirme Polo.

Des milliers de témoignages ont été amassés par tous les moyens disponibles (vidéo, audio, écrit, ...). Des centaines de propositions sont inscrites dans les mémoires de Polo et Vélo.

Mais trois grandes tendances reviennent systématiquement :

- un besoin de renouveler la démocratie par une participation directe des citoyen·ne·s : RIC, VIème République...

- la nécessité d'une autre répartition des richesses : rehausser le pouvoir d'achat du plus grand nombre et prendre sur les immenses richesses de quelques-uns ; ...

- l'amour de la nature et la nécessité de sauvegarder "notre mère nourricière".

Arrivés à Paris le 23 janvier, symboliquement, ils ont terminé leur marche le 25 janvier en allant porter leur cahier de doléances à l'Assemblée Nationale, en convoquant les médias et les députés.

Seront-ils entendus ? Ils n'en savent rien. Mais ils peuvent témoigner de tous les messages reçus par les gilets jaunes et les autres :"On ira jusqu'au bout", même s'ils ne définissent pas ce que sera le bout. 

Polo et Vélo rajoutent à l'unisson et dans une belle harmonie, comme cela a été le cas tout au long de "leur" marche : "On ne lâche rien, c'est ce que l'on nous a dit partout".

L'immense majorité du monde politique ne s'en est pas encore rendus compte, mais on a déjà changé de système. Rien ne sera plus comme avant, c'est un mouvement de la même nature que la Révolution Française. 

Et comme pour elle, c'est un mouvement qui a une vocation universelle.

Claude Bernardi