Gilet(s) jaune(s)


Les "gilets jaunes", depuis le 17 novembre font la une de toutes les actualités. Ils font aussi débattre les politiques et les citoyens. La presse, les télés, les médias en général et les réseaux sociaux sont le théâtre d'opinions souvent contradictoires sur la nature de ce mouvement et sur ses animateurs.

Les forces politiques progressistes, dans ce domaine aussi, sont très partagées. La France Insoumise, le NPA soutiennent et participent aux actions, sans récupération. Le PCF et la CGT restent à l'écart et organisent d'autres initiatives. La rédaction de Mèfi n'échappe pas à cette confrontation et n'a pas tranché. Mais faut-il le faire ?

Un de nos rédacteurs a rencontré un animateur du mouvement sur le péage de Pont de l'Etoile. Nous publions ses réponses. Toutes autres opinions seront les bienvenues et nous les publierons, à l'exception, bien sûr, des propos fascistes, xénophobes, sexistes ou homophobes.

Il s'appelle Lionel, il vient de Marseille, il est gestionnaire-comptable. Il est l'un des acteurs responsables du "barrage" (qui n'en est pas un, puisque les véhicules sont ralentis pour passer sur une file sans payer) au péage de Pont de l'Etoile. Samedi 17 novembre, ils étaient plus de 300. Depuis plusieurs centaines de personnes se sont relayées pour maintenir la pression sur le gouvernement et sur le président de la République.

Il explique que le déclencheur de cette action collective, c'est d'abord l'accumulation de taxes qui grèvent le pouvoir d'achat des ménages, avec une taxe sur les carburants basée sur des "considérations écologiques mais trop punitive".

Il tient à indiquer que les gilets jaunes accueillent tout le monde, des actifs et des retraités, des salariés du public et du privé (c'est son cas, il vient avant et après ses horaires de travail), des commerçants, des chômeurs...

Il précise qu'il ne croit plus "aux politiques", mais que, contrairement à ce qui est dit ici ou là, "il est content et satisfait quand des formations politiques soutiennent et participent au mouvement".

Les principales revendications sont "la baisse de la TVA sur les matières de première nécessité, la baisse du prix des carburants et un coup de pouce sérieux au SMIC". Si le gouvernement cède sur ces points tout peut s'arrêter immédiatement.

 

 

Les gilets jaunes de Pont de l'Etoile, et sans doute beaucoup d'autres, ne répondront pas à l'appel pour Paris, "ils souhaitent privilégier les actions locales et régionales".

La crainte des débordements les hante, mais ils sont déterminés à continuer la mobilisation. Il et ils se sont inscrit(s) dans le temps. La solidarité entre les uns et les autres est énorme.

Lionel insiste : "Le mouvement est totalement pacifiste, aucune violence physique ou verbale n'est tolérée. Pas plus que les dérapages homophobes ou racistes".

Quelques automobilistes ont essayé de forcer le barrage mais le service d'ordre et les gendarmes présents (2 voitures et 4 personnes) les ont ramenés à la raison, dans le calme.

Lionel souligne "l'attitude exemplaire des gendarmes présents et leur professionnalisme".

Certes UN gilet jaune, ce n'est pas LES gilets jaunes. Mais c'est forcément un élément à prendre en compte pour analyser ce qui arrive. Dans tous les cas, nous sommes assez loin de certaines caricatures qu'on trouve un peu partout dans les médias et sur les réseaux sociaux. Dans un sens ou dans l'autre.

 

Propos recueillis par Antoine Monticellu

 

 

 

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