Le maire devant le Tribunal Administratif


Ce jeudi 13 septembre, les syndicats CGT des communaux tenaient une conférence de presse au Cercle de l'Harmonie. Ils souhaitaient expliquer leur refus de participer la veille, 12 septembre, à la rencontre organisée par le maire avec les organisations syndicales.

Thierry Noygues, accompagné de Christian Six et de Moncef Ferchichi, affirme, sans nuance que "ces rencontres ne servent à rien". Il rajoute que le comportement du maire est "de plus en plus irrespectueux" et que les commissions et comités paritaires ont "un fonctionnement autocratique".

A l'occasion des réunions des CAP (Commission Administrative Paritaire) et des CT (Comité Technique), "les représentants de la CGT donnent des avis argumentés", mais "le maire n'en tient jamais compte". Il ne tient d'ailleurs jamais compte "ni des avis, ni des arguments, ni même des votes des diverses instances paritaires".

Comportement irrespectueux et autocratique du maire

"Il fait ce qu'il veut" conclut le responsable syndical. Avec pédagogie, les élus du personnel ont à de nombreuses reprises tenté d'expliquer qu'ils souhaitaient "négocier" et que donc il s'agissait de trouver "un compromis".

La réponse du maire est toujours la même "pas question que je change d'avis". Sa définition de la négociation, c'est donc en toutes circonstances et sur toutes les questions "acceptez ce que j'ai décidé".

Quelquefois, il arrive au maire de renvoyer vers son Directeur Général des Services. Le résultat est le même. "Il est payé pour nous enfumer" indiquent les responsables CGT.

La coupe est pleine, après trois ans de rencontres inutiles, la CGT a décidé, cette année, de ne pas répondre à l'invitation "de dialogue" du maire.

D'autant plus qu'il s'en sert, affirment les responsables CGT, pour laisser penser qu'il a instauré avec le personnel un dialogue constructif. C'est ainsi qu'on a pu lire dans La Provence que Gazay se prévalait "d'un dialogue social apaisé", osant même rajouter "avant moi, c'était la CGT qui dirigeait la ville, maintenant, c'est fini".

"Avant moi, c'était la CGT qui dirigeait la ville"

Dans les faits, la loi n'est pas respectée. Premier exemple, alors que la réglementation exige l'existence de panneaux syndicaux d'information, il a fallu attendre 4 ans de bataille administrative et syndicale pour en voir apparaître. 

Mais surprise, la CFTC qui n'a ni élu ni activité en a un. FO qui a quasi totalement démissionné de ses responsabilités en cours de mandat en a un. Tout naturellement la FSU a le sien, même si ce syndicat a dû attendre ces dernières semaines pour se voir attribuer un local que la loi imposait depuis 2014. Mais la CGT qui a droit à 2 panneaux, parce qu'il y a deux syndicats (celui des ouvriers et employés et celui des ingénieurs, cadres, techniciens et agents de maîtrise) n'en a qu'un seul.

Thierry Noygues rajoute que "c'est plus de 1200 heures de délégation, pourtant, là aussi, imposées par les textes, qui ont été refusées aux représentants de la CGT".

La CGT a donc décidé de faire appel à la justice. Un avocat a été désigné pour engager un recours devant le Tribunal Administratif.

Dans tous les cas, les organisations syndicales de la CGT ne participeront plus à aucune rencontre avec le maire qui n'ont comme seule vocation de valider ce que le 1er magistrat de la vile a décidé en amont.

La CGT à la tête de l'action syndicale à la mairie d'Aubagne

Les élections professionnelles ont lieu tous les quatre ans et à l'occasion des dernières, en 2014, la CGT avait obtenu 19 des 23 sièges à pourvoir.
 
Cette représentativité n'est pas sans inquiéter la direction municipale qui depuis a tenté d'affaiblir le syndicat en introduisant de nouvelles organisations sans aucune réelle activité depuis.
 
Mais la CGT redoute (et les difficultés sur les heures de mandat en sont un exemple) que d'autres manœuvres se précisent en multipliant, par exemple, les pressions et les entraves pour réduire la participation du personnel aux prochaines élections professionnelles qui doivent avoir lieu le 6 décembre 2018. A suivre donc.

En marge de la conférence de presse, les responsables syndicaux ont évoqué la situation dramatique de la médiathèque privée de budget. Un débrayage et une conférence de presse sont prévus le mercredi 19 septembre. Nous aurons l'occasion d'y revenir.

Jean-Luc Dimitri et Claude Bernardi

 

 

 

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