Dossier Service Public : l'hôpital d'Aubagne


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L'hôpital d'Aubagne dérange, irrite, parce que les gens y sont très bien soignés et de mieux en mieux, parce que tous nos médecins, chirurgiens, radiologues, pharmaciens... commencent à faire de plus en plus sérieusement de l'ombre à d'autres. Pourquoi de l'ombre ? Parce que depuis quelques années la santé rapporte de l'argent.

Oui comme un placement, le cancer, l'appendicite, la grippe, l'infarctus... engraissent des personnes (actionnaires, patron de grand groupe pharmaceutique...).

Dans les hôpitaux les maîtres mots, répétés en boucle sont : budget, état prévisionnel des recettes et des dépenses, contrat de retour à l'équilibre, effectif rémunéré...

C'est vrai que si on ne regarde pas les dépenses dans une famille par exemple, si on n'a pas besoin de regarder son compte en banque tous les jours, il est vrai qu'on perd la valeur des choses et on peut tendre à dépenser sans compter, gaspiller, faire des achats inutiles et superflus, ok.

La santé ça rapporte à certains

Mais cette solution (pire que le problème) qui a fait rentrer le ver dans la pomme, a cassé le système de santé publique ; les cliniques connaissaient ce système, depuis bien avant la T2A, elles avaient des équipes formées à la cotation de chaque acte, à la recherche de l'acte oublié ou mal coté (acte qui correspond à un versement par l'assurance maladie).

Mais aussi, du coup, il a fallut réfléchir à comment recevoir le meilleur remboursement pour un acte tout en dépensant le moins d'argent possible pour le réaliser.

La première idée : dépenser moins = moins de personnel, faire le travail de 3 personnes en étant 2... plus de tensions pour remplacer les vacances, les maladies, rappel sur congés, turn over de plus en plus important, sentiment de mal faire son travail, malaise, frustration, sentiment de faire de l'abattage... et quand on rentre chez soi, surtout ne plus y penser car trop douloureux...

Voilà ce qu'est la principale, voire l'unique, préoccupation aujourd'hui des établissements de santé. Alors qu'en est-il pour notre hôpital ? Oui il est en "déficit ", c'est tout ? Non ! Il soigne très bien ! Il a de grands spécialistes, des personnels tous formés. Il y a un beau service de pédiatrie très attentif à la douleur de l'enfant, travaillant sur l'hypnose... addose au CAMPS, situé boulevard Lakanal, dont toute l'équipe pluridisciplinaire est formidable !

Dépenser moins, le maître mot de l'hôpital

Des services de médecine interne, cardiologie, pneumologie, court séjour gériatrique où les médecins font un travail remarquable, et où le personnel est tout entier dans la sécurité et la qualité des soins et dans un travail de bienveillance et d'humanitude.

La chirurgie, le bloc opératoire, les hôpitaux de jour ne cessent de se développer. Ses urgences, son SMUR. Sa réanimation rénovée, une des meilleures de la région.

Alors pourquoi cette feuille de route de l'ARS ? Fermer la réanimation ! Flambante, de haute qualité et technicité, clé de voûte d'une activité médicale. Mais j'ai plutôt envie de dire pour qui ? D'aucuns pensent que les choses ont été décidées il y a 2 ans... en catimini, pour le bénéfice d'un établissement qui verrait sa réanimation s'agrandir et du coup gagnerait une plue-value pour mieux se vendre à un consortium de santé.

En espérant que la raison regagne ses décideurs... sinon il faudra soit se résigner ou se battre, soit collaborer ou résister... une question décidément toujours d'actualité.

Edmonde Pôlhita

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