La police : thèse, antithèse, synthèse


police municipale

Matin de semaine, à Aubagne, aux alentours de 8h30. Je viens de laisser mon enfant et je regagne mon véhicule. Au niveau du passage piéton, un père déjà embarqué dans son véhicule, apostrophe l'un des trois policiers en charge de gérer ledit passage clouté. Je ne sais pas si l'agent de la voix publique lui a fait une remarque ou pas, toujours est-il que le père de famille lui lance "et la voiture de police là-bas, à cheval sur le trottoir ?..."

S'ensuit un silence, un échange d’onomatopées et une séparation raisonnable. Le policier conclut "si t'as que ça à faire", suivi d'un ricanement mi-gêné mi-vexé. C'était il y a un mois environ. De ce jour, j'ai commencé à m'interroger sur la perception de la police par les Aubagnais, d'autant plus que ce n'était pas le premier accrochage observé ou arrivé à mes oreilles.

THESE : LA POLICE, C'EST BIEN

Souvenons-nous. Notre maire, Gérard Gazay, martelait durant toute la campagne qu'Aubagne n'était pas sécurisée, qu'il manquait cruellement de moyens répressifs à la ville pour gérer la délinquance observée. Et tout en l'annonçant, il promettait d'y remédier. L'argument a fait mouche. Pourquoi ? Parce qu'annoncer plus de police est de prime abord quelque chose de rassurant et de réconfortant.

Oui la présence de la police est quelque chose de positif. Sans police, pas d'état, et sans état, sans organisation, pas de société. La police contribue donc à l'équilibre d'une communauté. 

Encore faut-il que sa présence soit, elle-même, équilibrée.

ANTITHESE : LA POLICE, C'EST PAS BIEN

Tout l'art de l'équipe de campagne du candidat Gazay a été de faire monter à ébullition le sentiment d'insécurité au point que certains Aubagnais ont cru qu'il y avait véritablement de l'insécurité. Nous ne vivons pas à Chicago. Même Marseille, malgré ses quelques règlements de compte sur fond de trafic de drogue, ne peut être comparée à Chicago. Aubagne a souffert, et souffre peut-être encore, d'un fort sentiment d'insécurité. Ce qui ne veut pas dire pour autant que la délinquance n'existe pas. En revanche, déployer des forces de police de manière voyante plus qu'efficiente, comme si l'on avait un véritable problème d'insécurité crée un déséquilibre dans la société. Les questions se posent : pourquoi tant de policiers ? pourquoi tout ce matériel ? pourquoi cette attitude parfois hautaine envers la population ? 

Les questions se posent parce que les gens se rendent bien compte qu'il y a un décalage entre leur quotidien dans une ville relativement sûre et le quadrillage policier qui se produit, à intervalle irrégulier et sans que la logique ne transparaisse, sur le territoire communal.

Entre les citoyens interloqués par cette réalité qui les pousse à se questionner et une police briefée selon une feuille de route inspirée de promesses de campagne, un fossé semble se creuser peu à peu.

Donc la police c'est bien, mais à condition qu'elle soit exemplaire et au service de la population.

SYNTHESE

Justement, venons-en à l'exemplarité. De cette discipline du quotidien découle le respect. Les témoignages d'Aubagnais abondent dans le sens d'une police qui assure la plupart du temps ses missions dans le calme mais aussi qui outrepasse certains de ses droits. Véhicules mal garés, mal stationnés, en sens interdit, posture à la "cowboy", tâches personnelles effectuées pendant le service, etc.

La municipalité pourra toujours dire que les critiques viennent toujours des mêmes mais il faudra bien qu'elle y réponde comme elle a cru y répondre en 2014 en accueillant à bras ouverts les Aubagnais égarés par cette désinformation sur l'insécurité.

La police est souvent à l'image du pouvoir politique. On peut le regretter mais songeons à cette image dévastatrice du petit caporal Sarkozy venu expliquer à des policiers de quartier qu'ils n'étaient pas là pour jouer au foot avec les jeunes du coin, mais plutôt pour leur taper dessus au moindre écart.

Nous pouvons donc nous interroger sur les consignes et les règles de conduite que la municipalité a pu donner pour que les Aubagnais se sentent à ce point en rupture avec leur police municipale.

Camille Alexandre

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