Hôpital d’Aubagne : Gazay dévoile ses choix libéraux

Hôpital d'Aubagne : Gazay dévoile ses choix libéraux

Avec son refus d’une riposte unanime du conseil municipal à la fermeture du service réanimation de l’hôpital d’Aubagne, Gérard Gazay divise sa majorité et ressoude l’intersyndicale. 

Il croyait avoir trouvé la parade. Pour avaliser la décision de l’Agence Régionale de Santé qui envisage le transfert du service de réanimation de l’hôpital public Edmond-Garcin à l’hôpital privé La Casamance et refuser le soutien promis aux représentants des personnels hospitaliers, présents jeudi soir, Gérard Gazay avait imaginé... d’en parler beaucoup pour ne pas en écrire un mot.

Mais comment faire quand on est le maire de la ville officiellement saisi, depuis quinze jours déjà, d’une motion parfaitement précise sur le refus de ce transfert que le groupe d’opposition « Aubagne alternative citoyenne et écologiste » propose au vote unanime du conseil municipal (Lire Contre la fermeture du service réanimation du centre hospitalier Edmond-Garcin) ? 

Comment faire pour éviter à tout prix l’unanimité du conseil municipal et surtout l’appel à une intervention des Aubagnais et des habitants de toutes les communes concernées ? « Une mobilisation citoyenne à la hauteur de l’enjeu », rappellera Magali Giovannangeli, comme la mémorable chaine humaine dont la municipalité Fontaine avait pris l’initiative avec succès, voici quelques années pour l’obtention d’un IRM à l’hôpital public.

Pour l’intersyndicale des personnels, dont la CGT est désormais partie prenante, le maintien de « la réa » est aujourd’hui d’égale importance. « Le transfert de lits d’une réanimation publique vers un établissement privé à but lucratif serait une première en France. Ce projet n’a aucun fondement et risque d’entraver, à moyen terme, l’activité globale de tout l’hôpital public (les urgences, la chirurgie, le bloc opératoire, la maternité…) sans parler de son lot de suppressions de postes.»

Une première en France

Personne ne s’est aventuré jeudi soir, à contester ce constat. Mais pour Gérard Gazay, puisque la question du service réanimation fait l’unanimité… elle ne sera pas posée.

C’est tout l’objet de la motion de substitution, adressée la veille au soir par le maire d’Aubagne à l’opposition et pompeusement intitulée « Un hôpital fort pour un pôle de santé public-privé de proximité et d’excellence fort. » L’Agence Régionale de Santé n’y est nullement interpellée sur l’avenir immédiat du service réanimation, même pas mentionné, mais elle est sollicitée au contraire, comme le Ministère de la Santé, pour « la construction d’un nouveau pôle de santé public-privé, sur un nouveau et seul site à Aubagne, qui regrouperait les offres de soins des deux hôpitaux. »

«  Ce soir la question n’est pas le pôle public-privé, mais la fermeture du service de réanimation et nous pouvons la refuser ensemble ! » rediront tour à tour Magali Giovannangeli, Denis Grandjean et Hélène Lunetta à l’adresse de la majorité municipale. Leur démarche ouverte est d’autant plus légitime qu’après le conseil municipal, les syndicats des personnels hospitaliers réaffirmeront leur hostilité au projet de pôle public-privé. (1)

Pourtant jeudi, il n’était pas question pour le maire de changer une ligne de son texte bétonné. Même si, dans son propre camp, des voix se sont fait entendre pour acquiescer à une dénonciation commune de la fermeture.

« Je peux partager l’idée d’une démarche à court terme » soulignera ainsi Sylvia Barthélémy, précisant qu’elle la soumettra au conseil communautaire du Pays d’Aubagne et de l’Etoile. Et d’ajouter en direction de Gérard Gazay : « Dans la perspective du pôle public-privé, la fermeture du service réanimation n’est pas acceptable. Je soumets ce refus à votre sens des responsabilités ».

Sylvia Barthélémy : la prochaine fois ? 

Un sens des responsabilités et de la cohérence dont elle-même ne témoignera guère hélas quelques minutes plus tard, puisqu’elle votera sans problème le texte du maire. A l’instar de son collègue de l’UDI Alain Grégoire qui avait pourtant appelé ses collègues à « s’opposer aux diktats de l’ARS ». A l’instar également du groupe socialiste, démocrate et apparenté, « pas opposé au pôle public-privé », au nom duquel Jean-Marie Orihuel avait mollement regretté « l’ambiguïté de la motion ». Il est expert…

Une fois empêché le rassemblement du conseil municipal autour du service réanimation – « si on n’offre pas de perspectives à l’ARS ce sera un coup d’épée dans l’eau ! » s’entêtera le maire - il restait à tuer dans les mémoires le souvenir des actions conduites en faveur de l’hôpital d’Aubagne, par les municipalités précédentes et la population. 

Pour l’occasion, il avait été demandé au docteur Salem, adjoint au maire et ci-devant président de la commission médicale d’établissement, qui la veille du conseil municipal avait reconnu dans La Provence le bien-fondé des arguments syndicaux (Lire Unanimité contre le transfert du service réanimation de l’hôpital d’Aubagne ?) de jouer les porte-flingues. 

Ce qu’il fit volontiers en insultant longuement Daniel Fontaine, avec une élégance et un courage d’autant plus admirables que l’intéressé n’était pas présent pour lui répondre. (Lire la tribune Docteur Salem et Mister Hyde)

Dans ce bal des faux-culs, il a mérité une mention particulière. 

Dominique Palmi

(1) - Dans un communiqué, l’intersyndicale de l’hôpital d’Aubagne déclare notamment : « M. le maire a tenu des propos mensongers en utilisant notre intersyndicale, en disant qu’on adhérait à un futur pôle public-privé sur un site unique alors que nous sommes absolument contre ! » Même point de vue à la Cgt pour qui, avec ce projet, « tel un cancer au sein d’un organisme, le privé pourrait se nourrir librement des deniers publics. C’est un véritable hold-up ! »

   

 

 

 

 

 

 

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