La sécurité des écoles aubagnaises

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Tous les parents qui lisent ces lignes ont déjà pu voir, devant les écoles, des policiers municipaux faire la circulation ou surveiller par groupe de deux ou trois les entrées des établissements scolaires. Peut-être qu'un parent sur deux est également entré dans une école pour récupérer son enfant, sans penser à mal, et s'est vu éjecté manu militari hors de l'enceinte scolaire par une employée scandalisée, agacée ou apeurée.

C'est mon cas. Mais c'est aussi le cas du grand-père de mes enfants, d'un ami parent d'élève, et de quelques autres de mes connaissances proches et moins proches. 

Tout d'abord, concernant la police municipale : il est incontestable que dans ces temps quelque peu troublés, la présence de représentants de force de l'ordre apparaisse comme rassurante aux yeux des parents mais aussi des personnels des écoles. Mais nous pouvons nous interroger sur la fréquence de leur présence : pourquoi y sont-ils tel jour et pourquoi n'y sont-ils pas le lendemain ? Ce n'est pas la présence ou l'absence qui est contestable car, après tout, nous ne pouvons pas vivre non plus sous assistance policière chaque minute de notre vie, mais le manque de pédagogie municipale donne l'impression d'un déploiement des forces de sécurité à dose homéopathique soit pour répondre aux peurs de certains, en réponse à des événements nationaux ou internationaux, soit par manque de moyens pour couvrir les besoins en sécurité de toute la commune.

Monsieur le Maire aurait donc tout intérêt à défendre ses choix en la matière. Lorsque nous laissons nos enfants entre les mains d'agents de l'Etat, nous respectons, nous citoyens, notre part du contrat social. Nous nous soumettons aux lois de l'Etat. Mais l'Etat, via le Maire, doit nous assurer en contrepartie que les mesures pour garantir leur sécurité sont prises, quitte à devoir passer son temps à nous les expliquer.

Ensuite, les établissements scolaires eux-mêmes. Je m'interroge sur deux aspects : d'abord, quelles sont les consignes données par l'Inspecteur d'Académie et/ou le Maire en terme de sécurité ? Je me doute qu'elles existent mais je ne les connais pas. Le début d'année a connu son lot de parents éjectés des locaux scolaires pour ne pas avoir été informés qu'il était strictement interdit de franchir la porte de l'école. Mais aujourd'hui, qu'en est-il ? Des mesures ont-elles été prises pour s'assurer que ces intrusions "involontaires" ne se reproduisent plus ? Comme par exemple fermer les portes à clef ? Visiblement non puisque récemment encore l'une de mes connaissances m'indiquait que, ne voyant personne à l'heure de la sortie des activités périscolaires, il s'était aventuré à l'intérieur avant de voir surgir un agent, la main brandie pour lui intimer de prendre la porte. 

Alors, d'où peuvent venir les éventuelles carences ? D'abord, de l'absence de consignes. Je me refuse à penser que les autorités, aussi bien de l’Éducation Nationale que de la mairie, n'aient pas pris le problème à bras le corps. Alors quoi d'autre ? De la profusion de consignes ? C'est peut-être plus probable. Aujourd'hui, l'école est co-gérée par l'Etat (personnel pédagogique) et par la mairie (cantine et périscolaire). Par conséquent, ceux qui "habitent" les locaux en journée ne sont pas les mêmes qui investissent les établissements tôt le matin, à midi et en fin d'après-midi. Les consignes sont-elles bien relayées ? Sont-elles identiques entre l'Académie et la mairie ? 

Je ne souhaite pas jeter le doute sur les intentions et les compétences des uns et des autres mais c'est un problème très important. Un individu mal intentionné n'aurait pas été dissuadé par le bras scandalisé d'un agent de mairie. Par conséquent, si à ma place, si à la place du grand-père de mes enfants, si à la place de mes connaissances, une personne armée et déterminée s'étaient présentée, toute la bonne volonté des personnels présents dans les locaux n'aurait pas suffi à éviter un désastre.

Alors, par pitié, Monsieur Gazay, assurez-vous que l'on ferme les portes des écoles à clef. Cela sera un bon début.

Camille Alexandre

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