Plan Local d'Urbanisme : ce qu'on ne vous dira pas

plu aubagne

L'enquête publique du Plan Local d'Urbanisme (PLU) se déroule depuis le 26 avril dans la salle Simone Veil et se clôturera le 3 juin. Comme sur les autres questions, Mèfi a décidé de vous informer sur des aspects que la propagande municipale ne vous montrera pas.

Un PLU sans ambition

Sur la qualité du projet tout d'abord. C'est un PLU sans aucune ambition pour Aubagne pour les 20 ou 30 ans à venir. Sous peine de reprise en main du PLU par la préfet s'il n'est pas terminé avant 2017, on a simplement répondu à l'impératif légal. Les deux seules visions stratégiques visibles, c'est le clientélisme électoral et la volonté de transformer la population de la commune. Faire partir les "petits" salariés et les couches moyennes pour les remplacer par des ménages à très hauts revenus. En faire une ville dortoir, "paisible" et repliée sur elle même pour les très riches de PACA et d'ailleurs.*

Une rencontre au New Hôtel à Marseille

Concernant la "concertation", on fait le minimum imposé par la loi. Aucune communication de masse, aucun débat prévu sur les grands enjeux. On noie le poisson avec une somme d'explications techniques et on accuse "l'Etat" de ne pas permettre la mise en œuvre des promesses électorales. Les seules rencontres "fructueuses" ce sont celles avec des propriétaires terriens pour valoriser leurs patrimoines dans un souci purement individuel.

Une seule rencontre à forts enjeux financiers, celle qui a eu lieu au New Hôtel, à Marseille, à côté du siège de la métropole, avec la participation de l'AGAM (AGence d'urbanisme de l'Agglomération Marseillaise), la SOLEAM (SOciété Locale d'Equipement et d'Aménagement de l'Aire Marseillaise), Constructa (grand groupe immobilier totalement investi sur Marseille), des banques, des élus marseillais de la Métropole et leur directeur, le maire d'Aubagne et son DGS. C'est presque de la démocratie participative, tellement les Aubagnais étaient impliqués...

Les propositions de voiries dignes de la science fiction

Pour la voirie et les déplacements, c'est impressionnant de contradictions et d'imprécisions. L'urbanisation des collines doit conduire à un impact considérable sur les chemins et les routes. On a donc prévu des emplacements réservés partout, au profit de la commune, même sur les routes qui n'appartiennent pas à la Ville. Comment Aubagne va payer le foncier ? Aujourd'hui, on n'investit même pas pour l'entretien minimum des voiries et, demain, on va trouver les moyens de refaire toutes les routes et les voies ? Sans compter la destruction de l'environnement paysager de la commune.

Le futur "Chrono bus" sur la RD2 ne pourra pas cohabiter avec la circulation très dense d'aujourd'hui sans des travaux considérables. Qui va payer ce délire, bien plus cher, en bout de course, que le tram et dix fois moins efficace en terme de transport collectif et d'environnement ?

Les propositions de multiplication d'échangeurs autoroutiers, de passages sur et sous les autoroutes sont dignes d'un film de science fiction. Quand on sait le rythme pour créer un échangeur ou une sortie d'autoroute, 15 à 20 ans pour celui de Belcodène, le PLU sera revu avant que les premières études ne soient validées.

378 hectares pour les villas des très riches

Dans le domaine de la construction, c'est la reprise de l'urbanisation du Piémont du Garlaban, c'est le choix du pavillonnaire et de l'étalement urbain, c'est la décision, contrairement à ce qu'impose la loi ALUR, de construire là où, aujourd'hui, il n'y a pas de voiries adaptées, d'assainissement, de transport collectif, de collecte des ordures ménagères...

On autorise une emprise au sol de 20 % et une hauteur de 7 mètres, pour un terrain de 1000 m², on pourra construire des villas de 400 m² sur deux niveaux, à, au moins, 700 000 €. Les Monégasques, on vous attend.

Les zones pavillonnaires, à faible densité, vont progresser de 378 hectares. Peu importe s'il y a ou non l'assainissement, on va autoriser les fosses septiques. Comme au milieu du siècle dernier. Même dans le plus petit village corse, on exige aujourd'hui le raccordement au réseau.

Avis défavorable de l'ARS

D'ailleurs, précisons à cette occasion que Gazay a "oublié" de mentionner l'avis défavorable de l'ARS (Agence Régionale de Santé) pour les zones à urbaniser non desservies par l'assainissement.

Rajoutons que les services de l'Etat font observer que la "consommation" de 22 hectares de zone naturelle dans le secteur de la Tuilière ne sont pas justifiées au vu des risques d'incendie et des faibles équipements. Mais n'est-ce pas là un simple affichage pour faire croire qu'on tient ses engagements de campagne, en attendant que l'Etat désavoue ? C'est tellement mal argumenté que cela y ressemble, même si on prend en compte l'incompétence des "cadres marseillais" qui gouvernent Aubagne depuis deux ans.

Le secteur des Gargues est à peine cité, sans véritable précision. Ce qui rend cette immense zone inquiétante. La seule mention d'une mixité commerce/logement ne peut pas suffire dans une zone de cette importance.

Concernant les terrains à vocation agricole du pied du Garlaban et de La Louve, rien n'indique que les mouvements de sol ne soient pas possibles.

Après notre premier article sur le PLU (à lire ici), voilà de nouveaux éléments qui devraient alimenter bénéfiquement l'enquête publique et les recours éventuels.

Antoine Monticellu

 

 

 

 

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