Val'Tram : l'oraison funèbre de la métropole

On s’en doutait, c’est désormais officiel : le Val'Tram est mort et enterré. En prélude au conseil de territoire d’hier soir, la présidente du conseil de territoire Sylvia Barthélémy a voulu un débat sur le devenir de ce projet. En guest star, Jean-Pierre Serrus, vice-président de la Métropole chargé des transports, a d'emblée planté le décor : l’autorité unique de transport, c’est la métropole.

Et de préciser que les projets des territoires, voire des « bassins » ne sont pas forcément d’intérêt métropolitain. Et ce n’est pas parce qu’un projet figure dans l’Agenda de Mobilité qu’il sera réalisé. En résumé : on fait ce que l’on veut. Et justement du Val'Tram, Jean-Pierre Serrus n’en veut pas : « le projet est passé de 90 millions € à 150 millions €. Pour la Métropole, la participation est passée de 50 à 100 millions €. Insoutenable ! ».

Donc c’est non pour ce projet. Le vice-président demande alors au directeur du service transport de présenter la solution alternative de la métropole, qui s’articule en trois axes :

* un « métro-express » (en fait, "une navette" reprendra Joëlle Melin) reliant Aix à La Ciotat par autoroute, en passant par Aubagne et le Camp de Sarlier. Des aires de rabattement des bus de l’agglo sur... les aires d’autoroute, des passerelles pour que les piétons la franchissent. Un vrai poisson d'avril avant l'heure ! Même lui n’y croyait pas.

* le chronobus, sur le trajet de l’actuelle ligne 1

* vers l’ouest, poursuite du tramway de Camp-Major vers la Penne-sur-Huveaune, avec à terme une jonction avec le tramway de Marseille à La Barasse, « comme envisagé il y a quelques années ».

Après cette brillante démonstration, la parole est donnée aux maires qui de façon unanime, le maire d'Aubagne mis à part, rejettent ce projet. Le métro-express ne répond pas aux besoins des populations : on n’a pas besoin de liaison vers Aix mais de proximité pour les déplacements quotidiens ; l'autoroute est saturée ; seul le Val'Tram répond aux besoins de développement du territoire en matière de logements et d’aménagements.

Certains sont plus percutants : "la Métropole n’apporte rien de bon" ; "les territoires sont étranglés" ; "l’intérêt métropolitain va contre l’intérêt des communes" assène Yves Mesnard, maire de Roquevaire. C’est un "déni de démocratie" déclare Patrick Pin, maire de Belcodène, après toutes les réunions de concertation du comité des usagers, les comités de pilotage. "Le projet de Val'Tram a été élaboré avec les citoyens du territoire ; on peut dire adieu à la gratuité ».

D’autres mettent en évidence le gaspillage financier : études, perte de subvention. Et réclament de revenir au projet initial du Val'Tram, voire du tram-train. Daniel Fontaine dénonce un projet de technocrates qui ne prend pas en compte les besoins des populations ni la parole des maires.

Muriel Henry (La Bouilladisse) voit dans le « métro-express » un projet totalement irréaliste et inutile pour les habitants. Et de souligner que l’on demande des sacrifices aux communes qui souffrent le plus du manque de transport en site propre. Elle pointe aussi la responsabilité de la ville d’Aubagne dans l’explosion du coût du projet. 

GAZAY en fossoyeur du Val'tram

Et le maire d’Aubagne justement ? Après une tentative de diversion, « j’ai toujours été contre la Métropole » (oui oui, absolument ! chacun se souvient de Gérard Gazay debout sur les barricades avec Maryse Joissains, le poing levé et la mine farouche...), le maire d'Aubagne concède, finalement pas très à l’aise, qu’il s’est opposé au tracé du Val'Tram par les Défensions (ndlr : le tracé le moins coûteux), mais que, par solidarité avec les communes de l’Etoile, il a autorisé l’étude d’autres tracés, qui se sont avérés bien plus coûteux. Et d’affirmer que si des économies doivent être faites sur ce projet, ce ne sera pas dans la traversée d’Aubagne. La solidarité a ses limites ! Et de conclure : puisque la Métropole dit que le Val'Tram ne se fera pas, "je regarde ce projet alternatif et je lui trouve quelques atouts".

Approbation du vice-président Jean-Pierre Serrus, qui va ensuite faire la leçon aux maires : vous ne connaissez rien aux problématiques de transport, tout ira bien pour vos habitants, la métropole s’occupera des problèmes liés à l’aménagement des territoires… Tout en prenant soin de ménager son ami Gérard Gazay : « tu as raison de le dire… » « je m’engage, comme le demande le maire d’Aubagne, à réunir le comité de pilotage… ». Bref, la métropole réglera tout, comme elle le fait depuis deux ans : sur le dos des communes...

Sauf que Gérard Gazay n’a jamais demandé la réunion du comité de pilotage ! En validant le projet le plus onéreux, Gérard Gazay a fait un tour de passe-passe avec son ami Jean-Pierre Serrus, sachant pertinemment que la métropole n’accepterait jamais un tel niveau de financement.

Reprenant les arguments avancés par les maires, Sylvia Barthélémy a essayé, non sans pugnacité, de faire la démonstration de la viabilité du Val'Tram, qui fait souligne-t-elle, l’unanimité des maires du territoire et au-delà (Cassis, La Ciotat, Gréasque), et de s’interroger : « est-ce que l’intérêt métropolitain, ce n’est tout simplement pas l’intérêt des gens ? ». 

On a un peu du mal à y croire, elle qui déroule depuis 3 ans le tapis rouge à Gaudin en ignorant les mises en garde de l’opposition ou les réticences de certains maires. Contrairement à Gazay, Sylvia Barthélémy ne renonce pas au Val'Tram, et s'inquiète des aménagements qui pourraient être entrepris sur le tracé par la métropole et qui rendraient définitivement impossible la réalisation du Val'Tram. Et de promettre d’engager une consultation des citoyens sur le devenir du Val'Tram, qui déterminera sa position : si la population n’en veut plus et se contente du « métro-express »…

Une porte de sortie entrouverte ?

Diego de la Vega

Cuges: Destrost fait l'autruche

destrot autruche

Conseil municipal animé jeudi soir à Cuges avec les orientations budgétaires de la commune pour les années à venir et le rapport de la chambre régionale des comptes (CRC). Et on peut dire que le maire de Cuges fait le grand écart entre les recommandations de la CRC et ses prévisions d’investissement pour les années à venir.

Lire la suite : Cuges: Destrost fait l'autruche

Coup monté au conseil municipal

Au conseil municipal du 13 mars, nous avons eu droit à une "Grande révélation" de Gazay et de son adjointe aux finances, avec l’appui de Barthélémy, sur la décision judiciaire qui condamne la ville d’Aubagne à payer la totalité de l'emprunt dit "toxique" contracté auprès de la banque RBS (Royal Bank of Scotland).

A quelques jours de l’ouverture du Festival International du Film d’Aubagne, Gazay se transforme en mauvais metteur en scène.

Rien de nouveau sur la dette d’Aubagne puisque cette somme était déjà inscrite dans les budgets précédents. Cette opération médiatique permet à l’équipe Gazay, une nouvelle fois, de dégager en touche vers la gestion précédente.

Nous reviendrons sur le fond sur cette question et nous vous renvoyons sur nos articles précédents concernant la dette d'Aubagne.

Ce qui est scandaleux - qui a été dénoncé par les élus d’opposition (je ne parle évidemment pas des élus socialistes – modem – en marche) - c’est la manière dont le militant "LR" Gazay se sert de son mandat de maire et du conseil municipal pour faire de la basse manœuvre d'un mauvais politicien.

Gazay se sert de son mandat de maire pour des manoeuvres politiciennes

En effet cette question d’une décision judiciaire qui concerne les finances de la ville n’a même pas été mise en débat à la commission municipale des finances, pas plus qu’elle n’a fait l’objet d’un point à l’ordre du jour du conseil municipal de ce 13 mars 2018. Le contenu du jugement n'a même pas été donné aux élus en ouverture de la séance, alors qu’il était connu par le maire depuis le 19 janvier et qu’il a été délibérément tenu secret.

Ce qui aurait permis à l’ensemble des élus d’en prendre connaissance préalablement afin d’en débattre. Par contre les militants de l’équipe municipale en avaient été informés et mobilisés pour faire la « claque » dans la salle.

Une décision financière tenue secrète par le maire

Tout au long de ce conseil municipal c’est le mépris des élus de la majorité envers ceux de l’opposition qui a prévalu. Les délibérations sur l’urbanisme sont révélatrices de ce mépris. On demande au conseil municipal de voter des chèques en blanc sur des modifications du PLU sans en connaitre le contenu.

Les élus d’opposition qui interviennent pour demander des explications ou émettre un désaccord sont insultés, notamment lors des propos scandaleusement machistes de Rousset (mais peut-on attendre autre chose de ce triste personnage ?) à l’encontre de Madame Giovannangeli.

De même l’élu frontiste est traité d’incompétent alors qu’il cite des chiffres issus de la propagande municipale, sans vouloir défendre les positions nauséabondes que porte son mouvement.

Propos insultants et machistes de l'équipe à Gazay vis à vis de l'opposition

Ce conseil municipal n’est qu’une chambre d’enregistrement et de gesticulation politicienne pour cacher aux Aubagnais l’incompétence de cette équipe municipale.

Dans les magouilles politiciennes de mardi soir on a pu également constater, une nouvelle fois hélas, que les élu.e.s socialistes (mais que sont-ils aujourd’hui ?  Socialistes ? Modem ? En marche ? …) sont bienveillants à l’encontre de ce mode de fonctionnement et que Gazay le leur rend bien.

Le dégagisme reste d’actualité à Aubagne.

Peter Pan

Info Rousset : le Val'tram à Aubagne en 2018

 

Dans le numéro de "Businews" de février 2018, consacré à la mobilité à Aubagne, un article annonce l'arrivée du Val'Tram dès cet année.

Le magazine "Businews" s'est déjà distingué par une interview de Gazay qui pour illustrer la "nouvelle" activité du centre ville a choisi une photo du cours Foch (patinoire et animation commerciale) qui date de... 2010, sous le mandat de Fontaine (voir notre article "Pour parler de son bilan, Gazay montre celui de Fontaine").

Ce journal de l'Union Patronale des Bouches du Rhône est un mensuel, vendu théoriquement 4€, mais que personne n'achète. Il est distribué dans les institutions, les entreprises, les organismes de formation patronaux. 

C'est la publicité qui paie. Par exemple, on vient proposer une interview au maire d'Aubagne... qui s'en réjouit. L'article est un vrai publi-reportage et en échange on y trouve trois pages de publicité : une payée par les contribuables aubagnais, une autre par le Conseil de Territoire et une dernière par La Varappe.

Au passage, on apprend dans cette dernière publicité que La Varappe emploie 4 000 salariés. On peut proposer à toutes les Aubagnaises et tous les Aubagnais sans emploi d'aller frapper à leur porte, il doit y avoir un peu de places pour elles et eux.

Dans ce numéro de février 2018 (vous avez bien lu : février 2018), Alain Rousset, 1er adjoint au maire, en photo tout sourire, affirme : "La voiture ne doit plus régner en maître" et quelques lignes plus loin on nous annonce : "2018 sera également l'année de l'arrivée du Val'Tram à Aubagne".

Or, tout le monde a eu l'information, ni Gaudin, ni la Métropole n'ont donné le feu vert. On ne sait pas si ce projet verra le jour, mais on sait que ce ne sera certainement pas pour 2018.

On comprend mieux pourquoi le maire a expédié son 1er adjoint hors des locaux de la mairie (voir article). Il a cependant, sur la gratuité des transports à Aubagne, une formule plus prudente, il dit : "elle est confirmée", mais il précise : "...pour 2018".

Antoine Monticellu

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