Agglo : qui pilote ?

Dans la plus grande précipitation et avec une improvisation totale, le bureau de l'agglo, dans sa séance du 14/10 au matin, vient de prendre une série d'orientations qui confirment que le bateau tangue dangereusement.

La première décision, c'est l'annonce de Sylvia Barthélémy de demander la convocation immédiate du conseil métropolitain (voir l'article de Gaby Monnier). L'Union des Maires est contre, tou.te.s les autres président.e.s d'agglo aussi, pour la bonne et simple raison que personne ne souhaite anticiper une catastrophe et se retrouver tout de suite sous la coupe de Marseille.

Georges Cristiani, président de l'Union des Maires rappelle : "Ce qu'a fait Barthélémy n'est pas conforme aux positions des cinq autres présidents d'agglomération ni de l'Assemblée des maires".

Visiblement la guerre ouverte Gazay/Barthélémy oblige la présidente à imaginer des "coups politiques" qui la replacent au centre des décisions, pour la répartition des postes bien sûr, pas pour l'intérêt du territoire.

Maryse Joissains, présidente de la communauté du pays d'Aix, lâche : "C'est pitoyable, médiocre et pathétique, je ne sais pas quel sucre d'orge a été promis à Barthélémy". Et un autre élu important du département lui souffle : "Elle sera récompensée par un poste important, elle peut être rassurée".

La presse qui juge la présidente de l'agglo d'Aubagne "fragile politiquement", laisse penser qu'en offrant "spontanément" la métropole à Marseille, elle a, ainsi, sauvé son poste de présidente du futur conseil de territoire du pays d'Aubagne et de l'Etoile, face aux appétits de Gazay.

Mais ce n'est pas fini, il faut, aussi, habiller tout cela pour donner le sentiment que l'on se préoccupe des communes et de leurs habitants.

Cédant aux menaces du maire d'Aubagne qui veut remettre en cause les zones agricoles, le prochain conseil communautaire va proposer la révision du SCOT (Schéma de COhérence Territoriale).

C'est totalement incohérent quand on sait que, dans deux mois, c'est la Métropole qui aura la main et donc que la décision de l'agglo sera sans effet. Mais aussi que la révision du SCOT va durer 2 ans et que cela va repousser d'autant le PLU d'Aubagne. Sans doute, une belle esquive pour les élus aubagnais : "Ce n'est pas moi, c'est l'autre", sur l'air de Lavrilleux/Sarkozy/Bygmalion.

Et "le clou" du bricolage et de l'amateurisme ambiants, c'est la proposition de transformer la Société Publique Locale "Façonéo", aménageur public du territoire, en une SPL qui aura la compétence transport pour gérer la gratuité et la voie de Valdonne (que la SNCF ne veut toujours pas vendre). En deux mois ? La Délégation de Service Public de Véolia est transférée ? Et avec la bénédiction de la Métropole qui aura récupéré la gestion des transports publics ? Qui va y croire ?

Pas très sérieux tout ça. Abracadabrantesque ! Mais comment faire pour brader et liquider le territoire tout en donnant le sentiment de le défendre et d'y être attaché. Et tout ça sur fond de violentes hostilités entre le maire d'Aubagne et la présidente de l'agglo.

On pourrait en rire, si ce n'était pas dramatique pour l'avenir du pays d'Aubagne. Le tramway risque de garder ses 2 kilomètres et demi, la voie de Valdonne, à l'exemple de la L2 à Marseille, se réaliser dans plusieurs décennies et la gratuité d'être, très vite, remise en cause.

Mais cela, c'est sans compter sur la mobilisation citoyenne et l'action des élus progressistes de ce territoire.

 Antoine Monticellu