En direct du Conseil Municipal d’Aubagne

Si l’on veut avoir la confirmation que quelque chose a changé à Aubagne, il faut se rendre au Bras d’Or un soir de Conseil Municipal.

D’abord l’atmosphère. A quelques mètres de l’entrée, six policiers municipaux, gilets pare-balles bien visibles et tous muscles dehors me toisent avec un mélange de mépris et d’arrogance. Je lis dans leurs regards : « Qu’est-ce qu’il fait là lui ? ».

Ensuite la salle. Sentiment d’étouffement. Elle est bondée. Pour une séance d’un 11 juillet, sans délibérations particulièrement stratégiques, plus un siège de libre. Je jette un regard circulaire sur l’assistance. Un vertige me prend. Les tenues vestimentaires, les coiffures, les attitudes me font douter un instant : ne me suis-je pas, par mégarde, introduit dans une quelconque réunion préparatoire à la prochaine Manif pour Tous ? Ouf ! J’aperçois, disséminés dans la salle, quelques camarades à la mine fermée et au regard un brin désabusé. Des employés municipaux sont aussi dans la salle. Certains me saluent chaleureusement.

Les débats ont commencé. J’observe le Chef de Meute. Il trône, bouffi d’orgueil et de mépris, entouré de ses Adjoints qui, pour certains, semblent se demander ce qu’ils font là. Les délibérations défilent. Peu ou pas de débats. L’opposition Arc-en-Ciel semble sonnée. Délibération relative à la subvention attribuée à l’association « Tétines et Biberons ». Elle est en baisse de 20%. Le nouveau Maire nous explique qu’il a reçu le Président de l’Association et que celui-ci comprend tout à fait la position de la nouvelle équipe municipale. Pas de débat. C’est vrai que, par les temps qui courent, les Présidents d’associations sont de vrais kamikazes, des saints, des héros sur le banc des sacrifiés volontaires. Ils mettent leur tête sur le billot, sans broncher. Peu importe leur missions, leurs équipes, l’énergie qu’ils ont déployées depuis des années… et surtout, les adhérents et citoyens qui donnent du sens à leurs actions… Moins 20% : zéro problème !!! On y croit !!! Dossier suivant ! Enfin, voilà la délibération consacrée aux nouveaux rythmes scolaires. Magali Giovannangeli condamne la remise en cause de la gratuité. Elle tente, sous les regards moqueurs de la Majorité et les murmures réprobateurs de la salle, de faire entendre que l’école n’est pas une marchandise.

L’idée de Gazay, s’il est permis d’accoupler ces deux mots, c’est de démontrer que la situation financière de la Ville exige des efforts et que tout le monde doit contribuer au plan de rigueur. Voilà un credo qui, pendant six ans, va justifier la baisse des subventions aux associations, la diminution drastique des aides sociales aux plus démunis, la suppression d’emplois publics. L'ennui et la fatigue me gagnent. Ce Conseil Municipal est aussi passionnant que le dernier Pays-Bas / Argentine en demi-finale de Coupe du Monde.

Camarades rédacteurs de Mèfi, on tire à la courte paille la prochaine fois ? 

David JAME