Conseil municipal : le tango des élus (1)

En direct du Conseil Municipal : Séance du 29 juin 2015

Notre traditionnelle chronique décalée du Conseil Municipal d’Aubagne revient avec une séance du 29 juin particulièrement longue (4 heures de débats), mouvementée (avec la présence remarquée des « parents en colère ») et cela, dans la chaleur moite de ce début d’été. Comme d’habitude, nous conclurons notre compte rendu par un Verbatim. Mais pour la mise en bouche et pour coller à l’actualité culturelle, rendons hommage au grand Renaud (dont on annonce un prochain album) en revisitant le casting du Conseil Municipal à travers quelques chansons spécialement sélectionnées pour l’occasion.

Mais qu’est-il arrivé au Maire virulent (et parfois même agité) des précédents Conseils Municipaux. M. Gazay a-t-il été victime d’un coup de pompe prè-vacances ? A-t-il été impressionné par la mobilisation des parents d’élèves et par une salle plutôt hostile (c’est nouveau). Quoi qu’il en soit, il a semblé en retrait, détaché, tout au long d’une séance pourtant mouvementée. Peut-être une nouvelle stratégie ? Nous ne pouvons cependant pas nous priver de lui dédier ces quelques paroles :

« Toi, tu m’fous les glandes,
Pi t’as rien à foutre dans mon monde,
Arrache-toi d’là, t’es pas d’ma bande,
Casse-toi, tu pues, et marche à l’ombre »
Renaud Séchan, « Marche à l’ombre », 1980. Album Marche à l’ombre

La torpeur de Gérard Gazay a semblé dynamiser Sylvia Barthélémy. Au point qu’elle est intervenue sur tout et souvent n’importe quoi, annonçant la création de 5000 emplois, prenant la parole hors micro, répondant à des questions que personne ne lui posait. Le chant du cygne avant son absorption par la Métropole ? Cela mérite un petit message d’adieu :

« Sous tes cheveux beaucoup trop blonds,
Décolorés ça va de soi,
T’avais une cervelle de pigeon,
Que j’aimais pas, que j’aimais pas »
Renaud Séchan, « Adieu Minette », 1977, Album Laisse béton.

Fidèle à ses habitudes, Léo est resté muet tout au long de la séance. A peine a-t-il relevé un sourcil lorsque Denis Grandjean lui a rappelé qu’il était censé représenter la Ville au sein du Syndicat Mixte d’Energie du Département (SMED), ce qui en dit long, au passage, sur l’intérêt que porte la majorité municipale aux questions d’écologie…

Peut-être songeait-il, lui le passionné de foot, à la délicate période que vit l’OM en matière des transferts…

« T’en a pas marre de ces marioles
T’en a pas marre d’leurs tronches de rats
J’lui réponds j’en ai rien à foutre,
Mais j’veux pas rater télé-foot »
Renaud Séchan, « J’ai raté Télé-foot », 1981, Album Le retour de Gérard Lambert

L’élu socialiste s’est fait discret (ce qui est devenu une habitude depuis qu’il est dans l’opposition). Mais cela ne l’a pas empêché de voter la délibération relative au nouveau règlement des restaurants scolaires et de s’abstenir sur la délibération qui entérine une baisse de subvention de 20% pour la MJC…

«  Il était socialiste
S’méfiait des écologistes
Détestait les communistes
Et les dentistes »
Renaud Séchan, « Socialiste », 1988, Album Putain de camion

Joëlle Melin a fait…du Joëlle Melin. D’une voix tremblante, elle a promis le pire pour Aubagne, la France, le monde, l’espèce humaine. Ses délires paranoïaques l’ont même conduit à faire un amalgame indécent entre les actes terroristes et ce qu’elle estime être les échecs de l’éducation populaire (incarnée à ses yeux par cette MJC qu’elle aime détester). Face à elle Mme Thatcher apparaîtrait presque comme une humaniste…

« Dans cette putain d’humanité
Les assassins sont tous des frères
Pas une femme pour rivaliser
A part peut-être, Madame Thatcher »
Renaud Séchan, « Miss Maggie, 1985, Album Mistral Gagnant

Une fois n’est pas coutume, ils étaient minoritaires dans la salle. Cela les a conduit à adopter une attitude toute en retenue. Mais leurs moues lorsque les « parents en colère » se sont manifestés témoignaient d’une hostilité à peine feinte.

« Camarade bourgeois,
Camarade fils-à-papa,
T’as vraiment pas l’air con,
Quand tu sors le dimanche,
Ton petit complet veston
Et ta chemise blanche,
Regarde-toi ah ah ah
Regarde-toi ah ah ah »
Renaud Séchan, « Camarade bourgeois », 1975, Album Amoureux de Paname 

Une vraie gueule de l’emploi. Le sourire permanent (et carnassier) trahit une tension à peine contenue. Après avoir exercé ses talents de liquidateur dans le privé (il était chargé de mettre en œuvre des plans sociaux en qualité de consultant), il est désormais en première ligne quand il faut évincer des agents municipaux trop peu malléables.

« D’ailleurs, on lisait dans ses yeux
Qu’pour qu’y soit bien fallait qu’on l’craigne,
Si tu rentrais pas dans son jeu,
Putain, c’que tu r’cevais comme beignes,
C’était une teigne »
Renaud Séchan, « La teigne », 1980, Album Marche à l’ombre 

Comme toujours, M. SCHIPANI avait préparé ses effets. Au détour d’une délibération sur le Conseil Municipal des Jeunes, sa grande œuvre (pauvre jeunesse !), il a lu, sans détourner son regard d’un texte qu’il avait laborieusement préparé, un chapelet d’insultes et d’invectives destinées à l’ancienne équipe municipale. Giovanni Schipani, ce jeune qui fait de la politique comme les vieux….

« C’est Jojo l’démago
L’président des gogos
Qui fascine les pequ’nots
Quand il danse le tango »
Renaud Séchan, « Jojo le démago », 1977, Album Laisse béton

L’élu MODEM semble en avoir terminé avec sa révolution. Son intervention justifiant son vote favorable au nouveau règlement intérieur des restaurants scolaires nous a rappelé que son passé d’homme de droite avait peut-être un avenir.

« Il aime rien, même pas les copains
Pis il dit qu’il est las
De trainer sa carcasse
Dans c’pauvr’ monde tout
Dans cette pauvr’vie sans vie
Il s’ennuie Mimi… »
Renaud Séchan, « Mimi l’ennui », 1980, Album Marche à l’ombre 

Plutôt discret l’élu à la sécurité. Sans doute que ses dernières sorties (ratées) en Conseil municipal ont conduit ses mentors à lui demander de la mettre en veilleuse. Nous ne nous en plaindrons pas et lui dédions ces quelques rimes qui lui vont comme un gant :

« Il s’prend pour un vrai mec mais
Il craint un p’tit peu
Pour tout dire il est presque à la limite
Du hors-jeu
Mon beauf mon beauf »
Renaud Séchan, « Mon beauf », 1981, Album Le retour de Gérard Lambert 

Toujours aucune prise de parole en 7 ans de Conseils Municipaux ! Sa désignation, l’année dernière comme Adjointe au Maire déléguée à la Solidarité n’a rien changé. Elle reste, imperturbablement, spectatrice. Un destin à la Léo Mournaud lui semble promis….

« La doudou,
Elle s’en fout,
Au mois d’août,
Elle met les bouts »
Renaud Séchan, « Doudou s’en fout », 1983, Album Morgane de toi

 

VERBATIM

(Le meilleur des pires déclarations du Conseil Municipal – Séance du 29 juin 2015) 

 

Bonnes Vacances et rendez-vous au prochain Conseil Municipal

David JAME

 

 

[1] « Et dire que chaque fois que nous votions pour eux,
Nous faisions taire en nous ce cri "Ni Dieu ni maître !".
Dont ils rient à présent puisqu’ils se font dieux.
Et qu’une fois de plus nous nous sommes fait mettre ».

Renaud Séchan, « Le tango des élus », 1991, Album Marchand de cailloux.