Un maire philosophe


Cela a sûrement échappé à la majeure partie d'entre vous mais, il y a quelques semaines,  Aubagne a eu les honneurs d'un média national. Sous le titre un brin racoleur «Des municipales aux départementales, règlement de comptes à OK Aubagne», le média en ligne Slate a publié, le 19 mars dernier, un article sur la vie politique aubagnaise.

Si le fond de l'article ne présente qu'un intérêt mineur, le document nous offre cependant quelques pépites prononcées par notre Maire, que je ne peux m'empêcher de vous livrer.

Pour présenter notre Ville, Gérard Gazay commence par rendre un hommage involontaire à l'ancienne équipe municipale : « Aubagne, c'est une ville provençale de 47 000 habitants qui a conservé son esprit village avec ses grandes places et ses platanes ». Au-delà de l'aspect très « cliché » de cette présentation, le Maire Gazay se pose en contradicteur de l'ex-conseiller municipal d'opposition Gazay qui n'avait de cesse de dénoncer Aubagne comme une ville dortoir ayant perdu son âme provençale. Mais le plus intéressant est à venir.

Avec l'assurance qui le caractérise, Gérard Gazay revient ainsi sur les résultats des élections municipales de 2014 et s'affirme comme un mathématicien hors pair : «Moi j'aime la vérité des chiffres et je ne me défile pas : au premier tour, j'ai fait 42% et Fontaine 37%. Le FN lui fait 21%. Au deuxième tour, le FN perd 10 points. Fontaine fait 42% et moi 53% ».

Premier constat, on peut « aimer la vérité des chiffres » et ne pas maitriser les opérations élémentaires. Si l'on suit la démonstration de Gérard Gazay, le total des suffrages exprimés au second tour des municipales à Aubagne est de... 106% (53+42+11). Mais à ce problème comptable s'ajoute un trouble de la mémoire qui pourrait inquiéter un étudiant en première année de neurologie : le score de Gazay au premier tour en 2014 était de 24,6% (et non 42%) et son score au deuxième tour de 47,5% (et non 53%).

Enfin, dans un souci de conclure brillamment son exposé, notre maire UMP se lance dans une tirade sur les valeurs qui ferait pâlir les grands esprits qui ont jalonné l'histoire des idées politiques : « Dans mon programme, je veux travailler sur la proximité et le rayonnement. Et à Aubagne, qu'est-ce qui est porteur de valeurs ? La légion étrangère, les santons, la céramique et Marcel Pagnol ». Voilà des valeurs universelles qui vont sans doute révolutionner la pensée politique.

Un individu qui maîtrise à ce point les mathématiques et qui excelle en philosophie ? Bon sang mais c'est bien sûr ! Après 400 ans d'attente, Blaise Pascal tient enfin son héritier.

David Jame