Bilan Gazay : Bien vivre ensemble

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Il est des missions dont l’ingratitude suscite la compassion. Mettons-nous à la place de l’individu chargé de rédiger le bilan de Gazay en matière de politiques de solidarité. Que dire, que valoriser, alors que le mandat municipal en la matière navigue entre le vide sidéral et le trou noir ? Nous devons ici saluer l’abnégation de l’anonyme rédacteur qui, dans le désert des actions réalisées au cours des six dernières années en faveur des plus vulnérables, essaye péniblement d’aligner quelques lignes accompagnées de jolies photos.

Pour les personnes âgées, l’action phare est la création de l’ « Espace du Bel Age ». Problème, ce lieu a été inauguré en 2008 par Daniel Fontaine sous l’appellation de « Pôle Séniors ». Le changement de nom d’un lieu déjà existant comme seule réalisation du mandat pour nos aînés ? Un peu court pour un public que l’on se doit de choyer à l’approche des élections. Alors on décline des phrases pompeuses (« déploiement des dispositifs d’accompagnement des personnes en perte d’autonomie », « nouveaux dispositifs de lutte contre l’isolement et accompagnement des personnes isolées ») sans préciser le contenu de ces actions, les moyens mis en œuvre ou le nombre de personnes touchées. On évoque un nouveau fonctionnement de la RPA (Résidence pour Personnes Agées Les Taraïettes)  et de nouvelles prestations d’aide au maintien au domicile mais on se garde bien de préciser que les crédits que la Ville octroie chaque année au CCAS, établissement en charge de cette résidence et de ces prestations, ont été sensiblement diminués en 6 ans.

Deux lignes sont ensuite réservées aux initiatives développées en faveur des personnes porteuses de handicap. La première fait référence au plan d’accessibilité des bâtiments municipaux (pas le choix, c’est une obligation légale !) et la deuxième à l’organisation de la manifestation « L’art des possibles ». C’est tout ? Oui, c’est tout… et sur un mandat de 6 ans !

Vient ensuite le chapitre consacré à la Santé où, après la classique réappropriation d’actions initiées par ses prédécesseurs (Forum Santé Jeunes, Octobre rose, Observatoire local de la Santé), M. Gazay se glorifie de la subvention d’un million d’euros accordée par le Conseil Départemental au Centre Hospitalier Edmond Garcin. Il se garde bien de faire référence aux nombreux combats citoyens menés depuis 6 ans pour préserver et développer notre Hôpital Public. Normal, il n’en était pas…

Enfin, le fond est touché lorsque que le bilan aborde les actions « envers les plus fragiles ». Trois lignes, pas une de plus, que nous pouvons nous permettre de citer in extenso :

Notre courageux rédacteur s’est permis de préciser, en introduction de ce bilan désastreux : « personne n’a le monopole de la solidarité ». La référence à un ancien Président de la République est explicite. Pour illustrer le bilan de Gazay en matière de politique de Solidarité, à Giscard, nous préférons Voltaire : « On parle toujours mal quand on n’a rien à dire ».

Pierre Robes