Bilan Gazay : Engagée dans l'écologie positive

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Depuis que Nicolas Hulot a disparu des radars, nous cherchions, avec une fébrile impatience, le nouvel héraut de la cause écologiste. Greta Thunberg ? Trop jeune, trop agitée. Michel Serres ? Trop vieux, trop intello…et surtout, décédé l’année dernière. José Bové ? Trop militant, trop agressif. Et puis, pourquoi aller chercher très loin ce que l’on peut trouver près de chez soi ?

Le nouveau champion de la cause environnementale, c’est Gérard Gazay et son laboratoire vertueux, c’est Aubagne-en-Provence ! C’est, toute honte bue, ce que tente de nous faire gober le maire-candidat dans son bilan en papier glacé (non recyclable) qui présente, photos à l’appui, les plus belles réalisations de son mandat sous le chapitre modestement intitulé « Une ville engagée dans l’Ecologie Positive ».

Avant de décliner les contributions de ce grand humaniste à la sauvegarde de notre planète, arrêtons-nous un instant sur le concept d’ « écologie positive ». L’expression sonne un peu comme un pléonasme car on a du mal à imaginer ce que pourrait être une « écologie négative ».  Quand on pousse la recherche, on découvre que ce concept a été élaboré par un cercle de pensée néo-libéral pour se démarquer des écolos un peu trop transgressifs (qui osent mettre en cause la responsabilité du système capitaliste) tout en essayant d’en retirer des bénéfices électoraux... pour faire tout sauf de l’écologie ! C’est malin mais un peu gros. 

A Aubagne-en-Provence, selon Gérard Gazay, la meilleure illustration de l’écologie positive, c’est le Plan Local d’Urbanisme (PLU) adopté en 2016 : « Notre vision et notre ambition en matière de lutte en faveur de la préservation de notre environnement et de sa biodiversité  prennent leur source à l’élaboration puis au vote de notre nouveau PLU ». Le label écologiste que s’auto-attribue Gérard Gazay repose donc sur sa politique d’urbanisme. La bétonisation d’Aubagne, du Piémont du Garlaban jusqu’aux Passons, serait donc la quintessence de l’écologie à la sauce Gazay.

Au-delà de ce joyeux foutage de gueule, le bilan municipal s’apparente davantage à un catalogue de promesses électorales qu’à une déclinaison des actions réalisées en six ans en matière environnementale. On retrouve ainsi, « le projet acté de valorisation des berges de l’Huveaune », « le projet acté de Chronobus », « le projet acté de transformation de l’ensemble du parc de bus en véhicules à gaz », « la validation du projet Val’tram », « le projet de création d’un parking relais » et même « des études pour la création de la future Maison du Vélo ». Le propre de l’Ecologie Positive réside peut-être dans la lenteur de ses réalisations… mais, à ce rythme, le dernier iceberg aura fondu quand M. Gazay réfléchira encore aux conditions de mise en œuvre de ses projets pour sauver la planète.

Deux raisons de sourire tout de même. Le bilan municipal se vante de faire « de l’enfance et de la jeunesse les ambassadrices de l’Ecologie Positive ». Grâce à qui ? Grâce à la Sogeres et à la qualité des repas servis dans les restaurants scolaires qui auraient permis d’atteindre 40% de produits bio et 50% de produits issus de circuits courts. L’incarnation de la mal-bouffe comme ambassadeur de l’Ecologie Positive ? Il fallait y penser…et Gazay a osé. 

Mais gardons le meilleur pour la fin. Notre Maire subitement écolo se félicite qu’Aubagne ait été choisie par son ami Muselier (encore un disciple de René Dumont) pour être ville pilote d’une opération visant à planter 1 million d’arbres en région PACA. Quand on sait qu’au cours de son mandat, et Mèfi l’a régulièrement relaté, Gazay a fait abattre des dizaines d’arbres (pour certains centenaires) pour satisfaire ses amis promoteurs, on se retrouve confronté à un dilemme : Faut-il en rire ou en pleurer ?

 Vivement demain !

Pierre Robes