Et si on parlait exemplarité des élus pour les municipales 2020 ?

La fin de l’année 2019 a offert aux Aubagnais un certain nombre d’évènements politiques dans la perspective directe des élections municipales. Entre faits divers et prémices de programmes électoraux, il y a des questions qui méritent d’être posées : quel·le·s élu·e·s voulons-nous en ces temps d’incertitudes sociale et écologique ?

Alors que tous les esprits sont tournés vers les bonnes résolutions pour l’année qui s’annonce, la période est également à la rétrospection et à l’heure des bilans de l’année qui vient de s’achever. Sans entrer dans une liste à la Prévert des évènements politiques marquants à Aubagne, il en est un qui a retenu notre attention : « L’affaire Schipani ». Le dépôt de plainte pour agression sexuelle s’est finalement soldé par un rappel à la loi. Voilà une conclusion qui n’appelle pas d’autres commentaires.

Au-delà de l’émoi, au final modéré au regard de l’émotion collective suscitée par la dégradation volontaire d’un buste en argile, tout Pagnol qu’il eut été, le comportement de l’adjoint à la jeunesse pose sur la place publique un sujet d’importance à 3 mois des élections municipales. Quid de l’exemplarité de nos édiles politiques locales ? Les experts du sujet s’accordent à dire que cette attitude est un attendu majeur du 21ème siècle. Et puisque l’équipe municipale en place s’est si souvent targuée de vouloir faire entrer la modernité dans la vie municipale aubagnaise, pourquoi ce silence assourdissant autour d’un écart de conduite qui jette le discrédit sur la droiture et la moralité de toute une équipe ?

De quoi parle –t-on ?

L’exemplarité n’est pas la perfection. Il ne s’agit en rien de se positionner au-dessus des autres, mais bien au contraire d’être avec les autres. Ce simple postulat appelle donc à une grande humilité de la part de nos élites politiques, chose que nombre de nos concitoyens ne parviennent pas ou plus à retrouver chez leurs élus locaux. Les conseils municipaux illustrent au plus juste et au plus triste à quel point les espaces de démocratie ne servent qu’à la mise en scène de lutte d’égos.

Etre exemplaire, c’est aussi et surtout, ne demander aux autres que ce que vous vous astreignez à faire vous-même. Cette définition semble aller de soi, elle est d’autant plus vraie que les études psychologiques chez les enfants montrent toutes que ces derniers sont particulièrement sensibles à l’attitude exemplaire des adultes qui les entourent. La piètre qualité des repas de la SOGERES est dès lors très difficile à justifier au regard de l’explosion des frais de bouche de nos actuels dirigeants aubagnais. L’exemplarité des leaders est d’autant plus importante lors de situation de crise pour lesquelles des efforts collectifs sont demandés afin d'en sortir. Et là encore, tout le discours récurrent sur l’état de la dette a fait perdre tout son sens à l’action municipale qui n’a jamais donné le sentiment que les hommes et les femmes au pouvoir s’appliquaient à réduire leur propre train de vie. Depuis 2014, la demande d’efforts a été constante mais sans effet miroir chez nos dirigeants locaux.

Dans un contexte instable et incertain tels que nous pouvons le vivre aujourd’hui, l’attente d’exemplarité est fondamentale. Elle tente de redonner du sens à ce que nous vivons. Des comportements vertueux que nous trouverons autour de nous, nous adopterons une partie de ceux-ci pour construire un avenir commun. Regarder quelqu’un faire quelque chose que nous jugeons difficile est un moyen « logique » pour nous persuader collectivement et nous rassurer sur notre capacité à réaliser cette tâche si ardue.

L’exemplarité, cette valeur si évidente et pourtant si difficile

Depuis la nuit des temps, et au plus profond de notre être, nous connaissons l’importance de cette exemplarité pour faire société. Et pourtant, élevée au rang de valeur et d’attitude, elle est particulièrement difficile à mettre en place. Dans la sphère politique qui nous intéresse, l’un des principaux freins est directement lié à l’exercice du pouvoir. Des études comportementales ont scientifiquement démontré que le pouvoir tourne les têtes et assèche les cœurs. Le pouvoir isole et bloque les « feedbacks » sur des attitudes peu vertueuses mais que l’entourage proche (la cour) s’interdira de critiquer. Le niveau d’empathie des leaders tend à baisser plus le temps de pouvoir augmente. La perception qu'ils ont des autres les conduit à réduire ceux-ci au rang d’objets. Les leaders connaissent une altération de leur comportement avec une moins bonne régulation des émotions, en particulier de la colère. Le portrait n’est pas flatteur et toute ressemblance avec des édiles actuellement au pouvoir n’est donc pas fortuite. La science ne ment pas.

Pour ces mêmes raisons, il est impératif que des garde-fous et des règles soient mises en place par les équipes qui voudront diriger la ville demain. A ce titre, quelques propositions avaient déjà été formulées dans un article paru dans Mèfi ! (Municipales 2020 : pour une charte des élus). Dans ses grandes lignes, il proposait l’élaboration d’une Charte, simple document de principe s’appuyant sur des actes forts tels que : un référendum révocatoire à mi-mandat, un strict contrôle des dépenses liés à la charge d’élu avec un remboursement au réel des frais engagés, une interdiction d’embauche des membres de sa famille, la fin des avantages en nature et invitations VIP conférant aux élus un statut de privilégiés du fait de leur proximité avec les hautes sphères publiques ou privées.

Aujourd’hui, sans doute faut-il aller plus loin. Il serait utile, voire indispensable, que les candidats déclarés aux municipales de 2020 en fassent un véritable axe de proposition au même titre que le développement social, l’économie, ou le commerce. De cette nouvelle profession de foi, dépassant la transparence quant au patrimoine des uns et des autres, dépend le nouvel élan démocratique qui fait tant défaut à nos systèmes politiques essoufflés. Nos concitoyens sont en souffrance et ont fait du Rassemblement national, anciennement Front national, une valeur refuge politique.

Charte ou axe programmatique des futures politiques publiques communales, il ne peut en être autrement pour rétablir la confiance perdue entre les citoyens, leurs élus et plus globalement leurs institutions.

José Da Silva

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