Conseil municipal : on aiguise les couteaux

Nous avons assisté au premier conseil municipal de campagne électorale, et ce en plusieurs occasions, nous y reviendrons dans ce compte-rendu. En commençant par une présence importante des élu-e-s et notamment par le retour de Mme Mélin que nous n'avions pas vue depuis quelques temps.

En début de séance, un hommage est rendu aux victimes des attentats du 13 novembre 2015, et... plus longuement (???) à Poulidor, décédé le jour même.

Il faut attendre la délibération n° 3 pour avoir un tranquille échange sur le rapport annuel en matière d'égalité Hommes Femmes. La majorité par la bouche de Rousset parlant de pourcentage ce qui l'arrange puisque sont intégrés les postes de contractuels essentiellement occupés par des femmes et l'opposition qui évoque les avancements et les passages à la maîtrise où la part belle est faite aux hommes.

Vient ensuite un débat sur le rapport Développement durable.
Surprenant et long rapport car vous connaissez certainement le dicton populaire qui dit « la culture c'est comme la confiture, moins on en a plus on l'étale ».

Cette sagesse populaire, peut s'appliquer à l'équipe municipale actuelle dans le domaine de l'écologie (dans beaucoup d'autres domaines d'ailleurs).
Toujours par la bouche de Rousset, tout y passe. Urbanisme, transports, propreté, malbouffe, etc...

Avec l'art de récupérer ce qui a été fait par les municipalités précédentes et par le territoire d'Aubagne et de l’Étoile. Les exemples les plus frappants étant les containers enterrés et la mobilité. Les containers enterrés, c'est pas la municipalité. Pour la mobilité, tentative de récupération de la gratuité que la municipalité actuelle (qui n'y est pour rien) sera bien en difficulté de défendre.

Récupération aussi du Val Tram alors que le projet Tram Train (qui serait en service à l'heure actuelle) a été saboté, idem pour le précédent projet Val Tram flingué par les choix de Gazay.

Propreté et restauration, il n'y a qu'à ouvrir les yeux pour constater le décalage entre le discours et les actes.

L'opposition met en avant le patrimoine bradé, les rives de l'Huveaune qui seront mises à mal par le projet Val Tram, l'asphyxie du centre ville, l'instauration sans discernement des zones bleues. On peut constater que les blocs de béton poussent plus vite que les plantations d'arbres mises en valeur par beaucoup de publicités.

Pour finir sur ce point, il nous plaît de noter un lapsus de Rousset qui dans sa réponse voulant parler de Gustave Eiffel, prononce Gustave Hessel. Indignez vous M. Hessel, votre prénom est Stéphane.

Mais passons au plat de résistance de ce conseil municipal.

C'est bien sûr le débat sur les orientations budgétaires. Long copier-coller des années précédentes par Mme Menet. Que n'a-t-elle dit sur la diminution de près de 30 millions de la dette, et c'est sur ce point que viendront les réactions.

C'est contrairement aux us et coutumes Barthélémy qui entame les débats.

Chiffres à l'appui et avec l'attitude faussement pateline qu'on lui connaît, elle va dénoncer les manipulations de présentation de l'évolution de la dette. Sa conclusion étant que la dette n'a pas diminué, mais a même augmenté.

Gazay vire étonnament au rouge en accusant Barthélémy de ne dire que des inepties et de sous-entendre que la municipalité truque les comptes. La campagne des municipales a bien commencé.

Mélin enfonce le clou, et s'appuyant au passage sur une « très bonne page de Mèfi » (hé oui) prouve de la même manière la présentation fallacieuse de la diminution de la dette et affirme que seule la vente du patrimoine a permis d'équilibrer les comptes.

Arnoux fera une intervention où alterneront critiques et félicitations à l'équipe municipale faisant remarquer au passage que l'abaissement des taux d'abattement avait bel et bien conduit à une augmentation des impôts locaux.

Giovannangeli dénonce les effets d'annonce à chaque débat sur les orientations budgétaires depuis cinq ans, indiquant qu'elles ne sont jamais suivies d'effets. Elle conteste aussi la soi-disant absence d'idéologie dont se targue la majorité : "Vous répétez à longueur de temps que vous ne faites pas d'idéologie mais du concret, mais enfin c'est idéologique de décider de préférer la finance aux projets !" et de dénoncer encore la récupération sans créativité : "la plupart des dispositifs et actions existaient avant vous et vous vous les réappropriez sans rien inventer." Soulignant la détérioration du service public communal et l'abandon du mouvement associatif et se projetant sur l'échéance municipale de 2020, elle propose à contrario de "faire respirer le service public, le renforcer et lui donner les moyens de la proximité ; faire respirer les associations ... en leur donnant réellement les moyens financiers et logistiques pour que leurs diverses expertises puissent s'exercer aux côtés des habitant-e-s et des services publics."

Pour clore ce débat sur les orientations budgétaires, Menet fait remarquer à Barthélémy qu'elle a voté jusqu'à présent tous les budgets, une vérité vraie, et Gazay (en colère par rapport au départ en cours de séance et avant la fin du rapport sur les orientations budgétaires de Mélin) accuse Barthélémy et Melin de n'avoir rien compris et d'être, pour des personnes voulant diriger la ville, incompétentes.

L'opposition vote contre le rapport, Barthélémy s'abstient. La campagne des élections municipales est bel et bien lancée.

 

Le Marmot