La Provence en campagne

Mercredi 13 novembre, la réunion du conseil municipal avait à son ordre du jour le vote du Rapport d'Orientations Budgétaires 2020. A 4 mois des élections municipales, c'était bien sûr pour les divers groupes d'élus l'occasion de rentrer en campagne. Dans son compte rendu du 14 novembre, La Provence en a fait autant.

Depuis quelques semaines déjà, nous avions eu droit dans ce quotidien local à des compte-rendus de conseils de quartiers où tout se passait merveilleusement bien pour le maire : où il n'y avait plus de problème de saleté, de rats dans la ville, d'entretien des espaces publics, ... ou, quand il y en avait, on nous annonçait, aussitôt que tout allait être réglé. 

Puis, quelques jours après un article de Mèfi faisant observer que le trafic de drogue s'était étendu dans tous les quartiers de la ville, un article "sur commande" nous informait que le commissariat de police avait fait des dizaines de prises depuis le début septembre. A faire mourir de rire, les habitants des quartiers qui voient le nombre de dealers s'accroître tous les jours.

On nous a même expliqué que si le Festival du livre l'an dernier avait été réduit à sa plus simple expression (reconnaissant, de fait, ce que Mèfi avait dénoncé à l'époque), c'était pour des questions de sécurité et que, cette année, on retrouvait une configuration "normale", non pas parce que nous sommes proches des municipales, mais parce que le Mac Do a fermé (si vous trouvez le rapport vous gagnez un abonnement gratuit à Mèfi).

Le compte rendu du conseil municipal est dans le même ton. Le maire et son adjointe aux finances s'y expriment très largement sur 40 lignes, et on peut rajouter une bonne quinzaine de lignes de commentaires favorables. 

Mme Barthélémy a droit à 11 lignes ... et pourtant, c'est une véritable bombe, puisque, de l'intérieur de la majorité, elle affirme, ce que Mèfi démontre depuis 6 ans : Gazay n'a pas baissé la dette !

Mme Mélin, sur 7 lignes, peut, à peine, formuler quelques remarques cinglantes. Même Patrick Arnoux ne peut s'appuyer que sur 3 lignes de l'article.

Le comble est trouvé avec Mme Giovannangeli. On ne saura rien de son intervention, sauf qu'elle a "asséné un discours" ... "sans convaincre" le fan club de Gazay, le même fan club qui a "roumégué devant la longueur du propos".

La Provence a raison de titrer sur le fait que la campagne des municipales a commencé. Et ce quotidien semble avoir choisi son camp : celui de Gazay !

C'est son droit, mais dans ce cas là, il faut assumer et le dire, comme Mèfi le fait. Sans jouer sur une fausse neutralité ou sur une trompeuse objectivité.

Sinon, il ne faut pas s'étonner que ce journal perde chaque jour de nombreux lecteurs, pendant que Mèfi et les réseaux sociaux ne cessent de grandir.

Antoine Monticellu