Le rassemblement des forces progressistes avance et Grandjean s'en va de nouveau


S'il fallait résumer la réunion de travail de ce lundi 21 octobre des forces politiques de gauche, progressistes et écologistes, on pourrait le faire en mettant l'accent sur une volonté de rassemblement qui n'a jamais été exprimée avec autant de force. De plus en plus de citoyens, d'associations et d'organisations y sont prêts. Mais c'est ce moment que choisit Denis Grandjean pour y mettre une condition : il veut en être LA tête de liste.

Bien sûr, la chute semble contradictoire avec la volonté d'union. Le départ, avant la fin de la rencontre, de Denis Grandjean avec sa colistière peut jeter un doute sur l'élargissement et pourtant, ce qu'il faut retenir de ce temps de travail, c'est que la réalisation d'une liste d'union n'a jamais été aussi proche d'aboutir.

Il y avait un peu plus d'une quarantaine de représentants des diverses sensibilités politiques progressistes de la ville. Des citoyens engagés, des responsables associatifs, des militants syndicaux, des agents territoriaux, des représentants du Parti Socialiste, d'Ensemble!, d'Aubagne La Commune, de Place Publique, de Ballon Rouge, de La France Insoumise, d'EE-LV. Avec une autre composante, une bonne dizaine de communistes, venant expliquer qu'ils étaient, pour l'instant, minoritaires dans leur instance locale, mais qu'ils espéraient devenir majoritaires dans les jours qui viennent et que leur position était claire "ils veulent participer à une liste de rassemblement".

Bien sûr, et cela a été entendu, ils souhaitaient qu'on leur laisse le temps de débattre et de décider dans leur parti, pour prendre des décisions qui devaient être partagées et débattues démocratiquement.

Pour cette rencontre, un animateur, Alexandre Latz, de Place Publique, avait été désigné par les différentes composantes. Il se chargeait donc d'organiser la réunion et permettait, ainsi, de progresser vers des réponses communes :

Présence de nombreux militants communistes

- un mode opératoire pour désigner la tête de liste et, pourquoi pas les candidats, avec, après débat, la décision d'un scrutin de type jugement majoritaire (on aura l'occasion de revenir en détail sur sa signification et son mode d'emploi).

- la définition des électeurs pour voter à cette "primaire" (habiter ou voter à Aubagne, s'engager sur une charte de valeurs communes ancrées "à gauche", avoir plus de 16 ans, ...)

- une date butoir qui pourrait être le 15 novembre.

Mais, après plus de deux heures d'échanges, Denis Grandjean rajoute une condition pour être candidat : "ne pas avoir déjà fait deux mandats électifs consécutifs"

Prétextant que c'est aussi une exigence du programme de la France Insoumise. Alors que cela n'est vrai que pour les futurs mandats, ce qui avait, dans ces conditions, l'assentiment de la salle.

Cela n'avait qu'un but : empêcher la candidature de Magali Giovannangeli. Il aurait pu choisir un autre critère : "ne pas être professeure d'espagnol". Ou : "d'accord pour une consultation populaire à condition que je sois le candidat unique".

Un prétexte pour écarter la candidature de Magali Giovannangeli

Proposition accueillie par l'animateur comme un frein nouveau qui n'était, jusque là jamais apparu. Beaucoup de sourires, de rires dans la salle tellement la ficelle était grosse.

Certains faisant observer qu'à partir du moment où on décidait que c'était la population qui tranchait, on n'avait pas à mettre des obstacles préalables et on devait faire confiance aux gens. La démocratie en quelque sorte.

Puis un intervenant déclarait alors : "Si tu nous présentes ça comme une proposition à prendre ou à laisser, c'est non !". Denis Grandjean prend alors prétexte de la fermeté de la réponse, pour se lever et partir, entraînant avec lui sa colistière ... mais personne d'autre.

Les représentants d'Aubagne La Commune, de Place Publique, d'Ensemble!, du Parti Communiste, de Ballon Rouge, et les militants de La France Insoumise de son propre groupe ont continué à débattre avec une grande détermination pour continuer à avancer. Le militant de La France Insoumise du "groupe Grandjean" insistant pour préciser que "Seul l'intérêt des gens d'Aubagne devait présider les décisions à prendre".

Seul l'intérêt des gens devrait compter

Devant l'amertume ou la colère, le ressentiment ou la déception qui s'exprimaient ici ou là face à l'attitude incompréhensible du leader des Verts, l'animateur de Place Publique soulignait que la soirée n'avait pas été négative, notant les actes réels faits par certains pour rejoindre le rassemblement et tous les points concrets d'accord trouvés pour avancer (calendrier, mode opératoire de désignation, etc...).

Au final, la volonté d'engager le combat contre les droites et l'extrême droite en rassemblant, d'abord et avant tout, les Aubagnaises et les Aubagnais dans leur diversité sur la base d'un vrai programme alternatif venait de franchir un nouveau pas, loin des égos et des postures politiciennes.

Claude Bernardi

 

 

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