Municipales : entretien avec Patrick Candela, communiste et insoumis

municipales entretien avec patrick candela communiste et insoumis

Il se dit toujours communiste même s'il n'est plus membre du Parti Communiste. Il a été secrétaire de la section d'Aubagne du PCF de 2008 à 2014. Patrick Candela est fier de préciser qu'il a été l'un des fondateurs du premier groupe de La France Insoumise à Aubagne, en mars 2016. Mais il tient à spécifier que pour cet entretien il s'exprime à titre strictement personnel et que ses propos n'engagent que lui.

Né à Oran, il y a 58 ans, il a adhéré au PCF, en France, à l'âge de 16 ans "parce que ce parti était contre la guerre en Algérie et pour la sincérité des valeurs antiracistes et pacifiques qu'il portait".

Deux hommes ont compté dans cette adhésion. Un positivement, c'était Edmond Garcin, alors député et maire d'Aubagne. Et l'autre en réaction, son premier patron, le pâtissier de Central Parc.

Il a ensuite travaillé à l'usine Nestlé de Saint Menet.

Embauché en 1981, il souligne, avec malice, que ce n'est pas Mitterrand, mais son père qui lui a permis de trouver ce travail.

Edmond Garcin, celui qui l'a conduit au PCF

Après avoir joué un rôle majeur dans le conflit qui a opposé les salariés de Nestlé au géant de l'agroalimentaire, il a occupé le poste de directeur de cabinet de la maire de Port de Bouc, puis, après une parenthèse électorale où il a été candidat communiste dans la 9ème circoncription Aubagne-La Ciotat en juin 2007, il a travaillé au groupe communiste du Conseil Régional. Aujourd'hui, il est titulaire dans la fonction publique territoriale au conseil régional sur un emploi de jardinier.

On lui donne le surnom de "jardinier de Prague".

Concernant les prochaines échéances municipales, avec un ton très moqueur, il trouve un peu "en retard", ceux qui prétendent vouloir faire "entrer Aubagne dans le XXIème siècle". Il indique avec beaucoup de force "un homme l'a déjà fait entrer dans le XXIème siècle avec quelques décennies d'avance, cet homme c'est Edmond Garcin. Et les deux maires qui l'ont suivi, avec leurs équipes ont confirmé cette place".

Aujourd'hui, Patrick Candela ne veut pas encore prendre position, "les listes ne sont pas encore formées et surtout les programmes ne sont pas encore totalement élaborés", même s'il reconnaît qu'en la matière "Aubagne La Commune" y travaille "depuis de longs mois et élaborent des propositions" qu'il qualifie de "sérieuses".

Il est convaincu que les prochaines élections municipales n'auront rien à voir avec celles de 2008 et 2014. Il affirme que les questions nationales seront déterminantes. C'est pour cela que son choix se portera vers celles et ceux qui s'approcheront le plus du programme de La France Insoumise "L'Avenir en commun".

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             Avec Edmond Garcin, député-maire d'Aubagne, et Yvette Eymard, sa suppléante

Le choix du programme

Avec la nécessité de le conjuguer à l'échelle locale, sans non plus imposer le "à prendre ou à laisser". Il dit "En toute chose, le tout ou rien est mortifère. Mon mandat syndical m'en a fait la démonstration et le conflit à Nestlé l'a prouvé".

"Aujourd'hui on assiste à l'effondrement de l'Etat, à la liquidation des services publics, éducation, hôpital, sécurité sociale ..., à une emprise de plus en plus grande de la politique libérale imposée par Bruxelles, à une mise sous tutelle des communes par la métropole, ... , il faut une équipe municipale qui redonne tout le pouvoir aux citoyens, tout le temps du mandat, pas simplement pour tel ou tel projet, et en tout domaine. Il faut redonner de la liberté d'action aux communes et à Aubagne en particulier. Il faut refaire d'Aubagne un pôle de résistance, ce que Gazay et Barthélémy ont abandonné."

Pour lui, il n'y a qu'un seul moyen : "Il faut réinventer la démocratie, pas la tarte à la crème de la démocratie participative. Il faut donner le pouvoir, tout le pouvoir, aux citoyennes et aux citoyens".

Et il conclut cette tirade par le fait que tout "cela a besoin du rassemblement de toutes les forces progressistes, a besoin de mobiliser toutes les énergies et nécessite d'additionner les intelligences plutôt que de les user à les mettre en concurrence les unes contre les autres".

Dans ce cadre, il trouve "lamentable, face aux enjeux, ces querelles de personnes qui n'ont que le but de mettre en échec une candidate".

"Il faut en finir avec les soi-disant hommes neufs. Macron était neuf et il fait très mal à la France. Ou ces condamnations de tous les élus des équipes passées... et pourtant j'ai été très critique en son temps. C'est malsain et inefficace. Contre-productif même. Sachons faire de la politique en mettant l'intérêt d'Aubagne et de ses habitants au coeur de nos préoccupations".

A ce propos, il dit avoir participé ("pendant 4 réunions" énonce-t-il) à un "comité Jean Moulin" ("insultant pour Jean Moulin" spécifie-t-il avec amertume) où se trouvaient Raymond Lloret, un dirigeant local du PCF et l'adhérent aubagnais de Génération.s.

Un comité Jean Moulin

Le but unique de ce comité, né au premier semestre 2018 ("la candidature de Lloret était donc décidée avant toutes les autres, en fait depuis les législatives de 2017" détaille-t-il), était de dresser tous les obstacles à une candidature de l'ancienne équipe. Rien d'autre. Une entreprise de démolition au fond. Un peu de lucidité nous fait deviner qu'il s'agissait d'empêcher la candidature de Magali Giovannangeli d'émerger, la seule susceptible de mettre en échec les ambitions des uns ou des autres.

Ce comité a explosé à l'occasion des élections européennes.

Il reprécise avec force "l'heure est au rassemblement pas à l'organisation de règlements de comptes sur des histoires passées qui n'ont plus de sens".

D'autant plus qu'il avoue "Si j'avais à donner mon avis aujourd'hui, je peux dire que la tête de liste d'Aubagne la Commune est celle qui a le plus de recul et de sens des responsabilités, si j'en crois ce que je vois, ce que j'entends et ce que je lis".

A 58 ans, il aspire à la retraite pour partir vivre 6 mois dans le Tarn où il a une maison et ses amis, et 6 mois au Maroc où vit une partie de sa famille. Mais il déclare avec affection que sa ville restera Aubagne. "Une semaine sur deux, je vis à Marseille, et de là où j'habite, je vois la pointe du Garlaban. Je respire Aubagne, je la vis".

Il termine, par un moment de vraie émotion : "Actuellement, mon temps et mes forces je les utilise pour accompagner ma mère (elle est atteinte de la maladie d'Alzheimer) sur la fin de son parcours et pour cheminer aux côtés de ma fille pour le début du sien".

 
Propos recueillis par Claude Bernardi