Barthélémy, l'usurpatrice

Mèfi l'avait fait savoir en janvier 2018, Barthélémy a officiellement annoncé sa candidature le 3 octobre 2019 sur la terrasse de l'Hôtel Linko (ex-Souléïa) au centre ville d'Aubagne.

Après 3 échecs successifs et trop "beaux" revers électoraux, elle tente une nouvelle expérience une quatrième fois en espérant s'asseoir sur le siège de maire en mars 2020. Elle aura alors 69 ans.

Après les accusations de fraude électorale aux élections législatives partielles de 1998, tout laissait penser que Barthélémy qui conduisait une liste de droite rassemblée allait cueillir Aubagne en 2001. Ce fut un échec retentissant face à Jean Tardito.

En 2008, alors que, quelques mois avant, Nicolas Sarkozy venait d'être élu triomphalement à la présidence de la République en réalisant le score exceptionnel de 56,68% à AUBAGNE, tous les observateurs politiques, les divers sondages, les indications des renseignements généraux, la donnaient gagnante. Tellement sûre de son succès, elle avait, même, fermé son cabinet d'avocate.

Il n'en fut rien, c'est la liste conduite par Daniel Fontaine qui l'emportait. La droite ne supportait pas cette nouvelle défaite inexplicable et explosait. Deux groupes se formaient. C'était la naissance d'un nouveau leader à droite, Gérard Gazay.

Trois échecs qui préparent le quatrième 

Gazay se présentait en 2014 et l'emportait avec le score de 47,29% des votants et 32,67% des inscrits. Barthélémy avait dû se rallier au deuxième tour, après avoir fini 4ème (et dernière) au 1er tour avec 17,42% des votants.

Persévérante, elle tente une nouvelle fois. Elle sait, maintenant, encaisser les échecs. Sa liste s'intitulera "Pour Aubagne", pour éviter qu'on lui colle une étiquette. Elle est flanquée de deux patriarches aubagnais de la politique : un homme de droite, Alain Grégoire, un lieutenant (colonel ?) fidèle qui aura 77 ans au moment de l'élection et un homme "de gauche" (il a connu presque toutes les étiquettes : parti socialiste, Tapie, PRG, citoyen engagé) André Sinet, 88 ans.

Sans vouloir tomber dans le jeunisme ou le dégagisme, cela donne assez peu l'image du renouveau, mais plutôt celui du "changement de veste", bien connu chez les politiciens depuis plusieurs décennies. Il y a certainement un temps où il faut savoir laisser la place.

Mais les vieilles recettes de la politique se situent ailleurs : dans les annonces de Barhélémy lors du lancement de sa campagne.

D'abord dans la recherche du soutien de LREM, le parti de Macron. Un avocat d'affaires, installé sur Marseille, qui venait d'obtenir la veille le titre de "Chef de file" de La république En Marche, était présent aux agapes qui accompagnaient l'annonce de la candidature.

Trahison des gilets jaunes

Après s'être présentée, en décembre, bras dessus, bras dessous avec des représentants des gilets jaunes qui ne cessaient de clamer "Macron démission", cela ressemble étrangement à une véritable trahison. On aimerait bien savoir ce qu'en pense monsieur Gilet, un des plus actifs gilets jaunes de Pont de l'Etoile, qui la tenait par les épaules à l'époque.

Mais on peut continuer avec le masque d'opposante à Gazay dont elle s'affuble quelques mois avant les municipales.

On apprend qu'elle était contre la privatisation de la restauration scolaire. Doit-on rappeler qu'elle a voté toutes les délibérations qui ont liquidé le service public de restauration et qu'elle les a défendues, que "ses" élus, ceux de "sa" liste ont applaudi des deux mains et ont même aidé Gazay à trouver des arguments ? Mieux, faut-il rappeler qu'avant 2014, alors dans l'opposition, elle n'a cessé d'attaquer le fonctionnement de la cuisine centrale ? Préparant, ainsi, le terrain à Gazay. Faut-il aller chercher ses déclarations en conseil municipal ?

Doit-on lui rafraîchir la mémoire pour qu'elle se souvienne qu'au moment de l'action engagée par les agents du service public d'Aubagne qui avaient occupé momentanément le garage des bennes de ramassage des ordures ménagères, elle avait menacé de porter plainte et de demander l'évacuation au Préfet ?

Elle veut "reverdir" le centre-ville d'Aubagne et supprimer le projet immobilier prévu au Bras d'Or. Mais doit-on rappeler que c'est au conseil de territoire, sous "sa" présidence et sur "sa" proposition que ce projet a été adopté pour être porté par la métropole ? A l'époque, seule l'opposition s'était élevée contre cette réalisation.

Elle affirme que l'approche financière de Gazay où tout est axé sur la dette n'est pas une bonne réponse : "L'approche budgétaire ne peut pas être l'alpha et l'oméga d'une politique publique". A-t-elle oublié qu'elle a voté, des deux mains, les 6 budgets proposés par Gazay et son adjointe aux finances ? Elle les a même défendus avec beaucoup de vivacité face aux élu.e.s qui se permettaient de faire observer que "ce n'était pas l'alpha et l'oméga des politiques publiques".

L'opposition à Gazay : une posture électorale

Faut-il pointer les procès verbaux des réunions du conseil municipal qui en font foi ? Et se souvenir contre qui ses attaques étaient dirigées ?

Elle se présente, maintenant, comme un bouclier de défense du service public. Comment explique-t-elle son soutien à Fillon et à son programme de suppression de 500 000 fonctionnaires. Par discipline de parti ? Un peu facile et inquiétant pour l'avenir. 

Peut-elle faire oublier qu'à son arrivée elle a licencié le responsable de Marseille Capitale Européenne de la Culture, la quasi totalité de l'équipe Tram, les deux responsables des relations avec les commerçants, mis à l'écart le directeur du tourisme international, qui y est encore, le DGS qu'elle venait d'embaucher, qui y est encore, la directrice de l'économie, puis celui et celle de la filière argile, qu'elle a fait fuir 80% de ses cadres, que quelques mois avant l'arrivée de la métropole elle a essuyé une grève massive du personnel (phénomène historique sur ce territoire) ?

Mais c'est vrai qu'elle a su faire tout cela en évitant le bruit médiatique, en cajolant les uns pour mieux briser les autres, en souriant aux uns pour faire oublier les coups portés aux autres. Attention au miroir aux alouettes spécialement conçu pour les agents du service public, elle n'a rien à envier à Gazay et son management.

Et pour finir, le clou du spectacle de la fin de la représentation. Elle a, dit-elle, "mené un mandat de bâtisseurs".

Un mandat de destructrice

Elle a bâti quoi ? Rien ! Elle a commencé par détruire le tram qui mènerait aujourd'hui les Aubagnais·es jusqu'à Marseille, en désengorgeant le train et l'autoroute et en faisant respirer la vallée de l'Huveaune. Elle a mis aux oubliettes le Train/tram de Valdonne qui roulerait maintenant depuis 2016 pour le remplacer par un soi disant Valtram qui ne verra jamais le jour, et elle le sait parfaitement.

Elle a fait payer la gratuité des transports publics aux contribuables aubagnais alors que c'était les entreprises de plus de 11 salariés par l'intermédiaire du versement transport qui le finançaient.

Elle a mis fin à l'extension de "L'Eau des Collines" et ne lui a pas permis d'exploiter l'eau qui se trouve, gratuitement, sous nos pieds.

Pour le reste, elle s'est appropriée toutes les réalisations antérieures à son mandat, sans imagination, sans nouveauté, sans innovation. Et on sait que tout ce qui n'évolue pas est condamné à terme. Aucun nouveau projet n'a vu le jour sous sa mandature.

A part ça, elle s'exclame : "C'est un mandat qui m'a rendu heureuse". C'est sûr qu'en cumulant ses indemnités d'élue, de présidente du territoire, de la métropole et vice-présidente du département, sa rémunération est bien plus importante que celle perçue en tant qu'avocate, surtout si on y rajoute, voiture de fonction, portable, tablette, ordinateur portable...

Et n'oublions pas que la 1ère délibération qu'elle a prise, c'était de s'augmenter de 30% par rapport au mandat précédent.

Barthélémy, l'usurpatrice, les exemples pleuvent.

Bob Acad

 

 

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