Municipales : démocratie ou démocratie participative, il faut choisir

municipales democratie ou democratie participative il faut choisir

Pendant un peu plus d'une décennie, au cours des deux mandats de l'équipe Fontaine, Aubagne a vécu sous l'ère de la démocratie participative. Après Gazay, faudra-t-il poursuivre, voire approfondir ou explorer de nouveaux chemins ? Voilà une hypothèse qui mérite d'être examinée.

De 2002 à 2014, toutes les formes de la démocratie participative ont été utilisées : deux voire trois conseils de quartier par an et pour chaque quartier, précédés et suivis par une "cellule de veille" avec les habitants du quartiers, assemblées participatives (au moins deux fois par an pour les orientations budgétaires et pour le vote du budget), ateliers pour chaque projet prévu par le programme municipal, forums (circulation, Mondissimo en partenariat avec le Monde Diplomatique...), "Les Grands Rendez-Vous d'Aubagne" (au moins une fois par an pendant 8 à 10 jours qui se concluaient par un face à la presse en présence du public), etc...

Un service municipal, "Le Forum Local" composé de 5 à 6 agents, était dédié pour organiser, suivre et animer toutes ces initiatives. Dès avril 2014, Gazay le supprimait, en toute illégalité puisque sans l'avis du Comité Technique ni débat au Conseil Municipal.

Deux limites peuvent être constatées. La première, c'est la participation qui s'est "limitée" à 3 à 4 000 personnes pour 32 à 33 000 possibles, avec une présence quasi permanente d'un noyau de "seulement" 800 à 1 000 citoyennes et citoyens.

Démocratie participative : un noyau de 800 à 1000 personnes

La deuxième, c'est la confusion, le manque de visibilité et l'absence de transformations concrètes dans le domaine de la démarche participative interne pour le fonctionnement du service public communal. Pour l'essentiel, les agents communaux n'ont pu en mesurer les effets, ni même en apprécier l'intérêt.

Pour ce deuxième aspect, le fait que les élus ne se soient pas directement engagés au coeur de l'animation a, sans doute, été à l'origine des limites. La direction administrative qui en avait la charge ne pouvait pas en avoir la légitimité, et pour certains de ses membres, ni les compétences, ni la volonté. On ne peut pas demander à des fonctionnaires de se transformer en animateurs politiques.

Pour le premier aspect, les frontières du nombre de participants peut s'expliquer par les frontières des questions à traiter. Pour l'essentiel, quasi exclusivement même, il s'agissait d'objets soit portés par le programme municipal, soit décidés par les élus. Au bout, c'était de toute façon, comme le déterminent les règles de fonctionnement de la démocratie participative, les élus qui décidaient.

On pourrait y rajouter que la méfiance vis à vis "des politiques" et des institutions en général (chat échaudé craint l'eau froide) rajoutait une difficulté pour convaincre de la sincérité de la démarche.

Ne faut-il donc pas pousser la démocratie participative jusqu'à la démocratie ? Ce n'est pas la même chose.

La frontière du nombre de participants et la frontière des questions

Ne faut-il pas laisser aux gens le choix des thèmes, de l'organisation du débat, de son contenu, de sa ou ses conclusions et des décisions à prendre ? Au bout de la réflexion, il pourrait y avoir un vote avec des questions à choix multiples, voire des options ouvertes.

Cela pourrait s'adresser à toutes les électrices et les électeurs de la ville pour tous les grands projets (le Tram, les finances publiques, la dette...) et une fois par an pour chaque quartier après avoir débattu de l'ensemble des projets dans les 11 conseils existants. On éviterait les quelques dizaines de personnes qui viennent dans un conseil de quartier exiger un sens interdit et une centaine d'autres qui, à la réunion suivante, demandent qu'on le supprime.

Ne peut-on imaginer un conseil municipal public, au moins une fois par an au moment du vote du budget, dans une grande salle (Agora ou l'Espace des Libertés), sur une journée entière (le samedi ou le dimanche pour permettre aux salariés d'y participer) ? Le public pourrait prendre la parole au même titre que les élus et participerait au vote des délibérations.

Il faut y rajouter un référendum révocatoire à la mi-mandat qui puisse (re)légitimer-ou pas-l'équipe en place, avec l'engagement de démissionner si le résultat de la consultation est négatif.

Un conseil municipal où le public participerait au vote

Si on le compare à un fonctionnement où les décisions sont prises à 2 ou 4 dans le bureau du maire, tout cela peut paraître lourd pour une gestion municipale qui a besoin de réactivité.

Mais n'est-ce pas pourtant le chemin le plus rapide pour construire une ville où le vivre ensemble est obligatoire et où les actions doivent être comprises et partagées ?

On entend, aussi, souvent dire que les grands avancées sociétales ont été prises contre l'avis d'une majorité (abolition de la peine de mort, IVG, 25% de logements sociaux, ...). Mais en est-on sûr ?

Après de vraies confrontations où la formation, l'éducation et l'information seraient réellement partagées, ne peut-on faire le pari du triomphe de l'intelligence humaine et donc le pari de la démocratie. En vrai.

Bien sûr, cela mérite d'être largement débattu, affiné, amendé, modifié, corrigé ... mais avec une volonté démocratique audacieuse.

Antoine Monticellu

 

 

Articles récents

  • Gazay : la honte ! +

    Gazay et son équipe se félicitent de l'arrivée, opportune pour leur survie, du Covid-19. Cela ne sent pas bon mais les bruits insistants venant de la sphère proche du maire semblent bel et bien tirer le positif de cette situation : report des élections, le temps que Gazay se refasse une Lire la suite
  • Et les salariés de la grande distribution ? +

    A Aubagne, la place des salariés de la grande distribution est importante. Il faut penser à eux et les accompagner immédiatement. Depuis le début de la catastrophe sanitaire, et de manière accrue ces tous derniers jours, les "petites mains" du secteur du commerce (caissières et caissiers, livreurs, manutentionnaires, agents d'entretien....) Lire la suite
  • Macron et Gazay confirment le Bricolage +

    Nous avons depuis quelques jours eu l’occasion, au regard de l’amplification de la catastrophe sanitaire (ce n’est déjà plus une crise, c’est pire que cela ….), de jeter un regard lucide sur les réponses nationales et locales qui sont apportées et de faire part de nombreuses propositions complémentaires, à destination de Lire la suite
  • Municipales : Raymond Lloret précise sa position +

    Quelques jours après le 1er Tour des municipales, Ramond Lloret et ses colistiers-ières appelaient à "faire barrage à la droite libérale et à sa politique de privatisation de nos services publics et à l'extrême droite qui restera toujours mon principal adversaire". Dans La Provence du 26 mars, Raymond Lloret précise Lire la suite
  • Menteurs ! +

    Depuis le début de la crise sanitaire, on nous appelle à l'union nationale pour combattre le virus. Cet appel est juste et justifié. Le combat pour la vie, pour la santé de toutes et tous passe au-dessus de toutes les autres contingences, de toutes les divergences et oppositions, même les Lire la suite
  • Covid-19 : et si on en profitait pour échanger et confronter ? +

    Un grand nombre de voix (trop peu à mon sens) s’élèvent depuis de nombreuses années pour déclarer, à juste titre, que le capitalisme est en crise. Ce qui essentiel, c'est de bien comprendre la signification profonde de ce diagnostic. Lire la suite
  • Covid-19 : lettre ouverte au maire d'Aubagne +

    Magali Giovannangeli, au nom de la liste, "Rassemblé·e·s pour Aubagne", a fait parvenir aux médias locaux une lettre ouverte au maire d'Aubagne et à son équipe. Vous pouvez en trouver le texte intégral ci-dessous. Lire la suite
  • 1