Les finances au menu du 1er mardi thématique d'Aubagne La Commune


les finances au menu du 1er mardi thematique d aubagne la commune sont lances

Mardi dernier, au Cercle de l’Harmonie, se tenait le premier atelier thématique d’Aubagne La Commune sur le thème des finances locales : un sujet introductif bien choisi puisqu’on peut imaginer qu’il tiendra une place importante (trop importante ?) dans la campagne municipale de 2020.

Dès qu’on parle de budget, de dette, de finances, il faut en effet prendre garde de ne pas tomber dans le piège tendu par les libéraux (tendance Macron ou tendance Gazay) qui veulent faire rimer politiques publiques avec austérité comptable en présentant leur gestion comme la seule possible et en se présentant eux-mêmes comme de « bons gestionnaires ». Cet atelier d’Aubagne La Commune était une bonne occasion de questionner cette notion.

Le budget, késako ?

La séance a commencé par une présentation pédagogique de ce qu’est le budget d’une ville : avec ses dépenses et ses recettes (près de 90 millions d’euros pour Aubagne) ; avec sa section d’investissement (les moyens pour bâtir les équipements et développer le patrimoine de la ville) et sa section de fonctionnement (le service public communal, les moyens de son action, les subventions aux associations…). Il était rappelé que, contrairement à celui de l’État, le budget d’une ville est toujours équilibré (sous peine de mise sous tutelle de la commune). Qu’il l’a toujours été à Aubagne avant 2014 contrairement à ce Gazay et sa majorité tentent de faire croire. Qu’en face d’une dépense il y a toujours la recette correspondante et qu’une ville ne peut recourir à l’emprunt que pour construire la ville, pour l’équiper pas pour équilibrer son fonctionnement.

Emprunter, c’est pas bien ?

Une intervention dans la salle faisait même remarquer qu’emprunter pour construire un équipement qui va durer des dizaines d’années et donc être utilisé dans le futur, ça n’est pas « endetter nos enfants » comme on dit souvent mais répartir dans le temps de son usage, le coût financier d’un équipement public. De même, ne plus investir (comme c’est le cas depuis 2014) ce n'est pas « gérer en bon père de famille », c’est laisser se dégrader la ville que nous léguons à nos enfants, d’autant que les autres collectivités (département, métropole, région, Etat) soutiennent par des subventions ces investissements et que ceux-ci font travailler les entreprises de la région. Ne plus investir dans la ville, c’est donc entrainer celle-ci dans une spirale régressive avec des conséquences néfastes pour les Aubagnais-es mais aussi pour l’économie et le commerce local.

Gazay a baissé les impôts ?

Une part importante des recettes de fonctionnement d’une ville provient des impôts et taxes locales (avec l’incertitude sur la compensation future par l’Etat de la suppression annoncée de la taxe d’habitation). A Aubagne, depuis 2014, contrairement aux promesses de Gérard Gazay avant les élections, les impôts n’ont pas baissé, ils ont même augmenté, notamment par la diminution d’un abattement sur la taxe d’habitation cette année (voir notre article ici).

Cela n’a pas empêché l’équipe municipale actuelle d’amputer chaque année un peu plus les moyens affectés au bon fonctionnement de la ville (improprement nommés charges générales), ce qui a conduit à moins d’entretien un peu partout : que l’on songe aux écoles, à la piscine, aux rues de la ville, à la baisse des dotations scolaires, à la dégradation des outils et conditions de travail, à la suppression des locaux associatifs…

Vrai ou faux ?

Lors d’un atelier consacré aux finances, nul doute qu’on allait en venir à la dèèèète et on y vint. D’abord en balayant quelques idées reçues :

La dette c’est la faute à Fontaine !

FAUX : elle existait déjà dans les années 90 ; de 2001 à 2011 elle est restée quasiment identique ; c’est la crise financière de 2008 qui a révélé la nature toxique des emprunts délivrés par les banques (même celles d’Etat comme Dexia) et obligé les collectivités (abandonnées par l’Etat qui a préféré renflouer les banques) à sortir de ceux-ci au prix de pénalités exorbitantes.

La dette c’est le tramway et la gratuité des transports !

FAUX : les deux étaient de la compétence de l’agglo (aujourd’hui avalée par la métropole), très peu endettée, avec un financement essentiellement adossé sur le versement transport des entreprises de plus de 11 salariés.

Gazay a diminué la dette !

FAUX : En 2018, la dette (capital restant dû par la ville)  était quasiment au même niveau qu’en 2013. Et dans le même temps, la municipalité Gazay a vendu pour plus de 15 millions d’euros de bâtiments et de terrains et a diminué les dépenses d’entretien de 3,6 millions. 

A la fin de ces échanges, la question initiale : « Gazay, un bon gestionnaire ? », avait trouvé une réponse unanime des participant-e-s : Non ! Mais plutôt un liquidateur zélé au service des intérêts privés.

Avant de clore l’atelier, le rendez-vous pour le suivant était lancé : ce sera le mardi 2 avril à 18h, toujours au Cercle de l’Harmonie et le thème sera « Urgence sociale et économie ». Un thème qui résonne aussi très fort à Aubagne et partout dans le pays où, grâce à l'impulsion du mouvement des Gilets Jaunes, la question sociale a repris une place centrale dans le débat public.

 

Redha Romani

 

 

SOUTENEZ MÈFI!

Soutenir Mèfi! c'est nous aider à vous donner une information de qualité, libre de toute contingence. Le montant est libre et vous deviendrez ainsi membre de soutien de notre association.

Montant:
 EUR

Articles récents

  • Les dogmes libéraux pour Aubagne ? +

    La Cour des Comptes et les Chambres Régionales des Comptes sont des juridictions financières. La Cour des Comptes en est l'institution financière supérieure et chaque CRC est présidée par un conseiller maître ou un conseiller référendaire à la Cour des Comptes. Lire la suite
  • ALC : paroleS à la diversité avec Maurice Marsiglia, militant associatif +

    Maurice Marsiglia : militant associatif « Je participe à toutes les initiatives de défense des services publics. J'ai souvenir de la chaîne humaine initiée par l'ancienne municipalité pour obtenir un équipement essentiel pour le développement de l'hôpital. Aujourd'hui, l'hôpital est gravement menacé dans ses missions par M. Gazay et la majorité actuelle Lire la suite
  • Rencontre Aubagne La Commune - CGT Territoriaux +

    Avant les départs en vacances, des représentants d'Aubagne La Commune et des syndicats CGT (cadres et agents) du personnel communal se sont rencontrés pour faire un état des lieux, en particulier, sur les attentes des uns et des autres. A l'issue de cette réunion, un communiqué nous a été transmis. Lire la suite
  • ALC : paroleS à la diversité avec David Jame, cadre de la fonction publique territoriale +

    David Jame, cadre de la fonction publique territoriale Je soutiens « Aubagne la Commune » parce que cette initiative citoyenne constitue le socle et la dynamique qui doivent permettre à notre ville de redevenir ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : une ville solidaire, ouverte, créative et ambitieuse. Lire la suite
  • Aubagne La Commune : les rencontres se multiplient +

    Dans le même temps où les animateurs de "Aubagne La Commune" ont lancé une invitation à une quarantaine d'organisations, collectifs, syndicats, associations, mouvements et partis politiques pour une rencontre de travail le 24 septembre sur les municipales, le site du mouvement informe que des "échanges bilatéraux" ont continué à avoir Lire la suite
  • Festimôme 18ème édition : à 18 ans, on peut voyager seul ! +

    A 18 ans on peut voyager seul, mais on préfèrera cette année encore se déplacer en famille pour mieux partager les 50 spectacles, les dizaines d’animations et de jeux, les repas et pique-nique, pendant les 4 jours (4 jours !) d’un festival d’été qui a su trouver, au fil des années, Lire la suite
  • ALC : paroleS à la diversité avec Gilles Lejeune, militant associatif +

    Je ne suis pas un porte-parole d'Aubagne La Commune mais un simple adhérent de ce Collectif oeuvrant à changer localement de gouvernance politique. Je suis résident à Aubagne depuis Juillet 2002 et jusqu'aux élections de 2014, je m'y trouvais parfaitement bien ! Lire la suite
  • 1