L'AJJ : mensonges à toutes les pages !


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Depuis avril 2014, par touche successive, "AJJ" ou "L'AJJ" s'est transformé en un journal de pure propagande municipale. Exclusivement. Le numéro de janvier 2019 commence à atteindre des sommets.

Certes, depuis toujours, ce magazine a été un support de communication de la ville et il donnait à voir ce que la majorité municipale réalisait. Mais avec la mesure nécessaire à une information de service public municipal.

Le choix éditorial était d'ailleurs une communication d'annonces des événements et des projets plutôt que le retour sur des initiatives réalisées pour éviter un trop grand parti pris.

Tout cela n'a plus cours. L'AJJ est devenu, sans vergogne, un instrument de propagande du maire et de son équipe.

Le numéro de janvier que nous venons de trouver dans nos boîtes aux lettres est un modèle du genre. A la une, un titre bien vendeur : "Aubagne sous un nouveau jour".

On y découvre une magnifique photo de la Place de l'Horloge (au printemps bien sûr, la femme qui se promène est bras nus, les arbres sont bien verts, les gens, chargés de paquets, sont tout sourire...), mais ce n'est, en fait, qu'un croquis, type concours d'architectes, sur un catalogue commercial qui tente de vous vendre le Château de Versailles avant de vous laisser dans un appartement insalubre du centre ville.

Le croquis d'un catalogue commercial

La suite se retrouve en pages 8 et 9, même titre "Le nouveau visage du centre ville", même type de fausses photos. Celle ou celui qui ne fait que feuilleter (8 lecteurs sur 10) peuvent se laisser prendre. C'est toute la force de la communication-propagande !

Quand on prend soin de lire et de comprendre ce que l'on nous décrit, on trouve très exactement ce que Mèfi a déjà écrit (lire ici : "Aménagement du Centre-ville, plus personne n'y croit") : on va refaire 200 mètres de chaussée en tout et pour tout sur moins de 20 mètres de large !

Tout l'Art de la communication-propagande consiste à citer tous les lieux (place de l'Horloge, place des Quinze, cours Barthélémy, avenue Loulou Delfieu), sans jamais dire qu'il s'agit d'un seul espace de moins de 5000 m² sur les dizaines d'hectares que comportent le Centre-Ville.

Sans jamais dire qu'on va, uniquement, refaire la chaussée et le marquage au sol et que six mois après (allez voir rues Rastègue, Martinot, Moussard) on ne verra plus rien des changements.

Dans le même temps, on n'oublie pas de citer de nombreux autres espaces (cours Beaumond, rue de la République et ailleurs), pour nous expliquer que ce sera fait... plus tard.

En pages 10, 11, 12 et 13, nous avons droit à un conte de fées dans les quartiers des Espillères et du Pin Vert. Quand on sait l'immense mécontentement qui monte devant l'abandon des espaces publics, la saleté qui s'étale tous les jours, la voirie sans entretien, l'absence de politique culturelle et d'animation (tout ce que vous pouvez retrouver sur notre page facebook), ces 4 pages ressemblent à "Tintin au Pays des Soviets" ou à "Benalla au Tchad" raconté par lui-même.

"Tintin au Pays des Soviets" ou "Benalla au Tchad"

En page 14 et 15, c'est la traditionnelle torture de la vérité sur le budget de la ville par la comptable d'Aubagne.

"Baisse de la dette de 30 millions", alors que les documents officiels prouvent que ce sera moins de 3 millions. On ne nous dit d'ailleurs rien sur le fait que la ville va faire, cette année, au moins, 4,2 millions d'emprunts supplémentaires.

"Pas d'augmentation des impôts", et on nous parle des taux sans nous dire qu'en supprimant l'abattement à la base on a augmenté les impôts locaux de 10% (le tour de passe-passe consiste à le faire la même année où le gouvernement diminue la taxe d'habitation, mais les "couches moyennes", elles, ont bien subi une augmentation d'impôt).

La comptable en chef, nous fait savoir une nouvelle fois (c'est la 47ème fois en deux ans !) que la ville est sortie des emprunts toxiques, sans nous indiquer que c'est l'Etat qui a organisé cette "sortie" pour ne pas pénaliser les banques.

Quasiment toutes les grandes villes, les départements, les régions, de droite comme de gauche, ont souscrit ce type d'emprunt. Il ne s'agit donc pas "des gestions catastrophiques antérieures" comme l'affirme l'élue, mais d'une véritable tromperie du monde de la finance à l'échelle nationale.

Il nous est indiqué que le pacte de confiance signé avec l'Etat réduit l'évolution des dépenses à 1,2% par an, en omettant de mentionner que c'est le maire lui-même qui a posé sa signature sur cet engagement.

On pourrait prendre encore de nombreux exemples, mais l'Everest du mensonge est donné par le groupe majoritaire lui-même ("Aubagne, Les Républicains et apparentés" où figurent le maire, son premier adjoint et la comptable-chef) dans son "espace d'expression".

L'élue à la comptabilité torture la vérité

Il est écrit : "En cinq ans de mandats, nous aurons réalisé plus de 80% de nos engagements". En politique, chez ces gens là, il n'y a pas de limite aux mensonges.

Rappelons simplement quelques engagements de campagne, pour le mandat, trouvés sur les documents distribués par la liste (nous les tenons à la disposition de nos lectrices et lecteurs et nous les publierons si nécessaire) :

"baisse de la dette de 53 millions d'euros, baisse des impôts de 15% en les diminuant chaque année, création d'un nouveau commissariat de police, une galerie commerciale à ciel ouvert, une halle permanente couverte, des espaces publics numériques dans tous les quartiers, des aides financières pour les jeunes, 200 places de crèches supplémentaires, l'excellence en matière d'éducation, portage des repas aux anciens, aucune construction de plus de trois étages, création de plus de 1000 places de parking, retour du festival du rire, aménagement de tous les boulodromes, un local pour chaque club, création des états généraux du sport, parcours santé à Camp Major et à Saint Pierre, création de parcs et de jardins, requalification dans tout le centre ancien des rues, des façades et de l'éclairage, une salle de spectacle type Zénith, une nouvelle médiathèque, un musée international du santon et de la céramique, une nouvelle MJC, un lieu d'expression pour les associations locales, un nouveau complexe sportif aux Gargues, réaménagement complet de Mésonès et du Bras d'Or, extension de la zone de Napollon,  préservation des espaces verts, des rues propres avec un plan de propreté sur deux ans (en 2016, tout sera parfaitement propre !)..."

Doit-on continuer ? Mais peut-être que tout cela fait partie des 20% qui restent à réaliser ?

Si mentir est un art, Gérard Gazay est un des plus grands artistes Aubagnais de tous les temps et AJJ sublime son talent.

Antoine Monticellu

 

ajj decembre 2018

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