"Aubagne, la commune" : l'heure des bilans

Aubagne la Commune - l'heure des bilans

Mercredi 21 novembre, salle du Bras d'or, un peu plus d'une cinquantaine de personnes ont répondu à l'invitation du mouvement "Aubagne, la commune". 

Yvonne Peaudeau, une des animatrices, rappelait dans son introduction à la rencontre que plusieurs initiatives depuis le lancement de l'appel en avril (aujourd'hui plus de 500 signatures) avaient déjà eu lieu et que d'autres suivraient (débat sur la dette, rencontres dans les quartiers...) mais que ce soir là c'était l'heure DES bilanS de la mandature en cours et des précédentes, mais aussi de la campagne électorale des municipales de 2014.

Soumicha Draoui était chargée de rappeler tout ce qui avait été déjà collecté sur le mandat en cours avec la possibilité de le compléter par les personnes présentes.

La liste des points négatifs étaient quasiment sans fin : "les repas industriels dans les écoles, le manque de souplesse pour les inscriptions aux centres aérés, à la cantine..., la désertification du centre ville, la bétonisation de la ville, les travaux sans tenir compte des accès handicapés..., les caméras inutiles, les policiers municipaux réduits au rôle de verbalisateur..., la fermeture de la MJC, les restrictions budgétaires dans les maisons de quartiers, une culture sélective..., une non écoute des citoyens, la monarchie municipale, des salaires excessifs pour les cadres de la haute administration municipale..., des promesses jamais tenues, du clientélisme permanent..., le cumul des mandats du maire..., la piscine du centre ville fermée...".

Pour les présents ce soir là, il était clair qu'il fallait, vite, tourner la page Gazay.

Tourner la page Gazay

Il appartenait ensuite à Denis Grandjean de jouer le rôle de modérateur pour la séance des + et des - des mandatures précédentes. Sans doute soucieux d'éviter les confrontations directes, l'animateur insistait à plusieurs reprises pour préciser qu'il s'agissait d'exprimer des ressentis pour chacun et qu'il fallait accepter les appréciations différentes.

Souci inutile, tant la liberté de ton et la bienveillance de l'écoute étaient au rendez-vous.

Pour les +, un participant résumait ce moment dans une formule "les plus d'hier, ce sont tous les négatifs que l'on a noté pour aujourd'hui".

Il faudra tout de même y rajouter : "la ville de Paix, la démocratie participative, la proximité des élus, la politique culturelle, les 35h pour le personnel communal bien avant la loi, les gratuités, le CLVA, la capacité de mobilisation pour la défense de l'hôpital, l'IRM, etc...".

Liberté de ton et bienveillance

Pour les moins, "le décalage entre l'affichage des valeurs et leur mise en oeuvre, le fait de ne pas faire assez d'effort pour faire venir les gens dans les réunions de démocratie participative ("c'était toujours les mêmes et on s'en contentait"), on n'a pas suffisamment accepté que les citoyens décident en leur permettant de participer dès la construction des projets, les grands projets inutiles qui ont plombé les finances de la ville, trop de choses dans le domaine culturel et événementiel, MP2013 a été un simulacre de démocratie, la mairie était vécue comme un château fermé où les décisions étaient prises d'en haut, pas assez ambitieux sur les enjeux environnementaux, trop de communication papier, pas de conseil municipal des jeunes...".

Avec un moment émotion, une ancienne élue (1995-2001 et 2008-2014) exprimant son immense souffrance au moment de la fraude électorale (allusion à l'élection d'Alain Belviso à l'élection législative de 1997 - le Conseil Constitutionnel avait invalidé l'élection pour fraude électorale aggravée). "Il ne faut plus revivre cela" dit-elle, "il faut, en toute circonstance respecter la démocratie".

Au-delà des convictions, il faudra, certainement, prendre des mesures qui le garantissent. Dans un article intitulé "Charte des élus", un des rédacteurs de Mèfi faisait des propositions allant dans ce sens (voir ici).

Rappel de la fraude électorale de 1998

Au bout de son intervention, l'ancienne élue remerciait les organisateurs pour lui avoir permis, enfin, d'exprimer sa douleur et sa volonté.

Pour le dernier acte, c'est Jean-Jacques Maly qui était à la baguette. C'était le moment du bilan de la campagne électorale de 2014. Même si quelques intervenants ont souligné "la campagne électorale extraordinaire portée par de nombreux militants" et que d'autres ont évoqué le contexte national défavorable (Hollande à la Présidence, c'est toute la gauche qui a été rejetée - "175 villes de plus de 9 000 habitants ont basculé à droite", le PCF perd une ville sur quatre), voire le contexte local ("depuis 20 ans, l'est du département ressemble de plus en plus à l'ouest varois"), les aspects négatifs l'ont largement emporté.

C'est ainsi qu'on a pu entendre : "la forme primait sur le fond, le manque d'arguments des militants, l'abandon de la page Wikipédia d'Aubagne, trop d'orange dans les couleurs de la liste, on n'a pas nommé les valeurs communes, un manque d'informations sur la dette, une liste qui ne faisait pas l'unanimité, des élus ne venaient que pour la photo, des règlements de compte entre militants pendant la campagne, trop ciblé une partie de la population contre une autre, pas assez agressive contre les adversaires, pas assez joyeuse et festive, pas assez d'artistes avec nous, il fallait plus revenir à des valeurs d'éthique que les affaires départementales avaient fait perdre (allusion sans doute à l'affaire Guérini)...".

La conclusion appartient à Jean-Jacques Maly : "on ne pourra plus dire qu'on ne savait pas, cela nous donne un éclairage pour construire un nouveau projet de ville".

Claude Bernardi

 

 

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