Municipales 2020 : faut-il rembourser la dette ?


Notre média est ouvert à toutes les propositions, d'où qu'elles viennent, pour les futures politiques municipales de l'après-Gazay. Nos rédacteurs, à titre individuel et sans engager la rédaction de Mèfi, ont, pour certains d'entre eux, décidé de proposer des pistes de réflexions dans divers domaines (voir ici, ici et ici). Aujourd'hui Bob Acad revient sur la question de la dette d'Aubagne.

Avant d'en venir à quelques pistes de réflexions, il est nécessaire, concernant le mot "dette" de préciser quelques éléments de langage.

D'abord pour réaffirmer, qu'en matière de finance communale, la dette est, seulement, constituée d'emprunts bancaires permettant l'achat ou la réalisation de biens durables (construction d'une école, d'une crèche, d'un stade, d'une piscine, rénovation d'une église ou d'un bâtiment public, achat d'une balayeuse, d'ordinateurs, etc ...).

La dette d'une commune n'est donc pas seulement une dépense, mais, aussi, la constitution d'un patrimoine. Une dette importante de la ville, c'est donc, aussi, la constitution d'un énorme patrimoine public.

Deuxième information nécessaire, la dette d'une commune ne peut pas être comparée à la dette du budget de la France. Pour le budget national les emprunts permettent de couvrir le déficit annuel. Pour la commune, c'est impossible, pour la bonne et simple raison que le budget de fonctionnement de la commune doit être obligatoirement équilibré. Dans le cas contraire, les services préfectoraux le refusent et la Chambre Régionale des Comptes et le Préfet prennent la main.

La dette, c'est tout simplement des emprunts accordés par les banques

Troisième élément lexical et non des moindres, il ne faut pas confondre contracter un emprunt et être endetté. Même si, du point de vue du Larousse, cela veut dire la même chose, dans la compréhension populaire cela ne "parle pas" de la même façon.

Si on vous dit qu'une famille a emprunté plus d'un million d'euros pour acheter une maison, vous en concluez que cette famille est "riche" puisque les banques lui prêtent une somme importante. Si on vous dit qu'une famille a une dette ou pire qu'elle est endettée, vous en concluez que c'est une famille pauvre qui a des difficultés et qui n'arrive plus a payer. 

C'est en jouant sur ces mots que les politiciens se jouent de vous. On ne vous dit pas qu'Aubagne a un niveau d'emprunt très élevé, ce qui veut dire qu'Aubagne a un patrimoine volumineux et que les banques, si elles ont prêté, c'est qu'elles savent que la capacité de remboursement est très élevée, en quelque sorte qu'Aubagne est une ville riche. Car vous, vous savez que les banques ne prêtent qu'aux riches.

Pour vous faire peur et vous imposer toutes les politiques d'austérité possibles, depuis plus particulièrement les années 2000, on vous parle de la dette publique (la dèèèèèèèète comme l'écrit Monticellu). C'est avec ces mots, dans cette confusion, que Gazay et son équipe ont mené la campagne des Municipales en 2014.

La dette, c'est aussi un patrimoine, plus elle est importante plus le patrimoine l'est aussi

En oubliant de préciser que la dette d'Aubagne, pour l'essentiel, a été réalisée avant les années 2000. C'est en 1997 et 1999, que l'équipe conduite par Tardito a réalisé 80 millions d'euros d'emprunt sur le marché obligataire. 

Et jusqu'en 2014 (presque 20 ans), Aubagne a vécu sans problème, en étant une commune référente pour sa dynamique et sa qualité de vie, et sans que ni le préfet ni la Chambre Régionale des Comptes n'évoquent (même pas un peu) une quelconque mise sous tutelle ou une quelconque sanction.

Mais toute la propagande de Gazay (et donc ses mensonges) mentionnait la dette "insupportable" de la ville. Je rappelle aussi que le tramway, contrairement à la confusion savamment entretenue, était TOTALEMENT financé par l'Agglo (qui avait zéro dette) et que donc il n'avait AUCUN impact ni sur la dette, ni sur les finances de la ville. Et que c'est encore le cas aujourd'hui. Il en est d'ailleurs de même pour la gratuité des transports publics.

J'en viens maintenant plus directement à mes convictions concernant une future gestion de la dette.

La dette d'Aubagne date d'avant les années 2000

Quelle est la réponse apportée par Gazay depuis 4 ans. Il affirme que toute la gestion municipale doit être tournée vers le remboursement de la dette. Pour cela, il a imposé une politique drastique d'économies (ni pour lui, ni pour le salaires de "ses" cadres, ni pour l'embauche de chefs de services venant de Marseille, ni pour les repas "de fonction", etc, etc, ... mais pour tous les autres !). Les services à la population n'existent quasiment plus, l'entretien des bâtiments communaux, de la voirie, des espaces publics est voisin de zéro, les associations en particulier culturelles, ont vu leurs subventions baisser (à part AD2C présidée par Gérard Canavese et dont le principal acteur est le responsable de Mc Donald's).

Il n'y a presque plus aucuns travaux dans la ville, ni aucune réalisation publique (les seules grues visibles et présentes partout sont celles des promoteurs immobiliers) sous prétexte qu'il ne faut plus emprunter pour ne pas aggraver la dette.

Le résultat (en lisant les vrais chiffres des documents officiels et pas ceux donnés par AJJ, le magazine de la propagande du maire), c'est que la dette, en juin 2018, avait été réduite d'un petit million d'euro depuis 2014 !

Il s'agit donc bien là d'un choix des politiques libérales (décidées par des hommes de droite comme de gauche) pour imposer une politique d'austérité au plus grand nombre pour le bonheur de quelques uns.

Avec Gazay, c'est la dette ET l'austérité

Ma proposition est inverse. C'est de ne pas rembourser la dette. D'abord parce que les nouvelles directives financières de l'Europe conduisent à relancer l'inflation (nous y sommes déjà cette année) entre 2,5 et 3% par an. 

C'est à dire que mécaniquement, la dette d'Aubagne dans 10 ans aura diminué d'un quart (au moins) soit environ de 40 millions d'euros.

Ensuite, je propose de réaliser des emprunts annuels d'environ 6 millions sachant que le remboursement du capital de la dette se situe entre 7 et 8 millions d'euros. La dette diminuera, sur 10 ans, de 10 à 20 millions d'euros. 

Mais avec des conséquences très positives pour la population. Faire 6 millions d'emprunt, c'est la possibilité avec le département, la métropole ou la région d'avoir des subventions supplémentaires de 9 millions, soit un total d'investissement de 15 millions d'euros par an (il faut savoir que faute de financement communal, Gazay prive Aubagne de subventions des autres collectivités. Les autres institutions donnent 6€ si vous en payez 4. Si vous ne pouvez rien financer, ce qui est le cas actuellement d'Aubagne, vous n'avez rien). Une somme de 15 millions par an donc qui peuvent répondre aux besoins de voirie, d'entretien des bâtiments communaux, des écoles, du matériel pour les services communaux, etc ...

L'inflation va réduire la dette d'au moins 40 millions

Avec ces deux mesures, Aubagne se retrouvera avec une dette d'environ une centaine de millions d'euros, soit 50 à 60 millions de moins, soit à peine la valeur d'une année budgétaire, soit une dette du niveau de villes comme Melun ou Antibes. 

France 3 ou le magazine patronal "Challenges" ne pourront plus titrer "La ville la plus endettée de France".

La dette (la dèèèèèèèète) n'impressionnera plus personne et ne pourra plus être utilisée à des fins politiciennes.

Mais cela demande du sérieux et de la compétence, ce qui est absolument étranger à Gazay et son équipe, mais aussi de la transparence et du débat public, ce qui a aussi manqué aux équipes précédentes.

Bob Acad

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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