Mairie de Cuges : des certitudes qui se fissurent


Conseil municipal à Cuges les Pins ce mardi 16 octobre. Peu de délibérations à l’ordre du jour, mais un conseil où l’on a pu constater la fébrilité du maire et de sa première adjointe dès lors que des questions gênantes étaient abordées sur les finances communales.

Auparavant, deux délibérations concernant les rapports entre la commune et la Métropole : une pour transférer à la Métropole la compétence du Plan Local de l’Habitat (PLH) qui régit le foncier et la construction de logements sociaux. La métropole se substitue donc à la commune pour préempter du foncier à vocation d’habitat collectif. Après le Plan Local d’Urbanisme et le devenir du foncier de la commune, la Métropole va également décider de l’implantation de logements sociaux. Et il n’y a que le maire de Cuges pour croire pouvoir s’y opposer...

Une seconde délibération, financière cette fois, est l’approbation des conclusions de la commissions de transfert de charges entre la commune et la Métropole. Et 16 000€ de moins pour la commune par rapport à la précédente.

Comme prévu, on plume les communes et on leur enlève leurs compétences essentielles.

Mais c’est sur la décision financière que le débat s’est crispé. Antoine Di Ciaccio, élu d’opposition, est revenu sur une recette « fictive » inscrite lors du budget. (Ndlr : le maire demande à la métropole de rembourser 73 000€ au titre de frais de personnel de l’office du tourisme de Cuges pour 2016 et 2017 alors que le personnel municipal mis à disposition a été supprimé à l’automne 2014 !). Le maire et son adjointe aux finances n’ont pas voulu qu’un débat s’instaure, mais ont livré quelques informations. Tout d’abord, le maire reconnait (enfin !) avoir reçu un courrier de refus de la Métropole lui demandant de plus d’annuler le titre de recette. Comme l’avait fait remarquer les élus d’opposition, cette inscription s’est donc faite sans l’aval de la Métropole. Et dire que le maire et sa 1ère adjointe ont parlé de fraude au sujet des élus de l’ancienne majorité…

Bernard Destrost  évoque un « changement de gouvernance » au niveau de la Métropole et espère un réexamen du dossier : en clair, ce que la Métropole de Gaudin a refusé à juste titre, celle de Vassal devrait l’accepter. Le hic, c’est que rien n’a changé sur le fond.

Espère-t-on une faveur de Madame Vassal ? Va-t-elle tomber dans le clientélisme qu’elle dénonçait du temps de la présidence de Jean-Noël Guérini ? Une situation en tous cas inconfortable pour la commune. « Si on devait supprimer cette recette, ce sont des services à la population qui en subiraient les conséquences » ajoute la 1ère adjointe. Il fallait peut-être y penser avant… Et le maire d’espérer la compréhension des élus de l’opposition. Mais depuis quand les élus de la minorité doivent-ils cautionner les errements budgétaires de la majorité ?

En fin de conseil, Antoine Di Ciaccio aborde la question du financement de l’école Molina ET des travaux de voirie. S’étonnant qu’avec un emprunt de 1,5 M€, la commune puisse financer des travaux de l’école pour environ 2 M€ cette année ainsi que 780 000€ de voirie, avec une trésorerie proche du zéro ! Façonéo, maitre d’ouvrage délégué de la commune, ferait-il l’avance de trésorerie ? Aucun souci répondront d’une même voix le maire et sa 1ère adjointe ! On n’a même pas utilisé la totalité de l’emprunt. Ce que l’on appelle se moquer du monde. « Pourquoi alors ne pas me montrer le compte du trésorier comme je vous l’ai demandé pour vérifier la réalité vos propos ?». Pas de réponse.

La 1ère adjointe concèdera tout de même un problème de trésorerie, avec la litanie habituelle : on est en discussion avec le Crédit Agricole. Depuis un an lui fait remarquer l’élu d’opposition ! Le maire n’excluant pas sur ce dossier aussi de se rapprocher de « son amie » Martine Vassal pour une « avance sur subvention» qui serait une première pour le département. Au secours, Martine !

Quand à la voirie, personne ne saura comment elle est payée.

La brume persiste donc sur les finances communales. Les Cugeoises et Cugeois attendent l’éclaircie avec inquiétude.

Une séquence émotion en fin de conseil quand Nicole Wilson, conseillère municipale déléguée à la culture a lu un texte, émue et aux bords des larmes, pour dénoncer les conditions actuelles de fonctionnement de la médiathèque.

 

Diego de la Vega 

 

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