Projet Municipales 2020 : et si on tentait la croissance zéro ?

Projet municpales 2020 : et si on tentait la croissance zéro ?

A moins d'un an et demi des élections, les divers apprenti·e·s candidat·e·s au poste de maire doivent, sans doute, commencer à réfléchir à leur projet municipal. Mèfi a décidé de se faire l'écho de tout ce qui sera proposé. Certains rédacteurs de "notre" média, souhaitent faire des suggestions. Nous leur laissons l'espace pour le faire, en précisant que cela n'engage ni Mèfi, ni la rédaction, mais seulement leur auteur. Concernant l'aménagement et les transports, nous laissons la place, aujourd'hui, à Joseph Lèsperd.

Tous les experts en urbanisme, tous les politologues de BFM TV et d'ailleurs vous l'affirmeront : "en matière d'aménagement du territoire, la croissance zéro pour une commune est un non sens". 

Et pourtant, c'est ce que je propose pour Aubagne. Avec 45-47 000 habitants, cette ville a atteint, à mon sens, son seuil maximum de développement. Pour plusieurs raisons :

- d'abord pour garder une dimension humaine qui est, avant tout, son identité. On a besoin de se connaître dans chacun des quartiers de la ville, de se rencontrer, de se parler dans les espaces publics. Cette commune a une vocation de ville-village qui en fait son attrait et sa raison d'être.

- pour des raisons écologiques ensuite, il faut stopper l'emprise du béton partout, sur les terres agricoles d'abord, mais bien au-delà dans tous les espaces naturels qui continuent d'exister. Il faut que la faune et la flore respirent. Il faut que les places, les terrains de jeux, les abords de l'Huveaune, voire les terrains vagues nous permettent de respirer. Il faut protéger Garlaban jusqu'au bout de ses pieds.

- et pour des raisons de sécurité. La bétonisation aggrave les risques d'inondation, empêche les eaux de ruisseler normalement, multiplie les coûts d'évacuation.

Stopper toutes les constructions

Ma proposition est donc très simple, il faut stopper tous les Plans d'Urbanisme permissifs et stopper toutes nouvelles constructions. Quitte à rendre mécontents un certains nombre de propriétaires terriens, quitte à décevoir quelques centaines de familles demandeuses de logements.

En ce qui concerne les équipements publics, je considère qu'il faudra faire de même en prenant en compte que les équipements existants sont déjà suffisants.

Certes il y a besoin de faire beaucoup mieux dans le domaine culturel, il faudra donc rénover et agrandir le Conservatoire municipal, la Distillerie, faire renaître la MJC, redonner vie au projet des anciens établissements Luna pour y accueillir des activités culturelles qui n'ont pas encore d'espaces (arts plastiques, photo, danse, etc...) et y voir se croiser les pratiques amateurs et professionnelles. 

Certes il y a besoin d'un grand coup de rénovation de tous les ensembles scolaires (de la crèche jusqu'au primaire en ce qui concerne les compétences municipales), des gymnases et terrains de sport. Peut être faudra-t-il quelques aménagements supplémentaires ?

On peut imaginer la même démarche pour la voirie communale.

Mais en restant, pour l'essentiel, dans le domaine de l'existant, de l'entretien permanent, de la modernisation, de la mise en sécurité, de l'amélioration des espaces.

Entretien et rénovation de l'existant

Pour la question des transports, il est nécessaire, même s'il s'agit d'une compétence qui échappe désormais à la commune, de faire entendre la voix d'Aubagne. Et en tout premier lieu de faire savoir que la gratuité est une réponse écologique, économique et humaine qui doit être généralisée au niveau national.

Pour ma part, pour les développement futurs, je privilégierais les parcours piétons et les pistes cyclables. Mais de vrais parcours piétons et de vraies pistes cyclables qui vont d'un point A à un point B, d'un quartier à un autre, d'une zone à une autre,  sans interruption. Modestement, entre 3 et 5 kilomètre par an, cela doit être possible : de 18 à 30 km au bout d'un mandat, plus qu'en 40 ans !

Et pour commencer, j'abandonnerai le projet ferré sur Valdonne, pour en faire un parcours réservé aux piétons et aux vélos, suffisamment large pour accepter les deux modes de déplacement et le sens aller-retour. Le projet actuel des adeptes du train-tram (ou l'inverse) ne satisfera que quelques centaines de familles pour un coût actuel de 150 millions d'euros (et qui finira, sans doute, à plus de 200 !), sans résoudre ni les problèmes écologiques, ni ceux de circulation.

Par contre, prolongeons le Tram jusqu'à Marseille (il manque 7 à 8 km de voie pour rejoindre Air Bel ou Les Caillols). Cela désengorgera l'autoroute de plusieurs milliers de voitures (surtout s'il est gratuit) et cela permettra à des centaines de marseillais de venir se promener dans le centre ville d'Aubagne.

Stop à Valdonne, prolongeons le tram

Surtout si on le re-dynamise vraiment en faisant acheter par la commune tous les locaux vacants et les baux commerciaux en liquidation pour les offrir (ou à des prix modiques) à des céramistes ou santonniers anciens ou nouveaux. 

Surtout si, en contre partie des implantations extérieures, on négocie l'implantation en centre ville de quelques "grosses enseignes" de la mode, du vêtement et de la culture : "Les terrasses de l'Huveaune" disséminées partout dans le vieil Aubagne, ce n'est pas impossible.

Bien sûr, cela demandera des moyens financiers, certes modestes, mais réels. Cela demandera d'arrêter cette politique de la peur de la dèèèèèèète, comme l'écrivent certains rédacteurs de Mèfi... sans l'aggraver mais en la réduisant réellement.

Chaque année, Aubagne rembourse 7 à 8 millions de capital aux banques. Empruntons chaque année (oui empruntons !) entre 3 et 5 millions. La dette diminuera et on pourrait par exemple investir entre 3 et 5 millions d'euros, avec chaque année un quartier différent. En deux mandats, à hauteur d'une vie humaine, juste le temps de grandir pour un enfant, tous les quartiers pourraient en bénéficier.

Utopique ? Mal pensé ? Des oublis ? C'est justement pour en débattre.

Joseph Lèsperd