Municipales 2020 : "Aubagne la commune" est née


Municipales 2020 : Aubagne la Commune est née

L’Appel pour Aubagne, qui devait devenir "Aubagne la commune" à la fin de la soirée, se réunissait ce mercredi 26 septembre pour affirmer la volonté de créer une alternative crédible à la gestion Gazay. 

Un petit air de déjà vu ? C’est vrai que ça ressemble à ce qui s’appelait jadis démocratie participative. Valeur abandonnée aujourd’hui à Aubagne par son maire et sa majorité Les Républicains, qui s'enferment dans un isolement digne de celui dénoncé par Gérard Collomb vis à vis de l'attitude de Macron.

Mais il faut croire que les bonnes habitudes ne sont pas totalement rangées au placard. C’est ce que semble démontrer le nombre d’Aubagnais présents à cette cogitation citoyenne.

On y rencontre ça et là des acteurs culturels, associatifs, des élus ou anciens élus, des responsables politiques, des agents du service public, des citoyen·ne·s engagé·e·s. En bref, toute la gauche qui compte aujourd'hui à Aubagne, à l'exception d'un nouveau venu sur la scène politique aubagnaise : Raymond Lloret. L'élargissement, du moins dans la création de l'alternative politique, n'est pas encore allé jusque là.

Comme le faisait remarquer Frédéric Serves, un des animateurs de la soirée, "109 participants pour du sang neuf pour la ville". Jolie formule qui révèle une salle joliment remplie. La sensation d'une mayonnaise qui prend.

Après une brève présentation faite par Cathy Burel, et en l'occurrence brièveté est une bonne chose, la réunion s'est organisée autour de 4 grands thèmes : Démocratie, Parité égalité, Solidarité et bien vivre ensemble et Ville créative et audacieuse. La deuxième partie étant réservée au choix du nom de ce mouvement qui prend, c'est maintenant une certitude, une ampleur jusqu'alors inédite.

Démocratie, le premier temps du débat

Les interventions nombreuses faisaient simplement preuve de bon sens. Il est vrai que le sujet est sensible mais le respect et la bonne humeur devaient permettre des débats sains, des échanges brefs mais souvent percutants, limités par Clémentine Fardoux la maîtresse du temps. Travail difficile car un brin censeur, mais nécessaire au bon déroulement de telles réunions.

On a pu entendre que la Démocratie c'est "le vivre ensemble", "la démocratie se joue au niveau de la ville", "il est nécessaire qu'elle implique les citoyens dans la gestion de la cité et qu'il faut créer des structures pour ce faire", qu'elle pourrait s'appuyer sur des mesures telles que "la révocation des mandats et le contrôle des élus". On donne des exemples comme celui de la démocratie participative mise en place à Saillans dans la Drôme... tout en faisant remarquer que celle-ci existait bel et bien à Aubagne avant l'arrivée de Gazay. Enfin, la démocratie c'est aussi incarner une liste grâce à des débats et suffisamment en amont afin que  ceux qui participent à ces débats ne se sentent pas spoliés par des décisions d'appareils de dernière minute.

Parité et égalité

On a pu entendre : "tous et toutes doivent avoir les mêmes possibilités", "accepter de perdre pour donner à l’autre", "mettre cette question au cœur des quartiers et organiser des réunions dans les quartiers", "l'exclusion ils connaissent (ndlr : les jeunes des quartiers) et sont dégoûtés de la politique, faisons exploser ce ras le bol par le vote et ne pas en faire des alibis en les emmenant à la participation".

Solidarité et bien vivre ensemble

C'est Christian Six qui introduisait le débat sur ce thème en pointant la nécessité de "combattre l’indifférence et l'isolement, amplifier la participation pour plus de solidarité", mais aussi faire "place à la fête, à la culture et aux sports pour apaiser les tensions". La salle prenait le relais :"nous voulons un mode de déplacement confortable, doux et gratuit". Et puis le débat tourna un bref instant autour de la notion de gratuité, certains préférant la notion de "libre accès plutôt que gratuité" pour ne pas prêter le flanc à la critique qui pourrait dire qu'en fait rien n'est gratuit. Ce qui n'était pas l'avis d'autres défendant le fait que "l'école est gratuite et que c'est devenu une évidence pour tout le monde", même si aujourd'hui cette égalité gagnée de haute lutte à tendance à être battue en brèche.

Ville créative et audacieuse

"Ne pas rester dans le carcan des compétences de la ville", "prendre plaisir avoir envie", "re-créer un endroit de culture", "redonner envie de revenir au centre ville", "mise en place d'une monnaie locale", "favoriser les circuits courts", et encore une couche sur la gratuité : "servir des repas gratuits et bio pour nos enfants". un bien beau programme, qu'il faudra tout de même budgétiser.

Ambiance bon enfant donc, mais sincèrement studieuse. "On se revoit une fois par mois" pouvait-on entendre. Il semble que cela va de soi. "On a franchi un cap d’audace et de créativité. Comment on fait pour passer de la pensée magique à l’action, c’est ça la vrai audace. Ça commence maintenant" affirme Magali Giovannangeli, comme pour répondre à cette soif de construire ensemble. Et Denis Grandjean de faire remarquer que "la parité femme/homme a été naturelle dans les prises de parole. Mais il faut aussi réfléchir avec les agents du service public à une forme de management qui convienne à tous pour un service public à la hauteur des attentes exprimées ici ce soir".

Et le nom ?

"Il faut fédérer autour du nom. C’est ce soir qu’on décide !". La liste des propositions s'affiche sur le grand écran, pilotée au clavier par Jean-Jacques Maly. Et est longue cette liste qui au final verra émerger "Aubagne la Commune".

Et nous ne pensons pas qu'il faille s'arrêter à la seule notion de division géographique du mot Commune. C'est une période insurrectionnelle qui commence à Aubagne. Elle ne durera pas 2 mois mais ira au moins jusqu'en 2020, à l'assaut de la gestion catastrophique d'une majorité municipale sourde à la grogne de sa population.

 

Benoit Jancet

 

 

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