Contribution aux Municipales 2 - faire table rase du passé


carte electrorale

Depuis mon premier papier sur ce thème, de l'eau a coulé sous les ponts. A l'époque, la France Insoumise venait de retomber sur le sable encore chaud comme une vague puissante fatiguée de s'élever encore et encore. Les Présidentielles et les Législatives avaient permis à tout une partie de la population dite progressiste de s'unir et d'être représentée à l'Assemblée Nationale par un groupe parlementaire. Après la tempête, le calme, du moins en apparence... Et le bilan.

Sur le territoire aubagnais, comme ailleurs sans doute, tout n'était pas rose. Les discussions avaient fourni leur lot de division au sein de la F.I. locale et les groupes d'appuis se défiaient à l'envie, sans doute plus préoccupés par leur volonté d'imposer leur modèle, leur vision, leur idéal, que de travailler à composer un nouveau modèle, une nouvelle vision, un nouvel idéal.

Depuis, les tensions sont un peu retombées et il semble que certaines et certains se soient tournés vers la prochaine étape : les Municipales. Excusez-moi pour ce gros mot.

Les Municipales : en l'écrivant, j'ai l'impression d'en avoir vexé plus d'un.

Si elles crispent à ce point, c'est bien que les Municipales s'annoncent comme un nouveau rendez-vous de division pour les forces progressistes du territoire. Visiblement, et si je me fie à ce sentiment, nous serions tellement plébiscités et attendus par la population et les sondages que nous pourrions nous payer le luxe de ne pas nous unir, au moins pour nous écouter. Il faut savoir admettre, avec le temps, qu'une bataille interne a été perdue. Mais une bataille, ce n'est pas la guerre.

Les Municipales donc : insulte parmi les insultes. Prononcer le mot pendant une réunion et vous êtes sûrs que l'intervention suivante viendra temporiser. Suis-je le seul à voir le déluge de plans Com balancé par Gazay pour redorer son blason ? Et nous aurions et le luxe de la division et le temps de ne rien entreprendre dès maintenant ?

Pour autant, je peux comprendre le dilemme. Il y a ceux qui veulent le pouvoir, qui pensent que l'on ne peut agir qu'en le pratiquant, et qu'il est bon de propager à toute une communauté le programme que l'on a imaginé pour les siens. Et puis il y a ceux qui considèrent qu'ils agissent déjà, via les associations, via les rendez-vous dans la ville, via tout un tas d'autres modes d'action qui consistent à penser que pour changer les choses, il faut commencer par son environnement immédiat. Les deux visions se défendent.

Mais dans notre système jacobin, où le sommet de la pyramide décide qui vit et qui meurt à sa base, n'est-il pas intéressant de penser occuper le sommet, dans l'idée de le changer justement ?

Alors oui, on me rétorquera qu'il n'y a pas de fumée sans feu, que la méfiance envers certains est motivée, que tout ne fût pas parfait jadis, sous Fontaine ou Tardito, que des susceptibilités ont été froissées, que des voix ont été ignorées, que tous n'ont pas été entendus.
Certes, alors il vaut mieux six ans supplémentaires de Gazay , sans doute.

Ou alors, on met en application nos valeurs. On accorde une seconde chance, on ne juge pas sur l'apparence, on ne préjuge pas des intentions d'autrui ! On peut dire ce que l'on veut des cathos, mais quand ils doivent pardonner l'impardonnable, ils le font, en cohérence avec leurs valeurs. Faisons de même.

Le jeunot que je suis n'a rien à reprocher à l'ancienne municipalité. Rien de rien. Hormis les trottoirs un peu trop haut du quartier des Défensions qui ont bousillé mon bas de caisse. Ce que je veux dire, c'est que, vu de l'extérieur, tout ça ressemble à des combats de coqs qui n'ont rien à voir avec l'intérêt de la population. Pire peut-être, on dirait que beaucoup mettent toute leur énergie à canaliser les initiatives, à retarder l'ébullition, comme s'ils avaient peur que cela parte dans tous les sens, que cela leur échappe...

Attendre, attendre, attendre... N'en avons-nous pas marre d'attendre ? Depuis quelques semaines, des lignes semblent bouger, les gens se parlent, un appel a été lancé mais là encore : que de précautions à prendre pour ne pas froisser, que de détours à emprunter pour ne pas dire ce que certains ne voudraient pas entendre, que de potentiels ignorés ou stigmatisés.

Même Mèfi qui accomplit pourtant une mission des plus utiles en apportant une contre-information à la propagande municipale est parfois sous le feu des critiques. Et après, certains s'étonnent que parmi nous, des contributeurs choisissent de s'exprimer sous des pseudonymes. L'important n'est clairement pas de savoir qui écrit mais, ce qui est écrit. A ma connaissance, il n'y a pas d'apprenti-maire dans la rédaction et nous sommes suffisamment clairs sur nos intentions pour ne pas nous en inventer. Ce que nous publions est la simple rectification de l'information enjolivée de la municipalité. Il existe des puristes qui ont décidé que ceux qui, de près ou de loin, fréquentaient l'ancienne municipalité, sont des parias, à fuir, à ne surtout pas écouter. Quand on en arrive là, il est des questions qu'il faudrait se poser quant à son engagement politique qui ne peut et ne doit jamais être dicté par des rancœurs personnelles ou des désillusions passées. 

Tout ce scepticisme fatigue un peu. Je pense qu'il faudrait commencer à intégrer l'idée que tout ne se fera pas comme on aimerait, individuellement, que cela se fasse.

Il ne s'agit pas de prôner le culte de l'homme providentiel mais seulement de ranger dans les archives de l'Histoire politique d'Aubagne la détestation des hommes et des femmes qui ont été aux manettes. Tout projet ne peut se construire que sur des bases saines. Si nous trimballons dans nos besaces ces rancœurs, ces reproches et ces égos blessés, alors nous nous vautrerons à coup sûr aux prochaines échéances.

Camille Alexandre

 

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