Les Chroniques du règne de François II - épisode 13


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Cela faisait longtemps n'est-ce pas ? Je ne parle pas de la parution des Chroniques ! Non, vous les aviez toutes et tous sans doute oubliées. Non, je vous parle de la sacrosainte parole présidentielle, celle qui était devenue si rare jusqu'à présent, en tous cas qui s'était bien arrondie lors de cette première année de mandat.

Il faut dire que François II n'avait pas à chercher bien loin des alter égos capables de lancer des formules faussement franches et franchement ignobles à l'endroit de celles et ceux qu'il a qualifiés il y a plusieurs mois de cela déjà les "rien". Parmi les rangs de La République en Marche, des gros bras à l'outrance facile et au filtre cassé s'étaient amusés à distribuer aux médias leurs répliques tantôt caricaturales, tantôt offensantes, tantôt simplistes. Songeons à ce chef d'entreprise lyonnais qui s'était pris pour Donald Trump dans une émission télévisée qui s'est vautrée et qui claironnait à qui voulait l'entendre qu'il avait autre chose à faire que d'écouter les gens de sa circonscription...

MACRON IS BACK

Mais le voilà de retour ! Contraint de retrouver la route des médias en raison de l'effervescence sociale qui dure et des échecs diplomatiques, il n'a pas pu retenir le petit mot qui crée la polémique. François II nous scande sans honte :

"les gens qui pensent que la France, c'est une espèce de syndic de copropriété où il faudrait défendre un modèle social qui ne sale plus (sic), une république dont on ne connaît plus l'odeur, et où l'on invoque la tragédie dès qu'il faut réformer ceci ou cela, et qui pensent que le summum de la lutte c'est les 50 euros d'APL, ces gens-là ne savent pas ce que c'est que l'histoire de notre pays".

Il complète son jugement d'une comparaison avec le sacrifice du Colonel Beltrame qui, lui, s'est battu à juste titre, selon notre bon Roi, pour des idées, des valeurs, la France et, comble du cynisme, pour "une guerre qui le dépasse".

Après le coup de la politesse aux forceps face au personnel soignant exaspéré, le voilà qu'il nous joue les pères la morale, garant de l'Histoire d'un pays dont il serait l'un des seuls détenteurs de la vérité. Lorsque l'on s'arroge le pouvoir de dire ce qui est et ce qui n'est pas, on vole à autrui ce que la communauté lui garantissait jusqu'alors. Macron = voleur ?
Surtout pas les amis, Monsieur Macron est une personne éminemment respectable, sortie des urnes par le biais de l'expression populaire (sic) et qui parade à longueur de journées en costume sombre impeccable. Bon, et si on laissait de côté les faux semblants et la superficialité des apparences ?

SA MAJESTÉ A DIT...

Que nous disent ces propos de notre Président de la République adoré ?

D'abord, que pour lui 50 euros ne valent pas que l'on se batte. J'en connais qui se démènent actuellement pour une augmentation de 50 euros dans le pays. Vous savez, les augmentations collectives de 1 ou 2% qui sur un SMIC donnent une vingtaine d'euros de plus par mois et que le personnel refuse avant d'être laminé dans les médias pour leur déraison. Et bien 5% d'augmentation pour un SMICARD c'est un peu plus de 50 euros et ça leur va bien lorsque la DRH accepte ce genre d'augmentation.

Ensuite qu'il n'est pas normal de se battre pour sauvegarder son modèle social. Par conséquent, comment voulez-vous discuter avec ce monsieur qui pense qu'un modèle social ça ne se respecte pas et ça n'a aucune valeur ?

Enfin qu'il vaut mieux un homme mort qui le suit plutôt que des femmes et des hommes vivants qui le contredisent. Je pense que le Colonel Beltrame a agi comme le lui dictait son code d'honneur et qu'il n'a certainement pas sacrifié sa vie pour être récupéré par un Président contesté capable d'associer dans le même raisonnement sa mort et les APL.

LA COURONNE NE PASSE PLUS

Notons enfin le propos déplorable et terrifiant tenu à l'endroit du militaire assassiné et qui s'est sacrifié, selon notre bon Roi, pour "une guerre qui le dépasse". Magnifique n'est-ce pas ? Macron nous souhaite de devenir aveugles au point de nous sacrifier pour quelque chose qui ne nous dit rien, pour quelque chose qui nous échappe. Je précise que rien ne dit que c'est ce qu'a fait le Colonel Beltrame.

Sa Majesté prend sans doute ses désirs pour des réalités. Il voudrait un peuple de suiveurs, de bénis oui-oui, d'embrigadés et d'inféodés. Sa Majesté oublie sans doute qu'elle n'a été élue qu'à la faveur d'un second tour pipé après un premier tour extrêmement serré entre les quatre mouvances nationales. En somme, Sa Majesté s'est vue plus grande qu'elle n'est, en gourou présidentiel, à la tête d'une guerre juste, adoubée par le destin, chargée d'une mission réformatrice irrésistible... 

Quelle horreur... Emmanuel ne touche plus terre. Avec lui, ça marche ou ça casse. Les étudiants vous le diront. Les cheminots vous le confirmeront. Les infirmières le scanderont. Mais le parti des médias veille. Macron dort sur ses deux oreilles.

Je pourrais terminer là mais je les entends déjà les protecteurs de la bonne parole fade et raisonnable qui écrase de leur jugement de complotisme quiconque émet un avis hors des sentiers battus. 

En tapant "Macron" dans google, nous sommes noyés sous les articles nous informant (sic) que le couple présidentiel ira passer le week end à Brégançon, que Sa Sainteté ira recevoir le prix Charlemagne, que la même Sainteté a assisté au match du PSG en tribunes, que notre bon Président fait preuve d'une diplomatie "de la séduction", qu'un vétéran lui a demandé d'être "ferme avec tout ces gauchos" le 8 mai pour finalement tomber en fin de page 2 (que personne ne regarde jamais ou presque) sur un article du Monde qui aborde le sujet pour dire que "le Président de la République ne craint pas la polémique".  Le documentaire qui a relayé les propos qui font l'objet de cet article date du 7 mai. Deux jours... déjà.



Camille Alexandre

 

© photo agence Reuter

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