Vœux de Gazay au personnel

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Depuis le 8 janvier, le maire d'Aubagne fait le tour des services de la ville pour présenter ses vœux aux agents communaux. L'écart entre les paroles et les actes est immense.

Depuis janvier 2016 où il était venu dire avec des accents un peu angoissants "je sais ce que vous faites, je sais ce que vous dites", le ton a radicalement changé. Aujourd'hui, le message c'est "Tout ce qui se fait de bien dans cette ville, c'est grâce à vous" avec deux compléments "sans vous les élus que nous sommes ne seraient rien" et "depuis 2014, c'est bien, mais aujourd'hui c'est formidable".

Le coup de chapeau au service public communal à la cérémonie des vœux à la population le 19 janvier est venu confirmer ce nouveau discours.

Après la mise en pièce de la restauration publique municipale, la réduction des interventions du CCAS, les licenciements du personnel public en CDD, la mise au placard pour non soumission idéologique de cadres municipaux (entraînant un double poste et donc une double dépense pour les finances de la ville), les brimades permanentes du personnel des écoles, le non remplacement des départs en retraites, etc, ... Gazay changerait-il son fusil d'épaule ? Reconnaîtrait-il l'efficacité, le professionnalisme, le dévouement au service du public et le sens du travail bien accompli, quelles que soient les orientations politiques de la majorité municipale, de toutes et tous les agents communaux ?

Coup de chapeau pour un coup de massue au service public ?

Malheureusement, il semble que seul le discours ait changé. La probabilité de plus en plus grande d'avoir des élections municipales dès 2020 n'est sans doute pas étrangère à ces nouveaux mots employés maintenant par tous les élu.e.s de la majorité.

Même par Léo Mournaud qui pourtant, fin décembre, faisait savoir publiquement que retrouver le personnel communal pour la soirée de Noël était une véritable corvée.

Même pour le maire qui en décembre licenciait deux agents dont un jeune en emploi d'avenir "par soucis d'économie". 

Et encore en janvier en se séparant d'une personne qui animait le secteur numérique depuis près de 5 ans, en y rajoutant une belle dose de mépris.

Actuellement, le principal syndicat des cadres, ingénieurs et techniciens de la ville distribue un tract où on peut lire, au sujet des commissions paritaires, "l'irrespect et l'hostilité sont de mise... l'arbitraire y règne dans le cynisme le plus complet".

On y parle d'inhumanité (non nomination d'un agent en poste depuis 35 ans victime d'un accident de travail sous prétexte qu'il n'a pas pu être évalué toute l'année), d'illégalité (rapports modifiés après la signature de l'intéressé), d'injustice (un agent avec avis favorable prioritaire n'est pas proposé alors que d'autres sont nommés sans avis prioritaires).

Inhumanité, illégalité, injustice

Les méthodes sont dénoncées : coupure des micros, menace, vote au pas de charge sans connaître l'objet du vote, climat délétère...

On souligne que derrière le discours de façade "compréhension, bienveillance, sérénité retrouvée, dialogue social...", on retrouve "une gestion des ressources humaines coercitive... pyramidale... sans aucune considération...".

La réalité des faits nie la musique des mots : pressions sur les agents, brimades, baisse des dotations en équipement, absence d'entretien des machines, des véhicules, du bâti, restrictions des fournitures (hygiène, nettoiement, papeterie, informatique obsolète...) continuent d'être la réalité quotidienne des services.

On peut rajouter que dans toute l'histoire d'Aubagne, il n'y a jamais eu autant de membre du personnel qui font appel au Tribunal Administratif.

Après avoir utilisé toutes les procédures amiables, le syndicat FSU, ce mois-ci, s'est vu contraint de faire appel à la justice administrative pour faire valoir ses droits. Alors que les textes l'y obligent, le maire refuse de leur attribuer des locaux réclamés depuis plus de trois ans.

Bref, sa campagne de communication ne cache pas le positionnement idéologique et dogmatique de Gazay vis à vis des fonctionnaires quels qu'ils soient. C'est vrai pour l'hôpital comme pour les services territoriaux, pour la Poste comme pour la distribution de l'électricité.

Antoine Monticellu

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