Gazay rate sa cérémonie de voeux


voeux gazay

Le vendredi 19 janvier, à l'Espace des Libertés, le maire d'Aubagne avait invité la population aubagnaise à le rejoindre à l'occasion de "sa" cérémonie des vœux.

Les efforts de communication pour y faire participer un maximum de personnes avaient été conséquents : pleine page d'AJJ, affiches sur toutes les "sucettes" Decaux et dans les abris bus, appels téléphoniques, mails, deux vidéos sur le site de la ville et sur la page facebook du maire...

Bref, pour des élus qui condamnaient les dépenses "dispendieuses" de communication dans la mandature précédente, c'était, au moins, match nul.

Pour la participation, La Provence écrit "La cérémonie a attiré un public nombreux". Certes. Mais soyons plus précis.

Trois cents personnes assises (plus exactement 15 rangées de 20 chaises, en deux carrés qui occupaient environ 80% de l'espace disponible), 120 à 130 debout en fond de salle, massivement regroupées devant l'entrée ce qui donnait le sentiment aux retardataires que la salle était comble alors que des espaces restaient inutilisés sur les côtés, des côtés où deux allées pour le buffet devait accueillir les agapes finales, occupant encore 10% de la salle.

Peu d'employés communaux, sauf celles et ceux qui étaient en service. Une responsable de l'administration est arrivée après un tiers du discours. Elle est restée dans le couloir, puis est partie avant le clap de fin.

Personne devant les écrans extérieurs

Sans doute pour donner le sentiment d'une plus grande réussite, le maire a annoncé qu'il y avait des écrans extérieurs, mais il n'y avait personne devant les écrans.

Si on compte environ 60 à 70 invités extérieurs, élus et ami.e.s des communes alentours, il devait rester environ 350 Aubagnaises et Aubagnais, même pas le compte pour l'échantillon d'un sondage. D'autant plus qu'il était composé essentiellement d'électeurs de Gazay... quoique, les temps changent et le mécontentement grandit y compris chez "les siens". On va le découvrir pendant le discours.

Tous les élus socialistes étaient là. Je n'y ai pas vu l'élu LREM/Modem. Ce qui ne veut pas dire qu'il n'y était pas. Un socialiste sur un ton très moqueur me disait : "il est peut-être avec Castaner à Marseille pour obtenir la tête de liste aux prochaines municipales". Cela l'a fait beaucoup rire, mais on pouvait sentir une pointe d'inquiétude. Il rajoutait : "Dans ce cas là, l'alternance ce n'est pas pour demain".

Les élu.e.s "Aubagne alternative citoyenne et écologiste" n'y étaient pas. Chacun sa tactique. Suivant les années et le côté où tombe la pièce.

A 18 heures 30, les élus se présentent sur scène, puis Gazay apparaît, bras ouverts, façon Pie XII arrivant sur la terre sainte.

Gazay, façon Pie XII

Malgré l'absence massive des agents du service public communal, il a commencé en les faisant applaudir : "Tout ce qui se fait dans cette ville, c'est grâce à eux". Il essaie de masquer plus de trois ans de mépris, de mises au placard, de licenciements, de non remplacements...

Mais la salle a du mal à suivre. L'électorat de droite peut difficilement oublier le dogme sur "ces fainéants de fonctionnaires", même pour des raisons très opportunes électoralement. Tout le monde n'est pas Gazay qui s'échine depuis une semaine à faire le tour des services pour faire passer le "nouveau" message. Les prochaines municipales ne sont pas si loin.

Puis d'une voix monocorde et sans réelles convictions apparentes, le maire déroule son intervention totalement écrite, sans aucune improvisation. Tout y est, comme puisé dans "Le modèle de discours pour le maire sur discours.fr", dans la rubrique "Notre sélection : discours vœux du maire 2018".

Petit 1, parler de l'environnement, petit 2 les réalisations passées puis à venir, petit 3...

Pour les réalisations de l'année 2017, Gazay s'interrompt et un film d'un dizaine de minutes vient tenter de mobiliser l'attention. Musique à fond, défilés d'images, des mots ronflants... au final, on n'a rien retenu mais le rythme était bon. Surprise : le tramway est cité comme un atout et une belle réalisation dans ce petit documentaire.

Pour les réalisations 2018, le maire reprend le fil de son exposé. C'est du copier-coller du discours de l'an dernier. En 2017, c'était : "Après trois années consacrées à la mise en place d'une nouvelle gestion, cette année verra de nombreux investissements...", cette année, c'est la même chose, avec une nuance de taille, on dit : "Après 4 années...".

Copier-coller de l'an dernier

On nous rabâche le mensonge sur la dette "20 millions de réduction" (Mèfi a déjà écrit des dizaines de fois la dessus, les documents de la ville indiquent : 160 M€ en 2014; 159 M€ en 2018). On nous "révèle" la suppression de 40 millions d'emprunts "toxiques". En oubliant de dire que la plupart des communes de plus 10 000 habitants, des conseils départementaux, des régions avaient été concernés. Au total, 578 collectivités, parmi les plus grandes.

Que Bercy, en 2016, a investi 5,5 milliards d'euros pour éviter aux banques d'être traînées devant la justice. Rappelons qu'Aubagne avait engagé une action devant les tribunaux et que cette action a pris fin après la négociation avec l'Etat français.

Après nous avoir dit qu'en 2017, suite à Rastègue/Martinot, en fin d'année les travaux débuteraient pour Barthélémy-Delfieu-République, en 2018, on est plus modeste et on nous annonce la réfection de Moussard (50 m de voirie), le square Mathieu et le Parvis des Pénitents.

Pour Barthélémy-Delfieu-République, on dévoilera le projet en juillet, pour les travaux peut-être 2019 (si les municipales sont pour 2020, sinon ce sera pour après).

Pour le renouveau de la ville "il faudra être patient" nous confie le maire. On avait compris.

Tout le reste est de la même trame. Il a vu une ville verte, de nouveaux espaces verts et fleuris. Les Aubagnais cherchent partout. C'est plus difficile à trouver que les Pokémon.

Applaudissements polis

Le comble du mensonge dans une cérémonie de vœux : il a osé se présenter en opposant à la bétonisation d'Aubagne ! Lui qui a autorisé les constructions au pied du Garlaban, à La Louve, au Vallon des Gavots, dans les moindres recoins du chemin de La Perussonne, etc ...

La culture a occupé très exactement six secondes du discours. Dans la droite ligne de la suppression du Festival des Arts Singuliers, de la fermeture de la MJC, de l'exil de Danielle Jacqui, de la réduction des subventions... " Lamy, c'est quoi la culture ?"

Le plus surprenant, ce sont les applaudissements. Ils sont déclenchés sur commande par les élus trônant sur la tribune, les 3 premiers rangs dans la salle suivent. Les autres effleurent leurs mains pour rester polis, comme par obligation dans une réunion de famille.

Le maire, lui, à chacun d'eux, s'extasie devant un tel enthousiasme en lisant une formule déjà écrite.

La fin vaut le détour. Il veut enflammer l'auditoire en prenant de la hauteur. On lui a fait trouver le "Bonheur National Brut", face au Produit National Brut. Il présente cela comme une découverte, alors que la formule a été utilisée en... 1972 (46 ans !) par le roi du Bhoutan, adepte des valeurs spirituelles du bouddhisme.

Début 18h35, fin 19h05, film compris, tout le monde est content de retrouver le buffet.

Ce sera mieux l'année prochaine. Certainement. Ce ne sera pas difficile.

Claude Bernardi

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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