Grève mardi 10 octobre : Gazay aussi a ses «fainéants»

mobilisation du 10 octobre 2017

On s’en doutait un peu, mais la journée nationale d’action prévue ce mardi 10 octobre dans la Fonction Publique devrait le confirmer : il y a aussi des « fainéants » à Aubagne, tout prêts à « foutre le bordel », selon les dernières insultes qu’Emmanuel Macron a désormais la délicate habitude de proférer à l’encontre de nos concitoyens, fonctionnaires ou salarié.es du secteur privé, qui lui résistent parce qu’ils voient clair dans sa « pensée complexe ».

Il en va en effet dans notre ville comme dans tout le pays : l’inquiétude et la colère montent au fur et à mesure que l’information progresse sur les conséquences, pour chacun, de l’offensive ultralibérale dont le nouveau Président a sonné la charge.

« Dans la Fonction Publique, il y a le gel du point d’indice depuis 5 ans, il y a la ponction de la CSG, mais il y a aussi, et je serais tentée de dire surtout, la suppression de 120.000 agents du service public, dont 70.000 dans la Territoriale, et celle de 200.000 emplois aidés qui étaient prévus par les collectivités locales, les associations... 320.000 emplois ! C’est sans doute le plan social les plus grave de ces dernières années » rappelle Dominique Maccari de l’Union locale Cgt.

A tel point que, pour la première fois depuis dix ans, l’appel à la grève de mardi est lancé par l’ensemble des organisations syndicales du secteur public. Et qu’une prochaine journée d’action interprofessionnelle est d’ores et déjà à l’ordre du jour de la rencontre, ce lundi à Paris, des différentes confédérations, y compris Fo et la Cfdt dont les directions ont commencé à sortir de leur passivité sous la pression de la base.

A Aubagne, où les responsables syndicaux rencontreront agents et cadres à partir de 8h30 aux services techniques et lors du pique-nique prévu avant le départ en car à 13h30 pour la manifestation de Marseille, on observe une singulière similitude entre le mépris présidentiel et le vécu local.

21 CDD non renouvelés

« On est dans la même philosophie : économiser sur tout, réduire toujours plus la qualité du service que nous apportons à la population. Dernier exemple en date, l’entretien des écoles et des bâtiments communaux : la non reconduction des contrats pour 21 CDD sous prétexte de « réorganisation » oblige à nettoyer les bureaux, vider les poubelles, 2 fois par semaine uniquement. Quant aux locaux mis à la disposition des associations, ce sera maintenant à elles d’en assurer l’entretien ! C’est ce qu’ils appellent non plus le service public, mais 'le service au public' qui pourrait revenir moins cher si on le confiait à des entreprises privées… Et à défaut, on finance un audit bidon destiné à dénigrer ce qui marche bien, comme ils ont fait ici pour la cuisine centrale. Les agents sont de plus en plus nombreux à dire qu’ils ont honte du mauvais travail qu’on leur impose. L’ambiance s’en ressent dans les services et les arrêts maladie se multiplient."           Lire: Agents municipaux d'Aubagne: témoignages automnaux.

Fierté professionnelle et estime de soi sont souvent sœurs jumelles. Elles s’accommodent mal de l’absence de projet comme de l’incompétence et du zèle militant de quelques chefaillons en charge de réprimer toute velléité de résistance.

« Nous avons prévu d’échanger mardi sur la montée des risques psycho-sociaux également constatée sur la Ville par la médecine du travail » indiquent les responsables de la Cgt qui ont mis en place des permanences juridiques à l’Union Locale pour répondre aux pressions exercées par la hiérarchie. « J’y ai déjà accueilli une trentaine d’aides à domicile » souligne Dominique Maccari.

Si la situation diffère à l’hôpital Edmond-Garcin, le stress n’en est pas moins important pour les agents et les cadres mobilisés contre le transfert du service des urgences vers la clinique privée La Casamance. « C’est une première nationale qui mériterait davantage de mobilisation ! » s’indigne Christelle Migliaccio, syndicaliste Cfdt, membre du comité de défense de l’hôpital public d’Aubagne. Elle aussi constate « un sentiment de malaise, un mal-être face à l’incertitude dans laquelle on nous laisse, ce flou, cette impression d’être tenu à l’écart alors que la décision serait imminente. »

« On a mené des combats pour l’IRM, on a en mémoire la formidable chaîne humaine autour de l’hôpital, mais c’était pour améliorer le service public. Là c’est plus profond, ça renvoie à la situation des hôpitaux où partout le personnel dit tout simplement ne plus pouvoir travailler. »

Comme le personnel des écoles primaires et maternelles de la Ville, où la mobilisation s’annonce exceptionnelle. Lire : Priorité à l’école : la preuve par le 10 !. Qu’en sera-t-il des enseignant.e.s des écoles et de ceux des collèges et lycées d’Aubagne également confronté(e)s à la suppression des emplois aidés pour les élèves en situation de handicap, à la décharge des directeurs-rices, au non financement du dédoublement des CP, au rétablissement du « jour de carence » sarkozien pour les fainéants en maladie ? On le saura mardi. Mieux vaut d’ores et déjà prendre ses dispositions pour la garde des enfants… 

Une Marche Blanche pour l’Hôpital ?

Dans tous les cas, une chose est sûre pour tous nos interlocuteurs : la journée d’action du 10 octobre ne constitue qu’une étape dans un mouvement appelé à se renforcer dans les prochaines semaines, face aux politiques libérales et à leurs représentants locaux et nationaux.

Ainsi, dès ce jeudi 12 octobre, le collectif pour la défense de l’hôpital d’Aubagne se réunit à nouveau au Cercle de l’Harmonie pour envisager les actions à venir. « Les Assises de l’Agence Régionale de Santé, les 9 et 10 novembre, nous donnent l’occasion d’une expression forte au niveau régional et on pourrait aussi organiser une Marche Blanche, de l’hôpital à la mairie » où Gérard Gazay, on le sait, n’a pas renoncé à dépouiller l’hôpital Edmond-Garcin sous couvert d’« un pôle public-privé». Lire : Défense de l’hôpital d’Aubagne : ça ne faiblit pas.

« Nous devons également avoir le souci de nous adresser aux personnels de La Casamance, comme aux usagers des deux établissements, car tous ont un intérêt commun : la qualité de l’offre sanitaire sur ce territoire » relève de son côté Dominique Maccari.

Un impératif qui vaut également pour tous les domaines de la vie locale mais il ne va pas de soi, comme l’ont montré l’expérience malheureuse de la cuisine centrale et de la MJC. « Nous n’avons pas pu empêcher la casse, faute d’un rassemblement plus large. Mais dans ces combats perdus nous avons gagné des consciences, dans et hors des services municipaux. Si nous ne les avions pas menés, cela aurait été le bulldozer derrière ! Ils ont contribué à la mobilisation d’aujourd’hui. » 

Une conviction que ne démentira pas le succès des routiers dont les commentateurs raillaient « le flop »  quelques jours à peine avant que soit arraché, dans la nuit de mercredi, un accord sur leurs rémunérations et leurs conditions de travail en totale contradiction avec la philosophie patronale des ordonnances Macron.

Fainéants va !

Dominique Palmi

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