2014-2017 : Où est passé Aubagne ?


 2014-2017 : Où est passé Aubagne ?

Bien sûr, il reste encore l’apparence de la gratuité des bus (la Métropole ponctionne désormais son financement dans le budget du territoire) dont la disparition a sans doute été jugée trop risquée, à trois ans maintenant du rendez-vous électoral de 2020. Lire " Gratuité des bus... jusqu'en 2021".

Mais c’est bien la seule mesure des équipes municipales et communautaires précédentes qui n’a pas encore échappé au chantier de démolition entrepris par Gérard Gazay et ses amis, dès leur victoire à l’élection municipale de mars 2014.

Aux deux tiers du parcours, si l’on considère que la municipalité LR a déjà bouclé quatre exercices budgétaires sur les six du mandat* la réalité saute aux yeux : Aubagne subit depuis ce triste printemps une véritable cure d’austérité qui prive ses habitants d’une qualité de vie longtemps enviée dans la région marseillaise et au-delà.

Aubagne est rentrée dans le rang libéral, son rayonnement culturel et sa vitalité citoyenne ont disparu, son environnement urbain et naturel subissent une dégradation jamais connue ici.

Aubagne s’est appauvrie, dans le même temps où sa parole, forte hier grâce à sa capacité d’innovation comparée aux lourdeurs marseillaises, ne pèse plus dans les grands enjeux régionaux. Le maire de Marseille Jean-Claude Gaudin parle et décide pour les Aubagnais, en attendant de passer la main (et Aubagne) à celui qu'il a choisi comme dauphin, Bruno Gilles, et à Martine Vassal, la future patronne de la Métropole.

Aubagne est en panne et il ne reste plus que deux budgets à Gérard Gazay et à ses amis pour concrétiser le programme électoral sur lequel ils se sont faits élire. C’est peu, car même au pays de Pagnol, il n’existe pas de quatrième tiers dans le picon-citron-curaçao…

Métropole et dette : les deux mensonges fondateurs 

Certes, le sabotage du tramway et du projet des Gargues qui auraient offert des ressources inédites aux finances locales, revitalisé un centre-ville aujourd’hui mourant et concurrencé le Grand V de la Valentine, était clairement annoncé par Gazay et Barthélémy. Et pour cause : ils préparaient leur spectaculaire conversion à la Métropole de Gaudin…  en jurant qu’ils n’en voudraient jamais !

Mais qui aurait imaginé au printemps 2014 la privatisation de la restauration scolaire ? La fermeture de la Maison des Jeunes et de la Culture ? L’expulsion, heureusement empêchée, du Secours Populaire et des Restos du Cœur de l’Espace des Solidarités ? Comme celle des syndicats de la Bourse du travail ? La fin du service des travaux à domicile pour les personnes âgées ? L'oubli de la promesse d'un portage des repas qui leur avait été faite ?

Qui aurait approuvé le sacrifice de l’hôpital Edmond Garcin au profit d’un pôle de santé public-privé au seul bénéfice de la clinique La Casamance ?

Qui aurait cru à la disparition, si pénalisante pour l’animation du centre-ville et le vivre ensemble des quartiers, de toute ambition culturelle, désormais réduite aux fifres et aux tambourins ?

A la liquidation du Festival d’Art Singulier ?

A l’état d’abandon de la filière argile et à ce que sont devenues ses manifestations-phares comme Argilla ou la Biennale de l’art santonnier ?  A l’entrée payante pour celles depuis toujours dédiées à l’enfance, comme Grains de sel et Festimôme ?

Qui s’attendait au bétonnage du Garlaban ? A la densification urbaine qui grignote un peu partout les espaces naturels et fait craindre dans plusieurs quartiers une saturation du trafic automobile ?

Rien de tout cela n’était annoncé aux Aubagnais dans le programme du candidat Gazay. Et il y a fort à parier que l’élu n’en dira pas grand-chose à l’heure de rendre des comptes.

Mèfi! a donc décidé de pallier ce manque de transparence en présentant cet automne le vrai bilan de Gérard Gazay.

Une cité dortoir « en Provence »

Si, nous l’avons vu, dans tout ce qui fait le quotidien des Aubagnais, le gouffre est béant entre les promesses d’hier et le triste vécu de ces trois années, il nous a paru important de commencer par le mensonge fondateur — le poids de la dette — qui justifie toutes les restrictions budgétaires dans le discours municipal. (Lire également "Dette d'Aubagne : Gazay dépasse Fontaine !").

Aubagne n’a jamais été aussi sale, ses espaces verts et ses jardins d’enfants aussi négligés ? C’est la faute à la dette ! Aubagne s’ennuie et n’attire plus grand monde ? La dette vous dis-je !

Le maire LR d’Aubagne serait plus convaincant si les propres chiffres de la municipalité ne trahissaient l’imposture : de l’aveu même des services financiers municipaux, les trois années de gestion Gazay n’ont en rien diminué la dette de la Ville. Son montant a au contraire progressé d’1,8 million ! 

Près de deux millions de dette supplémentaires, pour moins de services, moins d’investissements, moins d’équipements ! Ce qui revient à une augmentation déguisée de la pression fiscale... Bien loin de la promesse d’une baisse de 15% de l’impôt local, les Aubagnais constatent cet automne un impôt foncier strictement égal à celui dont ils étaient redevables en 2014 et une augmentation de 10% de leur Taxe d'Habitation !

Non, ce n’est pas la faute à la dette si Gérard Gazay et Sylvia Barthélémy se satisfont d’une cité dortoir « en Provence », en y gagnant tous les deux, au passage, un cumul des mandats et une augmentation des indemnités sans rapport avec leur aversion affichée pour la dépense publique. Ceci dans le même temps où les associations sont mises à la diète et les agents du service public appelés en permanence aux économies de bout de chandelle (ou de papier toilette).

Voilà la réalité. Vous avez pu en prendre connaissance, comme les élus municipaux, que nous mettons au défi de contredire nos informations.

A deux budgets de la fin, chacun peut en faire le constat : au-delà d’un catalogue de promesses bricolé pour l’occasion, Gérard Gazay n’avait aucun projet de ville. Rien à proposer à Aubagne, si dérangeante dans son refus de sacrifier aux banques l’intérêt général, qu’une normalisation libérale accélérée et la perte de son autonomie.

Gaudin lui en a été reconnaissant. Les échéances futures diront ce qu’il en est des Aubagnais. Pour l’heure, le pâle suppléant du député Deflesselles se garde bien de les interroger, mais leurs votes lors des dernières échéances sonnent déjà comme un avertissement.

Dominique Palmi

* Et si le gouvernement ne reporte pas d'un an les élections municipales, comme cela se murmure...

 

  

 

 

 

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