Bilan de Gazay : dernière partie


bilan gazay 2017 mimandat 03

Pour la troisième semaine, nous examinons les promesses de campagne faites par Gazay et son équipe lors des élections municipales de mars 2014. Après 4 exercices budgétaires, les comparaisons entre les engagements et la réalité sont édifiantes.

Le dernier volet que nous examinons s'intitule "urbanisme-culture-sport-qualité de vie". C'est le document de campagne le plus fourni, 12 pages contre 8 pour les deux premiers. On n'a rien voulu oublier avec le cynisme de ces pires politiciens qui affirment que "les promesses électorales n'engagent que ceux qui les écoutent".

D'entrée, la "lettre" du candidat Gazay est un condensé d'engagements non tenus. On en cite quelques-uns :

priorité d'attribution des logements sociaux... aux Aubagnais

Nous sommes passés de 85% d'attributions prioritaires aux Aubagnais avant 2014 (avec publication des chiffres vérifiables) à moins de 40% aujourd'hui. Les demandeurs de logement le savent. Sans compter toutes celles et tous ceux que l'on a rayé des listes des demandeurs pour réduire artificiellement la liste d'attente.

En précisant que, depuis "Rousselot", plus aucun logement social n'a vu le jour. Le Plan Local de l'Habitat du Pays d'Aubagne qui imposait 30% de logements sociaux pour toute construction de plus de 20 logements n'a même pas été respecté, en prenant prétexte d'une compétence transférée à la métropole.

engager un programme immobilier particulier pour les jeunes et les primo-accédants

De quoi s'agit-il ? Où en est ce programme ? Ce sont, peut-être, les villas à plus d'un million d'euros au pied de Garlaban ?

aucune construction sur la ville n'excèdera 3 étages

Ce n'est pas le cas à Camp Major avec l'immeuble "Le Major", au chemin de La Perussonne avec les 72 nouveaux logements, à l'avenue des Goums et les immeubles en construction, à la rue Ruer et l'immeuble qui vient d'être livré, etc, etc ... Tous ces permis de construire ont été signés après mars 2014. Chacun peut le vérifier.

Toutes les propositions de cette première page sont de la même veine.

Mais examinons les différents chapitres :

1 - Urbanisme

centre ancien : requalification et réhabilitation des rues, des façades, de l'éclairage, retour des commerces de proximité, réaménagement des logements, création de lieux de rencontre

La seule chose réalisée pour l'instant, c'est le changement des pavés des chaussées de Rastègue-Guin-Martinot (en tout 200 mètres linéaires). On nous annonce pour 2018/2019, Barthélémy, Loulou Delfieu et le début de République.

Il s'agit uniquement de la réfection de la chaussée. Pas d'enfouissement des réseaux (électricité, téléphone, télé, gaz, etc). Rien de prévu ni de programmé pour les façades et encore moins pour les logements.

Pour le retour des commerces, on a déjà vu ce qu'il en était dans notre premier article. Ils ferment les uns après les autres : un ouvert, dix fermés. Quant aux lieux de rencontre, il s'agit sans doute... de "la maison du complot" !

création d'une galerie à ciel ouvert, de l'horloge au lycée, avec commerces et enseignes de marque et création d'une halle couverte à Voltaire

Rien à l'horizon. Peut-être pour le prochain millénaire ? Même Mournaud n'ose plus parler de "sa" halle couverte.

création d'un bassin le long de l'Esplanade De Gaulle pour rappeler l'Huveaune

Chut ! Que tout le monde se taise. Gazay, lui-même, avait oublié cette promesse.

Et dans les non réalisés, on peut y rajouter, en vrac, la semi-piétonisation du cours Foch, de République, la création de 1000 places de parking supplémentaires, d'une crèche en centre ville, ...

Soyons juste, un engagement pris et tenu : la première heure de parking gratuite. Heureusement ! Tous les autres tarifs de stationnement ont fait un bond de + 10% et des places gratuites sont devenues payantes (boulodrome par exemple).

2 - Culture

Le fait de nommer l'Amy de Gazay comme adjoint à l'a-culture est déjà très significatif.

Mais restons sur les promesses :

- une salle de spectacle de 2000 places "type Zénith", une véritable médiathèque, une nouvelle MJC, un musée international du santon et de la céramique (MISC), un parking

Rien de tout ça. Plus personne ne parle du Zénith d'Aubagne. La médiathèque qui existe, (ou plutôt "qui végète" devrions-nous écrire tant le budget annuel de fonctionnement est risible), Gazay tente de s'en débarrasser en la revendant à la métropole marseillaise (ce qui fait plaisir au personnel : "Ouf ! On ne va plus avoir à faire aux élus aubagnais"), la MJC va disparaître et le MISC est entre les mains de la métropole qui n'a plus les moyens. On se contentera d'une "étude" sur les anciens locaux de la sécu pour essayer de le (re)proposer à la prochaine campagne... et encore après. Par contre, Gazay a bien décidé de détruire le kiosque du "Petit Monde de Marcel Pagnol". 

Et le parking, que vient-il faire dans la culture ? Vous pouvez me dire "mais il n'y a pas de parking". Il n'y a pas de culture non plus.

un espace des Pénitents avec salle de vie et d'expositions pour les associations, la mise en lumière du patrimoine, un espace concert à La Morochita, une fête inter-quartiers réalisée par les jeunes, une aide à la création pour les jeunes artistes, soutien au conservatoire

Commençons par le conservatoire, le soutien est tellement fort que Gazay a prévu de le donner à la métropole. Pour le reste, rien n'est fait, rien n'est prévu, rien ne se fera.

Ce qu'on ne nous a pas dit et qui a pourtant été fait : la suppression du festival des arts singuliers, l'expulsion de Danielle Jacqui, la liquidation de la MJC, la réduction des subventions aux associations culturelles, Festimôme devenu payant, les spectacles de rue peau de chagrin...

3 - Sport

Pour le sport, là aussi aucune limite dans les promesses de campagne :

création d'un nouveau complexe sportif aux Gargues avec un stade, un terrain de football, un stade d'athlétisme, un espace aquatique, et, au diable l'avarice, des gymnases !

Rien de tout cela n'a vu et ne verra le jour. Gazay a annulé le projet des Gargues. Cela va coûter plusieurs dizaines de millions d'euros de dédommagement à verser à l'aménageur.

réaménagement du complexe Mesonès avec de nouveaux terrains pour le rugby et un club house, réaménagement du Bras d'Or avec deux nouveaux gymnases

On doit reconnaître la création d'un club house pour le rugby en préfabriqué, 100 m² pour 500 000€. Pour le reste on compte sur le Père Noël, mais on a décidé de fermer, puis de détruire la piscine du Bras d'Or... une opération immobilière juteuse pour les promoteurs ?

réhabilitation des complexes Mouren et Charrel, du tennis club, création d'une maison de l'Huveaune pour les pêcheurs, d'une école-académie de pétanque

Gazay et son adjoint aux sports n'ont même pas su assurer les travaux de maintenance annuels nécessaires pour conserver le patrimoine sportif. Alors pour ce qui est des promesses...

lancer de nouveaux clubs, instauration d'un "chèque sport", création des états généraux du sport deux fois par an, une bourse aux sports, mise à disposition de bus pour les déplacements des clubs, etc...

La liste est longue des mesures qui n'ont pas vu et ne verront jamais le jour, mais que l'on continuera de promettre. Gazay doit penser que les amateurs de sport sont des gens sans cerveau ... et sans mémoire.

4 - Pour les quartiers

C'était une rubrique que les communicants de Gazay avaient oublié et qui arrive là un peu par hasard. Tout le monde devait pouvoir y retrouver quelque chose.

Vous jugerez vous mêmes de l'absence quasi totale de réalisation :

Logements pour les jeunes, complexe sportif, services publics aux Gargues ; espace vert à Ganteaume ; espace reliant les Pénitents, espace commercial aux aires Saint-Michel ; extention de la zone de Napollon ; pas de construction au pied du Garlaban ; aménagement des routes, de l'éclairage, des boulodromes à Beaudinard ; station thermale et usine d'embouteillage à Saint Pierre (là, on est dans le comique de haut vol) ; réaménagement des poubelles, de l'éclairage, des bordures de route aux Solans, Eoures, Royantes ; réfection des trottoirs, aménagement d'un parc de détente, bordures de route à Camp Major ; éclairage et bordures de route aux Espillères/ La Coueste ; réfection des trottoirs, création d'une crèche, éclairage à Saint Mitre ; trottoirs, places de stationnement à Central Parc, Ganteaume, Palissy...

A notre connaissance, mais vous corrigerez, à part la réfection des trottoirs à Camp Major et l'aménagement du parvis de l'église de Beaudinard, le reste n'est toujours pas programmé.

5 - Qualité de vie

C'est le paragraphe qui nous vaut, sur la page facebook de Mèfi, tous les jours des photos de poubelles non ramassées, de la saleté qui envahit les rues "façon Marseille", des rats qui prolifèrent dans tous les quartiers, des jeux d'enfants cassés, des espaces verts non entretenus où les herbes sauvages prennent le dessus, des tags sur les murs, des affiches en tout genre sur les façades et le mobilier urbain, etc... Pourtant les promesses étaient belles :

- fleurissement de la ville, un plan de propreté communal (on l'a même daté - 2014/2016), l'enfouissement des réseaux, la création d'une "fête de la lumière" en décembre, remise en état des fontaines... "mdr" comme on dit sur facebook !

C'est là qu'on trouve aussi quelques prises de position très politiques :

- arrêt du tramway : l'engagement a été tenu. Pas sûr qu'on ne le regrette pas déjà. Surtout qu'on nous annonce d'autres kilomètres de rails sur Voltaire et ailleurs avec le tram de Valdonne.

- oui à la gratuité des transports : oui pour l'instant, non dans les faits, on attend 2020 pour que la métropole annule tout cela. La RTM est déjà là.

Mais l'essentiel, c'est que dans les faits la gratuité n'existe déjà plus. C'était le Versement Transport des entreprises qui finançait la gratuité. Désormais, la métropole retire du budget du territoire le coût de la gratuité. Au détriment d'autres projets.

- Non au passage de la LGV par Aubagne : faux. Le maire d'Aubagne a donné son accord pour le passage de la LGV à Aubagne, même s'il fait semblant de revendiquer un tunnel qui ne se fera pas vu les coûts de l'ouvrage. Il fallait continuer à refuser le passage de la LGV à Aubagne.

- Non à la métropole : faux. Gazay s'y est vautré, complice avec le maire de Marseille. Il accepte la domination de l'administration de Marseille pour tous les projets aubagnais, allant même jusqu'à recruter force cadres issus de l'administration phocéenne et de l'ancienne communauté urbaine de Marseille (Directeur général des services, directrice des ressources humaines, directeur aménagement et grands travaux, directeur de l'espace public, responsable de la propreté...).

Ce faisant Gazay, qui se fait le chantre du rayonnement d'Aubagne à longueur de discours, a fait perdre toute son aura de réussite à notre commune. 

Aubagne était respectée, admirée, enviée, pour son dynamisme économique, pour sa vie culturelle intense, pour ses fêtes populaires de qualité, pour son audace démocratique et sa capacité à innover.

Aubagne a perdu sa voix dans le département et ailleurs. Aubagne ne compte plus. C'est sans doute le plus grave parmi les engagements non tenus.

6 - L'agriculture

C'est le bouquet final ! Gazay et son équipe n'ont pas grand chose à dire à ce sujet dans leur document de campagne (une seule page contre deux pour les autres thèmes).

Coup de chapeau aux équipes précédentes : félicitations appuyées pour la charte agricole de 1992, puis celle de 2011, à la création du CETA et du label "Les jardins du Pays d'Aubagne".

Mais Gazay s'y engage, il va faire "plus de bio dans les cantines scolaires". Sa première mesure a été de bazarder la cuisine centrale toute neuve au privé : le personnel est redéployé dans les services municipaux pour combler le manque d'effectif, le savoir faire de la cuisine centrale est gaspillé, les équipements de la cuisine, financés par l'argent public, sont mis à la disposition du nouvel opérateur privé. Plus de bio ? La Sodexo s'en occupe !

Et défile la liste des propositions non réalisées :

- la création de parcs et jardins dans les quartiers, le reboisement des collines, l'aménagement des berges de l'Huveaune au-delà du centre ville, la création d'une journée du jardinier, ...

 

Au total, ce sont plus de 85% des promesses de campagne du candidat Gazay qui n'ont pas été tenues ou qui n'ont pas fait le début d'un commencement de mise en oeuvre. Au bout de 4 années de mandature, c'est peu, vraiment très peu.

Par contre, des dizaines d'actions non annoncées cassent les plus belles réalisations d'Aubagne et abîment l'image de la ville. 

Le bilan au bout de 4 ans est édifiant. Un bilan que nous jugeons pour notre part à l'aune des engagements du candidat Gazay : cyniques, mensongers et inconséquents. Mais aussi à l'aune de l'incompétence de l'équipe municipale qui gaspille le budget communal et persiste dans son arrogance et ses choix dévastateurs. 

Antoine Monticellu

 

 

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