2014-15-16-17, bilan de Gazay : 2ème partie


Bilan à mi-mandat de la politique de Gérard Gazay maire d'Aubagne

Nous poursuivons cette semaine notre relecture du programme de Gazay afin de dresser son bilan après 4 années de mandat. Après les finances, la sécurité, l'économie et l'emploi, nous abordons le second volet des engagements de campagne intitulé "éducation, social, santé, humanitaire, jeunesse".

Des engagements développés sur 8 pages, un peu touffues, en 4 grands chapitres, l'éducation, le social, la santé, la jeunesse. L'humanitaire n'y est seulement abordé que dans une petite "pastille" en fin du chapitre santé.

1 - éducation

L'ambition affichée est forte : "viser l'excellence pour tous les enfants d'Aubagne". Pas moins. En relisant cet affichage après quatre années de restrictions tous azimuts, on mesure l'écart énorme entre les effets d'annonce et la réalité : pas de travaux d'entretien dans les écoles pendant les trois premiers exercices budgétaires. Même si, en 2017, la ville a fait un petit effort, tout en restant très en deçà du niveau d'intervention des décennies précédentes. Les restrictions budgétaires s'appliquent dans tous les aspects du fonctionnement des écoles, jusqu'au nombre de rouleaux de papier toilette et d'essuie-mains mis à la disposition des enfants.

Mais reprenons les engagements de Gazay point par point : 

- développement de 3 filières universitaires : "le SATIS déjà existant que nous allons enrichir". Pour l'instant, force est de constater que rien n'a bougé de ce côté-là. 

"Les métiers autour de la santé (aides soignants, podologues, orthoptistes, orthophonistes, ...". A ce jour, rien d'autre que l'école d'infirmiers qui existait déjà.

"La création d'une filière sport-étude globale (collège-lycée-université)". Il y a bien eu deux sections universitaires (VTT et équitation), installées avenue Fallen, condamnant le service jeunesse à se replier dans les locaux du PIJ. Quant à la filière globale, nous attendons toujours.

- création d'une école pilote équipée de nouvelles technologies

La seule chose que nous avons vu, c'est l'arrêt des investissements pour les classes informatiques.

- soutien scolaire pour les enfants en difficulté, création d'un tutorat inter établissement et inter quartier, préparation des élèves au brevet et au bac, financement d'outils modernes pour alléger le poids du cartable, travaux importants des infrastructures scolaires

Rien. Cherchez bien, il n'y a rien de tout cela. Sauf si on considère que changer un rideau sur deux, refaire la peinture de quelques classes et réparer les sanitaires de moins du quart des écoles, constituent des travaux importants.

On retiendra cependant que l'entraide scolaire, coordonnée par le service éducation, a été brutalement stoppée et que la trentaine de bénévoles a été mise sur la touche. De toute évidence, l'excellence n'est pas une visée pour tous les petits Aubagnais, et certainement pas pour ceux qui rencontrent le plus de difficultés. 

des récompenses aux plus méritants

"Des bourses pour les meilleurs résultats au brevet, au bac, à l'école d'infirmiers, au conservatoire". On cherche, on cherche, mais on n'a rien trouvé de tout cela.

"Des aides financières pour l'inscription et la réussite dans l'enseignement supérieur". Quelqu'un peut-il nous dire de quoi il s'agit ?

- les enfants d'Aubagne doivent s'ouvrir au monde

"Multiplier les partenariats internationaux, favoriser les voyages, l'apprentissage des langues...". Rien dans les dispositifs municipaux du service éducation, sauf un maître mot :"é-co-no-mies"... même sur le dos des enfants.

Par contre, dans le document de campagne du candidat Gazay, pas une ligne pour annoncer une des décisions centrales de ce mandat : la privatisation de la restauration scolaire et les conséquences sur la qualité des repas servis aux enfants (immangeables et en faible quantité). Pas une ligne non plus pour annoncer la suppression de la gratuité de la restauration pour les familles les plus démunies. 

2- Le social

Dans ce domaine, l'écart entre les annonces et les faits est considérable.

- en faveur des personnes âgées et fragiles

"Portage des repas aux anciens" : abandonné ! ; "Services d'aide pour les petits travaux" : le service existant a été supprimé ; "Développer les aides à domicile" : on a réduit de façon drastique le nombre d'intervenant-e-s du CCAS, on n'ouvre plus de dossiers nouveaux, le nombre d'heures d'aide à domicile servies par le CCAS est en chute libre, on tend vers une privatisation du service municipal d'aide à domicile... Les retraités sont particulièrement malmenés par Gazay, y compris les retraités municipaux qui ont vu leur colis et leur prime de Noël supprimés.  

"Faciliter la vie des personnes handicapées" : la rampe pour handicapés à la Place de Guin n'existe plus, rien de prévu pour l'accès aux commerces de Rastègue-Martinot, seul endroit où il y a eu des travaux. "Accélérer la mise en accessibilité de tous les bâtiments communaux". On en a perdu le sens du mot accélérer.

Par contre (voir photo publié par Mèfi), on a pu voir la voiture du maire stationner sur une place réservée, ce qui en dit long sur la considération apportée aux personnes porteuses d'un handicap.

- pour l'ensemble des usagers

"Etendre le service de restauration municipale aux autres services publics". Rien de mis en route, le service a été privatisé ; "Créer dans chaque école un lieu d'accueil parents-enseignants, créer deux nouvelles structures pour accueillir 200 nouvelles places de crèches". Rien n'a été fait pour l'instant.

"Des médiateurs dans tous les quartiers". Zéro éducateur supplémentaire recruté depuis 2014.

Par contre, on relève quelques oublis dans le programme électoral de Gazay. On n'a pas indiqué la tentative d'expulsion des Restos du coeur et du secours Populaire, le déménagement de l'épicerie sociale dans un local exigu (avant sa suppression ?), ni la disparition programmée de la "Maison du Partage"... Cachez ces pauvres que je ne saurais voir... 

3 - La Santé

Dans ce domaine, il y a beaucoup de mots pour ne rien annoncer tant il est vrai que cela rentre assez peu dans les compétences d'une commune. Reconnaissons tout de même des promesses qui sont tenues :

- organiser des assises de la santé

Ces rencontres ont bien lieu entre le corps médical et des professionnels de santé. Contrairement aux engagements, la population est totalement absente des débats, alors que le chapitre s'intitule "Le patient au cœur de notre politique de santé".

Mais là, Gazay et son adjoint à la santé (qui est l'auteur de ces paragraphes) font la différence : décider pour les gens... mais sans eux.

L'initiative est sponsorisée par des laboratoires pharmaceutiques... en toute indépendance. Et sans contrepartie ?

- favoriser le rapprochement entre l'hôpital public "Edmond Garcin" et l'hôpital privé "La Casamance"

Notons que Gazay a été le premier à dénommer la clinique La Casamance "Hôpital privé". Avant même la direction de la clinique. Cela permet de mettre sur un même pied les deux structures.

Gazay annonçait clairement son choix d'un partenariat public-privé. La promesse est tenue. Il n'a  cependant pas précisé que cela devait se faire au détriment de l'hôpital public, avec par exemple le transfert du service de réanimation de l'hôpital vers la Casamance. Encore un oubli.

C'est dans ces 2 pages consacrées à la santé que se trouve un encart de quelques lignes : "Humanitaire, l'ADN d'Aubagne". Cela préparait la délégation à la santé et à l'humanitaire pour le même homme.

Si la formule est parfaitement juste, nous attendons toujours l'aide de la ville d'Aubagne à Haïti demandée par le maire honoraire ou tout autre engagement international dans ce domaine.

Nous savons, cependant, que toutes les associations humanitaires ont vu leurs subventions diminuées voire supprimées.

 4 - La jeunesse

Un quart de page seulement pour ne pas proposer grand chose (transport, culture, emploi, étude, logement) dont rien n'a été mis en place.

Une seule proposition a été concrétisée, la création d'un conseil municipal des jeunes. Où plutôt, pour être exact, d'un conseil municipal des collégiens. Ce qui en réduit singulièrement la portée. 

On se félicitera cependant de l'implication des jeunes collégiens et du sérieux de leur engagement, même si aujourd'hui on mesure mal les effets de leur action. Cela occupe beaucoup la communication de Don Giovanni Schipani. On cherche les réalisations. On ne va pas se contenter de l'organisation d'un bal du lycée, non ?

En conclusion de ces quatre chapitres, peu de promesses réalistes, peu de réalisations, mais des décisions brutales qui ont marqué durablement les esprits : la privatisation de la restauration scolaire, la diminution des subventions de la MJC et son expulsion...

Mais l'essentiel n'était-il pas contenu dans la lettre d'accompagnement du candidat Gazay au second volet de ses engagements ? : 

"Nous aurons recours aux référendums et aux consultations sur tous les sujets locaux structurants" 

"Nous associerons plus largement les associations aux prises de décisions et lancerons les états généraux du monde associatif"

Cuisine centrale, MJC, Bourse du travail, bétonisation du Garlaban, subventions aux associations... On va laisser à chacun le soin de mesurer la réalisation de cette promesse.

Antoine Monticellu

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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