Vers le transfert du conservatoire et de la médiathèque à la Métropole

Conseil municipal d'Aubagne : vers le transfert du conservatoire et de la médiathèque à la Métropole

Après la privatisation de la cuisine centrale et la fermeture de la MJC, Aubagne pourrait abandonner à Aix Marseille Métropole la gestion de ses deux principaux équipements culturels. Et les services financiers de la Ville reconnaissent une progression de 1,8 M€ de la dette !

Le conseil municipal du 29 juin ne sera sans doute pas le dernier de l’été. Si cette séance a été dominée par la menace qui pèse sur le service réanimation de l’hôpital Edmond-Garcin (Lire Hôpital d’Aubagne : Gérard Gazay dévoile ses choix libéraux), le maire envisage en effet de réunir l’assemblée communale en juillet, en séance extraordinaire, pour entériner le retour à la semaine de 4 jours dans les écoles aubagnaises.

Autre rendez-vous en perspective pour les conseillers municipaux : ils auront à se prononcer, très vite, sur le choix des équipements municipaux, d’intérêt métropolitain, dont la loi prévoit le transfert  à la Métropole, d’ici le mois de janvier.

Le maire d’Aubagne a son idée : le conservatoire de musique et la médiathèque.

Deux équipements culturels appréciés des Aubagnais, mais dont on voit mal « l’intérêt métropolitain », comme le fera remarquer Sylvia Barthélémy (UDI), pour ajouter à l’évident embarras de son collègue et s’en démarquer, comme elle le tentera encore, sans succès, sur le dossier de l’hôpital. En vue, déjà, des élections municipales de 2020 ?

« Je suis prudent et vigilant. Nous formulons ces propositions pour étude. J’attends les résultats. Une délibération sera alors soumise au vote du conseil municipal pour valider ou non l’opportunité de ce choix. »

Quel est l’intérêt métropolitain de ces équipements municipaux ?

Mais personne n’en doute, comme toujours, sa décision est prise. Avec, dans son esprit, un triple avantage : transférer à Aix Marseille Provence les coûts de gestion inhérents aux deux équipements, faire porter à la métropole la responsabilité de la dégradation de l’offre culturelle qui risque fort d’accompagner cette gestion à distance et, dans le même mouvement, se débarrasser d’agents municipaux attachés à la qualité du service et qui ont eu le mauvais goût, on s’en souvient, d’exprimer leur désarroi devant la réduction des moyens, depuis l’arrivée de la droite à la mairie d’Aubagne.

De quoi confirmer, pour  Magali Giovannangeli et le groupe Aubagne alternative citoyenne et écologique les craintes exprimées à l’époque : « Ces projets de transfert  ne vont manquer de nourrir les inquiétudes des agents concernés, dans le même temps où l’on vérifie la logique que nous avions dénoncée avec la mise en place de la Métropole : un éloignement des centres de décision et la remise en cause des libertés communales. »

Et la conseillère d’opposition de rappeler l’action continue de la précédente municipalité, avec un large soutien de la population. Elle aurait pu également remettre en mémoire de Gérard Gazay et de Sylvia Barthélémy leurs discours enflammés pour refuser la dilution de notre commune dans la mégapole de Jean-Claude Gaudin. Mais à quoi bon ? Jeudi soir, cette évocation n’a donné lieu à aucune tentative de réponse des deux heureux vice-présidents de Aix Marseille Provence, récompensés pour leur implication personnelle dans le coup de force du maire de Marseille (Lire Métropole : Habemus Gaudin !) et la trahison de leurs engagements…

On est donc passé rapidement à autre chose. La dette bien sûr, car depuis 2014, un conseil municipal d’Aubagne ne saurait être réuni sans qu’on lui consacre un long chapitre. Et pour une fois, l’approbation du compte administratif 2016 et l’adoption du Budget Supplémentaire 2017, en fournissait une occasion légitime. La dette donc, que la Ville rembourse, comme elle le fait depuis des années, sous les municipalités successives, parce qu’elle en a toujours eu les capacités financières.

« Depuis 3 ans, vos réalisations se résument en un mot : rien ! »

Sauf que ce remboursement des banques, obsessionnel, tient lieu aujourd’hui de gestion, de vision, de projet de ville. Une conception strictement comptable de l’action municipale dont l’adjointe aux finances Danielle Menet, est particulièrement fière :

« Nous avons remboursé 7,6 M€ du capital de la dette en 2016, soit 3M€ de plus que ce qui était remboursé en 2013 ». Et à ce rythme, « la capacité de désendettement se trouve réduite à 30 ans, alors qu’elle était de 57 ans en 2014 ! »

Pourtant, si l’on en croit les propres services financiers de la Ville, Dame Menet devrait modérer ses enthousiasmes. Selon les chiffres publiés ce mois de juin dans le document relatif à ce Budget Supplémentaire, on peut lire au chapitre « Etat de la dette » (p.60) que l’encours total de la dette (qui inclut 16,9 M€ de renégociation des emprunts) s’élève aujourd’hui à 162 777 563 €. En janvier 2014, ce capital restant dû était de…160 945 000€.

La cure d’austérité imposée à la ville se traduit donc, sur la période, par une augmentation de la dette de 1,8 M€ !

« Depuis 2014 vos réalisations se résument en un mot : rien ! »  soulignera Magali Giovannangeli, en rappelant que l’objet d’un emprunt c’est d’abord de réaliser au service des habitants.

Et Denis Grandjean son collègue du groupe Aubagne alternative citoyenne et écologique d’enfoncer le clou : «  La dette pourrait être légèrement supérieure et les frais de fonctionnements pourraient être stables au lieu de baisser de 3% ? Mais cela ne changerait rien à la vie des Aubagnais.

Ce qui change la vie dans notre ville, ce qui éteint notre identité aubagnaise, ce sont nos rues et nos quartiers si peu entretenus, nos écoles tant négligées, le quotidien de nombre d'agents municipaux déclassés ou déplacés, l'entrée payante à Festimôme, la piscine de centre ville fermée... C'est tout cela qui se cache, sans jamais être assumé, derrière les chiffres du budget. »

 Dominique Palmi

 

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