En direct du conseil municipal d'Aubagne du 18 octobre 2016

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Compte rendu alternatif de la séance du 18 octobre 2016

« Il était une fois dans l’Est (des Bouches-du-Rhône)»

Chouette, le western revient à la mode ! Après quelques années de vaches maigres, ce genre parfois sous-estimé, revient dans les salles obscures, avec la sortie en grandes pompes, il y a quelques jours, d’un remake des « Sept Mercenaires ».

 

L’occasion est trop belle pour ne pas la saisir ! Nous allons donc rendre compte de la séance du Conseil Municipal du 18 octobre en revisitant quelques titres (pour certains très oubliables…) de la production cinématographique consacrée à ce genre qui a égayé nos mardis soirs dans ces temps éloignés où la télévision ne comptait que trois chaines.

 

Pour être tout à fait honnête et ne pas survendre le produit, il convient préalablement de préciser que cette séance fut passablement ennuyeuse. La vacuité de l’ordre du jour et la léthargie qui semble gagner cette instance ont offert peu d’occasion de s’intéresser aux débats. Pas de Règlement de comptes à O.K. Corral (J. Sturges – 1957) ni même de Duel au soleil (K. Vidor - 1946). Tout au plus quelques escarmouches entre deux périodes de micro-siestes.

Nous conclurons, comme de coutume, notre compte rendu alternatif par un verbatim qui mettra en exergue les vraies déclarations des vrais élus de l’assemblée communale aubagnaise.

En plus de quarante ans d’existence, la MJC a révélé des talents, suscité des vocations, généré du plaisir et des émotions. Elle est aujourd’hui prisonnière des terribles choix budgétaires et idéologiques dans lesquels l’enferme la majorité municipale. Les nombreux soutiens qui sont venus manifester leur inquiétude et leur détermination à l’entrée du Conseil Municipal ont clamé leur résolution : se battre pour que la programmation culturelle d’Aubagne ne se transforme pas en désert.

Mois après mois, l’élue à la comptabilité met en œuvre, avec un zèle remarqué, la commande politique qui lui est ordonnée : on brade le patrimoine municipal (encore 4 cessions lors de cette seule séance du CM), on rabote les dépenses des services et on étouffe les associations locales (dernier exemple en date, la MJC). Ce n’est même plus une politique d’austérité, c’est une opération de liquidation !

En rapportant la délibération qui cède le Marché de Gros à l’entreprise Sibell (à un prix inférieur à l’estimation des Domaines !), l’élue à l’Urbanisme et au Logement emboite le pas de sa collègue Menet… Faute d’orientations lisibles en matière de politique du logement, Madame Levasseur se transforme en marchand de biens.

Par courtoisie, nous nous garderons de désigner la cloche… Et l’honnêteté nous empêche d’identifier le génie.

Les cinquante ans passés dans l’opposition ont aiguisé les canines de la Droite aubagnaise. Pas grand-chose ne résiste à leur volonté de mettre à sac tout ce qui a pu être édifié par Edmond Garcin, Jean Tardito et Daniel Fontaine. Après la privatisation de la cuisine centrale, après la suppression pure et simple de la Direction de la Citoyenneté, après l’expulsion des associations caritatives, voilà que la MJC est menacée de disparaître par la faute du désengagement massif de la Ville.

Toujours pas d’intervention en Conseil Municipal, après bientôt trois ans de mandat. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’élu à la sécurité routière cultive le sens de la discrétion. Courage, encore trois ans…

Il se rêve en sheriff et ne loupe pas une occasion pour vanter les prétendus mérites de sa politique sécuritaire. Quelle belle reconversion pour cet ancien (et respectable) vendeur de chocolats.

On l’a connu candidat de droite, puis élu centriste opposé à la gauche, puis élu centriste rallié à la gauche, puis élu apparenté PS. Lors du dernier Conseil d’Administration du CCAS, il a donné procuration à M. Salem (Adjoint au Maire LR) pour le représenter. Il cherche peut être résoudre la quadrature du Centre ?

Prisonnière de son statut de candidate battue aux trois élections municipales auxquelles elle s’est présentée, Sylvia Barthélémy est placée sous la haute surveillance de son ancien adversaire et désormais tuteur Gérard Gazay. Du coup, ses interventions sont rares ou creuses.

Le rôle du méchant lui sied parfaitement. Pas tant par ses prises de parole qui sont rares et souvent inconsistantes que par son attitude. Il scrute les mouvements dans l’assistance, il chuchote à l’oreille du Maire, il communique en permanence par petits papiers avec la Directrice de Cabinet. Cela ferait presque froid dans le dos…

Depuis plusieurs séances, le groupe socialiste vote avec une régularité qui ne doit rien au hasard les délibérations les plus emblématiques de la Majorité municipale. C’était encore le cas, lors de la séance du 18 octobre, avec un vote favorable sur le projet de cession du Marché de Gros à l’Entreprise Sibell et le même vote positif sur la délibération relative au Plan de Prévention du Risque Inondation. Il ne reste, de fait, qu’une composante de l’opposition de gauche au Conseil Municipal d’Aubagne. Et ce n’est peut-être pas une mauvaise nouvelle…

Mme Melin fait trembler l’assistance à chacune de ses interventions. Promettant pêle-mêle la mise sous tutelle de la ville, la disparition prochaine de la fonction de Maire, en attendant la guerre civile voire la fin du monde… Une experte en calamités !

Gérard Gazay ne s’embarrasse pas de formalités. Lorsque l’on conteste son point de vue ou qu’un doute est émis quant à la pertinence de son analyse, il interrompt son interlocuteur ou l’engage à saisir le Tribunal Administratif. Ce fut encore le cas, lors de cette séance du 18 octobre, quand des élus d’opposition ont fait remarquer que la vente du Marché de Gros se faisait à un montant inférieur à l’estimation des Domaines. Une singulière approche du dialogue. 

Souvent raillé pour son comportement décalé si on le rapporte à son âge et à sa délégation, l’élu à la Jeunesse semble surtout dévoré par la conviction de sa supériorité. Ses attitudes, sa posture trahissent un réel souci de mise en scène. Il est visiblement convaincu de son grand avenir politique. Laissons-lui l’illusion d’y croire.

C’est finalement le plus désolant ! La ville sombre progressivement dans une réelle léthargie, comme sonnée par les coups portés. Il ne se passe rien ou presque… même les caméras de vidéosurveillance, qui fleurissent aux quatre coins d’Aubagne, vont finir par s’ennuyer.

 

VERBATIM

 

David Jame